‹ Essai Sur L'Histoire Naturelle Du Desman Des PyrénéesChapitre 29 sur 48 · ORGANES DIGESTIFS · texte numérisé non relu

ORGANES DIGESTIFS

L'appareil digestif du Desman est construit sur le type ordinaire de celui des insectivores : glandes salivaires considérables, canal intestinal très long. Mais dans quelques-unes de ses parties, il présente des dispositions particulières.

Le palais est marqué de huit replis transversaux, à sommet aigu, décrivant une courbe dont la concavité regarde en arrière. Les deux premiers plis sont interrompus dans la partie médiane, & chacun se trouve réduit à deux petites éminences coniques placées de chaque côté. Au delà, la saillie se continue jusqu'a la rencontre de celle du côté opposé, en formant là un angle aigu dans le troisième & quatrième repli, mais qui s'atténue peu à peu & disparaît complètement dans les deux derniers replis.

La langue est volumineuse, étroite, à section triangulaire, & se termine en pointe obtuse. Elle est supportée par un cartilage médian (lytta) qui s'étend sur les deux tiers de sa longueur.

La surface de la langue est entièrement couverte de petites papilles à revêtement durci, presque corné & filiformes, ce qui donne à cette partie de l'organe l’aspect du velours. Cette disposition est très nettement visible sur une langue préalablement durcie à l’alcool & à demidesséchée à l'air.

La face supérieure de la langue est marquée de six ou sept lignes transversales qui font en quelque sorte la

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contre-partie des replis saillants du palais: elles sont droites dans les trois premières & sinueuses dans les suivantes, commençant de chaque côté par une partie droite, puis s'incurvant en arrière de façon à former dans le tiers médian une sorte de boucle à concavité antérieure.

Au delà de cette partie à revêtement corné, & à la base de la langue, la surface devient charnue & porte deux grosses papilles, véritables trous borgnes entourés de quelques replis irréguliers.

Nous ne reviendrons pas sur la disposition des dents, toutes hérissées de pointes aiguës comme dans tous les insectivores.

Les glandes salivaires sont énormes & forment à la naissance du cou un collier complet: glandes parotides & sous-maxillaires ; les sub-linguales n'existent pas.

Les parotides, démesurément développées, s'étendent sur les côtés de la tête, remontent vers le dos de façon à gagner l'angle supérieur de l’omoplate & se rencontrent au niveau de la ligne médiane. La portion dorsale est aplatie en dessus, arrondie en dessous pour se loger entre les muscles sus-épineux & ceux des faces latérales du cou ; elle s'étend jusqu'au muscle transverse-scapulaire qui relie les deux omoplates, elle est recouverte par les muscles peauciers du dos. Arrivée au niveau de l'occipital, la glande diminue de volume & porte en ce point un véritable étranglement ; elle s’élargit de nouveau, sinfléchit en bas & en avant, & vient s’accoler aux muscles qui s’attachent à l’arcade zygomatique. Un long canal excréteur règne tout le long de la face interne de ces deux portions de la glande, recevant sur son trajet de nombreux canaux secondaires qui déversent les produits

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de la sécrétion. Le canal de Sténon proprement dit, est très court, car la glande l'accompagne presque jusqu’à son débouché dans la cavité buccale, au niveau de la dernière avant molaire.

Les glandes sous-maxillaires sont relativement moins développées que les parotides, mais elles sont encore très volumineuses.

Rlles recouvrent, en partie, le lobe inférieur des parotides, mais se distinguent très facilement par une coloration un peu grise, moins blanche que celle de la première. Cette glande sous-maxillaire est de forme triangulaire, mais non trilobée comme dans les condylures ; elle se rapproche de celle du côté opposé au niveau de la pointe du sternum.

Ainsi se trouve complété le collier glandulaire qui entoure le cou d’une manière continue.

L’æsophage est relativement grand, il descend audessous du diaphragme pour aller joindre l’estomac qui est rejeté assez avant dans la cavité abdominale.

L’'estomac est volumineux, à parois assez épaisses, de forme allongée, droit, renflé à son extrémité supérieure (grand cul-de-sac) rappelant en cela la forme de l’estomac du Hérisson,

Le pancréas est mince, rubanné, composé de nombreux lobules nettement détachés les uns des autres; il s'applique contre la grosse tubérosité de l’estomac & s’étend de la rate au duodenum.

La rate ne présente rien de particulier.

Le canal intestinal est de même calibre dans toute sa longueur, sans appendice cœcal; il mesure quinze fois la longueur du corps.

Le rectum se distingue des autres parties de l'intestin

ANT en ce qu'il est revêtu dans son tiers-moyen d’un fourreau de nature glandulaire.

La muqueuse intestinale ne porre pas de villosités, mais elle est marquée d’une sorte de réticulation dans les mailles de laquelle se trouvent de nombreux follicules.

Au tiers postérieur de la membrane muqueuse du rectum est une large tache ovalaire formée par un amas de glandes agminées.

L'anus s'ouvre sur une élévation de forme conique, placée assez loin derrière l’orifice génito-urinaire.

Le Joie est divisé par deux scissures profondes qui donnent naissance à trois lobes de grandeur égale. La vésicule biliaire est logée dans une dépression du lobe central creusée vers son bord droit; elle est séparée du lobe gauche par le ligament suspenseur.

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