‹ Essai Sur L'Histoire Naturelle Du Desman Des PyrénéesChapitre 38 sur 48 · TÉGUMENT EN GÉNÉRAL · texte numérisé non relu

TÉGUMENT EN GÉNÉRAL

Le tégument du Desman des Pyrénées ne diffère en

rien de celui des insectivores & ne mérite une descrip-

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tion spéciale que dans certairs points : extrémité de la trompe, queue & faces palmaires & plantaires des membres supérieurs & inférieurs.

À chaque poil sont annexées des glandes sébacées, & à part les régions que nous venons d’énumérer, on distingue toujours très facilement des glandes enroulées sur elles-mêmes, situées à la partie profonde du derme, devenant rectilignes à la surface extérieure montant entre les poils, & venant s'ouvrir à l'extérieur soit par un orifice spécial, indépendant de celui qui donne passage au poil & dans quelques cas venant confondre avec lui son orifice de sortie.

Ces glandes, analogues à celles décrites par Leydig chez certains [nsectivores & repliées sur elles-mêmes à leur extrémité inférieure, seraient assez comparables à celles qu'on observe chez les chauve-souris. Leur partie profonde, enroulée, est toujours tapissée par un épithélium polyédrique. Dans la partiesupérieure, au contraire, l’épithélium change d’aspect, devient cylindrique & ressemble à celui d’un conduit excréteur; aussi nous ne pouvons assimiler ces appareils qu'aux glandes de la sueur.

A la partie antérieure de la trompe, à la face caudale, à la face palmaire & plantaire, ces glandes de la sueur n'existent pas.

Dans la queue, les poils eux-mêmes sont modifiés dans leurs formes : ils sont étranglés à leur base, renflés dans leur milieu & ils se terminent par une pointe aiguë. Ils constituent de véritables vibrisses destinées évidemment à une fonction particulière.

Une étude attentive des rapports de ces poils avec le système nerveux tégumentaire montre des dispositions

telles qu’on peut les assimiler aux poils tactiles sans sinus sanguin, qui ont été décrits pour la première fois par M. Jobert, dans le museau du Tatou & de l'Ornithorynque, & retrouvés plus tard par le même observateur dans la queue du rat & dans les cils de l’homme.

Dans un point quine varie pas, immédiatement audessous des glandes sébacées, le bulbe pileux se renfle & l’on voit arriver vers lui des faisceaux de tubes nerveux à myéline qui s’enroulent autour de lui & constituent un véritable anneau sensible.

Ces tubes nerveux pénètrent dans la substance du bulbe en perdant leur myéline & viennent se mettre en contact avec la membrane hyaline où ils se terminent par de petits renflements.

Bien qu'il n’y ait pas de sinus sanguins dans les poils du Desman au tégument caudal, il existe cependant d’une manière évidente une vascularisation très richeau pointque nous venons de signaler. Des vaisseaux assez nombreux s’enroulent parallèlement aux nerfs & à certains moment l'aflux du sang dans ce point peut être considérable.

Nous avons figuré dans la planche XIV cette disposition : la figure 1 montre une coupe longitudinale du tégument, l’arrivée des faisceaux nerveux & leur enroulement; la figure 2 montre au contraire une coupe transversale, l’arrivée des faisceaux nerveux & leur dissociation dans le point que nous avons signalé. On les voit traverser la substance du bulbe & pénétrer presque au contact de la gaine épithéliale du poil.

Nous avons tenu à décrire ce fait, que nous croyons absolument nouveau, & cette disposition particulière au Desman des Pyrénées nous paraît en rapport avec le genre de vie de cet animal.

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Grâce à sa trompe si sensible & à cette longue queue munie d'appareils tactiles, le Desman peut, dans les lieux obscurs qu'il parcourt, apercevoir les moindres impressions venues de l’extérieur.

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