‹ Essai Sur L'Histoire Naturelle Du Desman Des PyrénéesChapitre 39 sur 48 · TÉGUMENT DE LA PATTE · texte numérisé non relu

TÉGUMENT DE LA PATTE

J'ai fait figurer avec le plus grand soin (planche XV) les faces plantaires & dorsales de l’extrémité du membre inférieur, car elles offrent de notables différences avec celle du tégument général.

On peut voir à l'œil nu des papilles recouvertes d’un épithélium de l’épiderme épais; la couche de Malpighi est absolument infltrée de pigment fortement coloré en noir. Ces grosses papilles sont quelquefois lisses, mais la plupart du temps elles sont hérissées de papilles secondaires dans lesquelles viennent se ramifñer des vaisseaux & des nerfs.

En faisant usage de l’acide osmique on peut voir un plexus dermique profond très élégant, très riche en fibres à myéline, entrecroiser ses fibres, les anatomoser, & de ce plexus partent des tubes nerveux qui arrivés à la surface du derme perdent leur myéline & paraissent brisés, Il existe bien évidemment un plexus nerveux sous-épithélial composé de fibres pâles en renflements fusiformes, & de ce plexus sous-épithélial partent des fillaments excessivement fins, perpendiculaires à la surface & qui sont destinés à pénétrer dans l'épithélium.

Ainsi que je l’ai signalé déjà dans l’étude de la trompe, la recherche de ces filaments terminaux est rendue impossible par suite de la quantité énorme du pigment de ces parties. On se trouve en présence d’une couche noire

CRE tellement intense qu’on pourrait croire qu'elle a été colorée artificiellement.

Vers le point de réunion de la couche externe & de la couche profonde de l’épithélium, on peut suivre certains filaments irréguliers qui semblent émerger de cette couche profonde; mais leur attribuer une nature nerveuse me paraîtrait imprudent.

Nous pouvons être plus affirmatif en ce qui concerne les terminaisons de certaines fibres dans les papilles. Soit au centre de la papille, soit dans les papilles secondaires, à l’aide des réactifs usuels, on reconnaît de petits corpuscules analogues à ceux que l’on trouve chez les autres Mammifères, & qui sont connus sous le nom de corpuscules de Krauss.

N'oublions pas de rappeler la présence, sur le côté externe du pied, de longs poils destinés à la natation, ainsi que nous l'avons dit déjà.

Ces poils longs, rigides & aplatis sont profondément plantés dans le derme ; ils ont une allure, une forme qui rappelle assez bien celle que nous avons déjà trouvée dans les poils de la queue; mais nous n'avons pu observer de dispositions qui nous permettent de les regarder comme des organes tactiles.

DESMANS FOSSILES

Les Desmans se rencontrent déjà dans les terrains ter: tiaires, & les fragments recueillis jusqu’à présent se rapprochent beaucoup de l’espèce pyrénéenne; aussi me paraît-il important d'étudier ces premiers Desmans. Nous trouverons en effet chez eux des caractères mixtes qui les relient aux genres voisins & affirment une fois de plus leur parenté.

Toutes les espèces connues appartiennent aux couches miocènes de Sansan (Gers), des Chauffours, près Issoire (Puy-de-Dôme), & d’Ostend, dans le comté de Norfolk (Angleterre).

De Blainville regardait comme identique au M. Pyrenaïca l'espèce de Sansam & celle de l'Auvergne; mais cette assimilation n'est pas acceptable, & Pomel & Lartet ont décrit avec juste raison ces débris comme appartenant à des espèces distinctes les : M. Nayadum ansaniensis & minuta.

MYGALE NAYADUM POMEL'.

Le My. nayadum, ou M. Avernensis était d'une taille inférieure au My. Pyrenaïca. L’humérus porte une apophyse trochantérienne plus saillante, la crête deltoidienne est plus déprimée & tout à fait marginale interne ;

1. Pomel, Etud. sur les car, insect.. in Bibl. de Genève, arch. des scienc.

phy. & nat., 1848; t. IX, p. 161.

on

la tubérosité interne de l’humérus à peine marquée. Dans le maxillaire inférieur l’apophyse angulaire est très développée, plus que dans le M. Pyrenaïca & à peu près comme dans le M. Moscovita; de plus l’apophyse coronoïde, au lieu d’être droite, est recourbée en crochet. A l’époque où M. Pomel signala cette espèce il n'avait qu'un humérus & un fragment de mâchoire inférieure ; plus tard il recueillit « d’autres parties de squelette, des portions de mâchoires qui confirmèrent l'attribution du

genre par leur formule dentaire! ».

MYGALE SANSANIENSIS LARTET?

My. Antiqua Pomel3, M. Pyrenaïca Blainville.

M. Lartet avait sisnalé une première fois dans le dépôt miocène de Sansan un fragment d’humérus un peu plus grand, mais surtout plus robuste que celui du M. Pyrenaica.

Dans cet échantillon unique l’apophyse d'insertion du grand pectoral est plus basse, le condyle interne est pourvu d’un petit crochet récurrent qui rappelle celui du M. Moscovita, & d’un trou plus étroit en forme de canal.

Un cubitus peut-être un peu plus fort que dans le M. Pyrenaïca accompagnait cet humérus.

Ces deux pièces ont été figurées par de Blainville, Ostéographie, planche XI.

1. Pomel, in litt. (malheureusement, ajoute l’auteur), il ne me reste rien de ces pièces, elles ont été dispersées avec bien d’autres, lors de l'invasion de mon domicile au coup d'Etat du 2 décembre.

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