‹ Essai Sur L'Histoire Naturelle Du Desman Des PyrénéesChapitre 7 sur 48 · ANTE · texte numérisé non relu

ANTE

Mus. — Clusius ; — Gmelin ; — Aldrovande ; — Ray; — Brisson. Glis. — KLEIN.

Castor. — LINNÉ.

Sorex. — CHARLETON ; — PALLAS.

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G. Cuvier, le créateur du genre, trace ainsi ses caractèress

« Les Desmans, diffèrent des musaraignes par deux très petites dents placées entre les deux grandes incisives d’en bas, & parce que leurs dents incisives supérieures sont en triangles & aplaties. Derrière ces incisives sont six ou sept petites dents & quatre molaires hérissées. Leur museau s’allonge en une petite trompe très flexible, qu'ils agitent sans cesse. Leur queue longue, écailleuse & aplatie sur les côtés, & leurs pieds à cinq doigts, tous réunis par des membranes, en font des animaux aquatiques. Ils ont l’œil très petit, & point d'oreilles externes y:

Dobson, l’auteur qui a le mieux & le plus complètement étudié les insectivores, caractérise plus brièvement, au point de vue anatomique, le genre Desman :

« Crâne comprimé entre Îles fosses temporales, doigts des mains & des pieds reliés par une membrane interdigitale ; doigts des pattes de derrière très allongés, queue longue & écailleuse.

Dentition :

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les deux inscisives médianes supérieures très grandes, triangulaires & comprimées? ».

Mais le naturaliste qui a le plus élégamment décrit les caractères essentiels du genre Desmam est Carl Vogt

1. G. Cuvier, Règne anim., édit. Déterville, t. I, p: 128. 2. Dobson, 4 monograph. of the insectivora systematic and anatomical, by

G. E. Dobson, p. 128 (1883).

ro dans son livre : les Mammifères. « Une trompe. très mobile, nue & portant une encoche au bout, les pattes pentadactyles, dont les doigts sont réunis par une membrane natatoire, & une queue longue, comprimée & squammeuse à l'extrémité caractérisent ces animaux au premier coup-d'œil. Les yeux sont fort petits & presque cachés, les oreilles externes manquent complètement; les pieds postérieurs sont assez allongés, courbés, écaillés & ressemblent dans leur forme à des pattes de cygne, quoique constitués par cinq doigts réunis jusqu'aux griffes par une membrane natatoire. Sous la racine de la queue se trouvent des glandes qui empestent par une forte & persistante odeur de musc.

« La dentition est remarquable. 11 n’y a dans l’intermaxillaire, qu'une seule incisive, grande, en forme de pyramide à bords tranchants, suivie d’une canine très petite, de cinq prémolaires, & de quatre molaires tricuspides, tandis que la mâchoire inférieure porte deux incisives horizontales & une molaire de moins. Il y a donc quarante-quatre dents en tout.

« Les mamelles abdominales sont au nombre de huit, ce qui fait présumer des portées très nombreuses! ».

Paul Gervais interprète d’une manière toute différente la formule dentaire des Desmans : « Leurs dents ont une disposition toute particulière. Il y en a quarante-quatre dont onze paires à chaque mâchoire; la première paire supérieure, qui est seule implantée dans l'os incisif, est grande en pyramide triangulaire, verticale, avec l’arète antérieure convexe ; elle répond à la grande incisive des musaraignes, mais elle n’a pas le crochet que celle-ci

1, Carl Vogt, Les Mamm., édit. franç., p. 110.

porte à sa base postérieure; après elle, viennent sept avant-molaires simples & petites, puis une dent un peu plus compliquée, & enfin trois vraies molaires. Inférieurement il y a trois vraies molaires, ce sont les trois dernières &, en avant d’elles, on compte huit dents plus ou moins simples, inégales, dont les deux antérieures sont plus hautes que les autres, aplaties, jusqu'à un certain point comparables à des incisives humaines, & en ligne transversale sur le devant de la mâchoire! ».

Les deux espèces connues aujourd’hui, ont toutes les deux cette particularité d’être confinées dans deux régions limitées & fort éloignées l’une de l’autre. La plus anciennement signalée, le Desman de Moscovie, habite le sudest de la Russie, & les parties voisines de l’Asie-Occidentale ; l’autre n’a été rencontrée jusqu'a présent que dans la chaîne des Pyrénées & dans les montagnes de la péninsule Ibérique : Espagne du centre & Portugal.

C'est par erreur que le Desman des Pyrénées avait été inscrit sur la liste des mammifères de 1 Algérie; Loche en a parlé dans sa Faune mammalogique de l'Algérie d'une manière très hypothétique. « Cette indication n’a pas été confirmée & me paraît tout à fait erronée » nous écrivait M. Pomel?, & cette opinion me semble tout à fait exacte.

Antérieurement à notre époque; l'aire de dispersion des Desmans était beaucoup plus étendue. A Sansan, dans le département du Gers, Lartet3 a recueilli des

ossements qui lui ont paru identiques à ceux de l'espèce

1. Gervais, Hist. nat. des mam., t. I, p. 247. 2. Pomel, In litt, 15 mai 1880.

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