Lartet, not. sur la coll. de Sansan, 1851, p
pyrénéenne. Plus récemment, M. H. Filhol, reprenant les fouilles de cette même localité, a trouvé de nouveaux débris de Desmans qui viennent confirmer l'opinion de Lartet'.
M. Pomel a également signalé dans les dépôts tertiaires de l’Auvergne des débris d'espèces très voisines?.
Enfin il en existerait également dans les dépôts tertiaires de l’Angleterres.
Le genre de vie des deux espèces vivantes semble au premier abord être le même; mais lorsqu'on étudie de plus près cette question l’on voit que le Desman de Russie n'abandonne que très rarement les eaux des fleuves, tandis que le Desman des Pyrénées se tient davantage à terre. Aussi la conformation de ces deux espèces est-elle un peu différente en certains points : la queue chez le Desman de Russie est fortement comprimée sur les côtés, des muscles puissants l’actionnent, & c'est la un organe de natation d’une très grande force. Chez le Desman des Pyrénées la queue est cylindrique & ne peut guère servir comme organe de propulsion.
Les deux espèces habitent les eaux vives, sans fréquenter ordinairement les torrents trop rapides, où la vitesse des eaux pourrait les molester le plus souvent : ils diffèrent en cela d’une espèce qui ne manque pas d’analogie avec eux; le nectogale elegans que le P. David a découvert « dans les torrents impétueux qui descendent des montagnes de Moupin (Nord de la Chine); il y nage
1, Filhol, in lit.
2. Pomel, Bibl, uni, de Gen. Arch. 1848, p. 161. 3. Owen, Br. foss. mamm., p. 25 & Odonto, p. 417. — Pictet, paleonto.
& y plonge avec une remarquable facilité, malgré la rapidité du courant".
Mais ce que peut faire le nectogale, & ce qui est à peu près impossible au Desman, provient de l'existence chez l'espèce chinoise de véritables ventouses, en forme de cupules qui sont placées à la face inférieure du pied. Ces ventouses n'existent pas chez le Desman, elles sont remplacées par de petites éminences de la peau, à sommité déprimée, qui paraissent ne plus être chez lui que des rudiments d’un organe de nature analogue à celui que possède le nectogale.
L'espèce de Russie habite aussi bien les abords des barrages, les canaux d’amenée des moulins que les grands cours d’eau, comme le Volga. C'est même là surtout qu'on les prend en quantité dans les filets que les pêcheurs placent pendant la nuit.
Je n'ai jamais rencontré le Desman des Pyrénées dans les grands cours d’eau de nos montagnes; il n'aborde même les torrents un peu considérables, comme la Pique à Luchon, que d’une façon toute exceptionnelle, & lors des basses eaux. Son séjour de prédilection est au contraire, les petits ruisseaux, les canaux de fuite des moulins, & surtout les prairies marécageuses au milieu desquelles circulent des eaux vives : marais de Juzet par exemple.
Les Desmans creusent des galeries dans Îles berges argileuses des cours d’eau qu'ils habitent, & sur le Volga il est assez facile de voir comment est installée leur demeure : « Un couloir se dirigeant obliquement en haut s'ouvre au-dessous du niveau de l’eau; il atteint
1. Milne Edwards, Rech. pour servir à l'hist. nat. des mamm., p. 266.
Es por Le
une longueur de six mètres & plus, & aboutit à un donjon situé à un mètre & demi environ au-dessus de la surface de l’eau & toujours hors de l’atteinte des plus hautes crues. Il n’y a pas de couloir d'aération : cependant c'est une erreur de croire, comme on l’a avancé, que le Desman soit asphyxié en hiver dans son terrier, parce que ce couloir fait défaut à sa retraite. Il est probable que lorsque l’air vient à manquer, l’animal plonge & va respirer à travers une ouverture faite à la surface'. »
Malgré toutes mes recherches je n’ai jamais trouvé de semblables terriers pour le Desman des Pyrénées. Rien qu'en examinant ses pattes antérieures l’on voit du reste que ce nest pas un animal fouisseur ; ses griffes longues & acérées sont toujours intactes, à aucune époque de l’année leur extrémité n’est émoussée comme elle devrait l'être si l'animal creusait la terre. Tout au contraire chez le Desman de Moscovie, les griffes de devant sont courtes, robustes & leur; extrémités émoussées.
Le desman des Pyrénées établit sa demeure dans les cavités si nombreuses qui se rencontrent sur les berges des ruisseaux qu'il fréquente. Ces berges sont en effet composées de matériaux de transport de toutes dimensions, laissant toujours entre eux des vides considérables. C'est là que mes chasseurs vont les prendre, en introduisant la main dans les trous qui présentent à leur entrée des traces de leur passage. D'autres fois, ils s'emparent des couloirs déjà faits par l’arvicola amphibius, le rat d'eau, animal fouisseur par excellence.
La chasse fort active qu'ils font en tout temps est sur-