‹ Essai sur l'histoire universelle. 2Chapitre 32 sur 90 · I.A RENAISSANCE · texte numérisé non relu

I.A RENAISSANCE

guerre rallumée commença par l’invasion de la Savoie, à laquelle répondirent les menaces furieuses de Charles-Quint, suivies bientôt de l’envahissement de là Provence par soixante mille impériaux sous les ordres de l'empereur lui-même.

A ces troupes aguerries, François Ie r ne pouvait opposer que de nouvelles levées, ces légions provinciales qu’il avait tirées de son royaume pour substituer une infanterie nationale aux mercenaires étrangers. On résolut de chasser l’ennemi de la Provence par la misère, au défaut de la force. Les places furent démantelées, les villages abandonnés, le pays dévasté. L’armée espagnole erra quelque temps dans cette solitude, et bientôt, épuisée par les privations et les épidémies, commença une pénible retraite. Le pape, au nom de l’Europe, de nouveau menacée par les Turcs, intercéda pour la paix; on conclut à Nice une trêve de dix ans.

Les embarras de l'empereur lui rendaient nécessaire la neutralité du roi de France. L’Espagne semblait agitée d’un nouveau désir de liberté; les Pays-Bas s’ébranlaient, et Gand soulevée s’offrait à François Ier; celui-ci montrant tour à tour la plus insigne mauvaise foi et la plus téméraire confiance, se laissa séduire par les avances de Charles-Quint et l’engagea à passer par la France pour aller soumettre les Flamands. Gand une fois soumise, la guerre se rallume entre les deux rivaux. La bataille de Cérisoles, où l’infanterie française décida la victoire, fut une glorieuse revanche de Pavie. Mais Henri VIII, allié de l’empereur, assiégeait Boulogne; Charles-Quint envahissait la Champagne.

On traita, et l'on se retrouva au rnème point qu avant la guerre, si ce n’est que Henri VIII exigea deux millions pour la remise de Boulogne.

Il était réservé aux héritiers de François Ier et de Charles-Quint de terminer cette longue lutte à laquelle la France n’avait jusqu’à présent rien gagné ni rien perdu, tandis que croissait régulièrement la puissance espagnole. Le protestantisme allemand la tenait seul en échec et épqisait les forces de Charles-Quint. Le nouveau roi de France, Henri II, chercha de ce côté ses alliés et, avec l’assentiment de l’Allemagne, s’empara de Metz, de Toul et de Verdun, ou, comme on disait alors, des Trois- Evêchés. Charles-Quint irrité se jeta sur Metz, où le duc de Guise, déjà le favori du roi et populaire en France, se maintint courageusement et fit lever le siège. Une nouvelle défaite à llenty, et par-dessus tout la victoire du protestantisme en Allemagne, consacrée par la paix d’Augshourg, achevèrent de dégoûter de la direction active des affaires cet homme jusque-là infatigable qui avait porté si haut la fortune de l’Espagne et la gloire de son nom. On vit se retirer dans un cloître, pour y mourir, le dominateur de l’Allemagne et de l’Italie, l’adversaire implacable du protestantisme, lassé plutôt que rassasié du pouvoir, se reposant de l’action dans le conseil et du commandement dans une toute-puissante influence.

Bien que Charles-Quint laissât la couronne impériale à son frère Ferdinand, son fils Philippe II, qui héritait des couronnes d’Italie, d’Espagne et des Pays-Bas et des trésors du nouveau monde, était le véritable représentant de sa puissance et de ses idées. Phi -

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lippe 11 dévait reprendre, avec moins de génie, mais avec une opiniâtreté plus profonde et plus sombre, la double tâche de la monarchie espagnole, l’abaissement de la maison de France et la destruction de l’hérésie. Nous verrons bientôt comment il remplit ce grand rôle, et comment lut stérile tant de persévérance unie à tant de ressources.

L’Italie, soulevée par le pape Paul IV, tenta de mettre à profit, pour sa liberté, l’avénement d’un nouveau prince; mais le duc d’Albe, repoussant le duc de Guise et venant camper aux portes de Rome, apprit aux Italiens qu’ils n’avaient fait que changer de maître. En même temps l’armée française fut écrasée â Saint-Quentin par cinquante mille Espagnols, et l’on vit en quelles mains vigoureuses étaif tombée l’épée de Charles-Quint. Un second coup frappé à Gravelines décida la paix ; mais une attaque hardie du duc de Guise avait enlevé Calais au roi d’Angleterre, fermant ainsi ce port toujours ouvert à l’invasion anglaise, et délivrant la France de la présençe injurieuse et menaçante de l’étranger. La paix conclue à Cateau- Cambrésis laissait â la France cette précieuse et légitime conquête en lui retirant toutes les autres, sauf les Trois-Evêchés. Si la France sortait de ces longues guerres avec ses frontières plus fortes et mieux gardées, et si Calais repris valait mieux que les vaines conquêtes espérées en Italie, la France n’en était pas moins presque cernée par les vastes possessions de l’Espagne; elle retrouvait aux Pyrénées, aux Alpes et en Flandre la puissance espagnole, et l’empereur d’Allemagne était un frère de Charles-Quint. La paix

d’Augsbourg était le seul échec, et la jeune ardeur du protestantisme le seul péril que la grande fortune de cette maison eût encore à regretter ou à craindre.

Depuis Charles VIII, la royauté française, toujours engagée dans la guerre, avait pris de plus en plus cette habitude du commandement et cette complète liberté d’action qui la distinguaient déjà de la royauté anglaise. Plus d'Etats généraux : des assemblées de notables suffisent pour soutenir, dans les grandes occasions, l'autorité royale ; plus de fiefs hors de la couronne, excepté la maison de Navurrè : des héritages et des confiscations ont fait disparaître les derniers vestiges territoriaux de la grande féodalité; aux besoins d’argent plus pressants de la rovauté plus puissante répondaient la vente des charges judiciaires, de nouveaux impôts et la première dette publique, sous le nom de rentes perpétuelles sur l’hotel de ville. Enfin, la France a rapporté des guerres d’Italie, avec des mœurs plus polies et plus relâchées, le goût des arts et la curiosité de l'esprit : elle a aussi sa renaissance.

■ V. I.a KrnalMMunre.

Ce grand mouvement intellectuel qui précéda et accompagna la réforme sembla d abord renfermé dans les limites de l’antiquité classique restaurée, approfondie et imitée. Eu Italie, la recherche des manuscrits, les traductions nombreuses et les vastes collections occupèrent tous les esprits distingués du siècle, sous la protection des princes. La bibliothèque du Vatican, fondée par Nicolas V, la bibliothèque Médi-

Là renaissance.

céo-Laurentienne, devinrent. le centre de ce grand travail auquel les pressés des Aide prêtèrent un puissant appui. Les textes restaurés par les Valla, les César Seal iger, les Vettori, en Italie; en France, par les Budé, les frères Pithou, les Casaubon ; répandus, avec l’étude des langues anciennes, par Agrieola en Allemagne, par Linacre en Angleterre, allèrent ouvrir une carrière nouvelle à l’intelligence de l’Europe. L’étude et l imitation de ces monuments précieux devaient précéder l'inspiration originale. Platon trouve deux admirateurs et deux interprètes, Marcile Ficin, en Italie, llamusen Fiance. Un manuscrit de ce Tite- Live qui nourrit le mâle génie de Machiavel, était payé au poids de l’or par le cicérouien Bembo. Les poëmes latins des Sannazar et des Vida disputaient aux poètes italiens l’attention et la faveur des lettrés. Pic de la Mirandole promenait en Europe son universelle érudition. Ileuchlin éveillait l’Allemagne et l’initiait à l’antiquité. En France, c’était le roi François Ier qui, par la fondation de l’imprimerie royale et par celle du collège de France, donnait eu même temps aux esprits un aliment et une impulsion.

Cette résurrection universelle de la littérature des anciens, accueillie partout avec enthousiasme, eut sur le génie de l’Europe une influence décisive qu’on a célébrée et déplorée tour à tour, mais qu il est aussi impossible de nier qu’il est vain d’espérer la détruire. Lorsqu’on voit partout, et surtout dans l'Eglise, déserter les écrits des Pères pour ceux des philosophes de 1 antiquité, la poésie sacrée pour celle de la Grèce et de Rome, le droit coutumier et féodal pour la ju-

risprudence romaine, on craint d’abord que les fruits de la révolution chrétienne ne soient perdus sans retour pour l’Europe et qu’elle soit rejetée dans les voies de l’antiquité. Mais c'est mal connaître la nature humaine que de croire qu’elle puisse ainsi revenir à un état antérieur, et se dérober à la pénétrante influence d’une longue habitude. Les traditions chrétiennes ne

furent pas anéanties : elles cessèrent de posséder exclusivement les âmes. Elles avaient renouvelé le monde ancien ; la victoire leur était désormais assurée, mais elles ne furent plus la règle unique et absolue du monde nouveau. Nous vovons dans Bossuet et dans Fénelon un admirable mélange du génie chrétien et

du sentiment de l’antiquité. Disons donc simplement qu’après plusieurs siècles d’entière domination, l’influence chrétienne était désormais assez profonde et assez ineffaçable pour que les trésors de l’antiquité fussent rendus sans péril au monde moderne, pour que les traditions du genre humain fussent renouées sans que le présent disparut sous le passé. Toutes les grandes révolutions ont dû commencer par des exclusions absolues, pour finir dans des transactions équitables.

Quant à ceux qui accusent cette résurrection de l’antiquité d'avoir relevé dans le monde les idées de guerre et de conquête, d’avoir substitué l’idédl des républiques oppressives du monde ancien à l’idéal plus doux de la civilisation chrétienne, et d’avoir ainsi retardé l’avénement de 1 industrie et de la liberté, ils ne voient pas qu’ils imputent à une vaine imitation littéraire et politique des maux trop grands pour sor-

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tir d’une si faible cause, et qui n’out en réalité, d’autre source que le fond même de la nature humaine. Si l’on considère, en effet, l’état de l’Europe au moment où la passion de l’antiquité s’empara des esprits, l’on reconnaîtra qu elle était déjà remplie des agitations qu’on attribue à cette passion nouvelle; que, depuis l'invasion des barbares jusqu’à la rivalité de la France et de l’Espagne en Italie ; que depuis la révolte des serfs de Normandie jusqu’à la lutte glorieuse et stérile des communes de Castille contre Charles-Quint, la guerre civile et étrangère, l’ambition publique et privée, ont tenu autant de place dans la vie des peuples chrétiens que dans les pires moments de la civilisation antique. Ce n’est pas l’imitation de l’antiquité qui a fait désirer aux papes la suprématie universelle, aux rois le pouvoir absolu, aux peuples la liberté politique ; ce n’est pas la renaissance qui a créé des Grégoire VII, des Louis XI et des Etienne Marcel; l’inquisition n’est pas son œuvre. Mais la nature humaine, placée, à plusieurs siècles de distance, dans des situations analogues, produit des actes qu’on peut comparer sans avoir le droit de faire sortir les seconds de l’imitation des premiers. En comptant les passions que la renaissance a excitées, n'oublions pas celles dont elle a détourné ou atténué la violence, et alors disparaîtra cette accusation contradictoire, qui rend les chefs-d’œuvre de nos aïeux responsables de nos folies.

Bien que Machiavel se soit inspiré de Tite-Live, ce n’est pas l’antiquité qui a fourni des théories et des exemples pour ce sombre chef-d’œuvre du Prince , où

sont immortalisés, pour l'exemple des hommes d’Etat , les plus perfides et les plus cruels de ceux auxquels était échue la rude tâche d’en finir avec le moyen âge. Si la politique de Bodin est celle d’Aristote, si sa morale est celle de Platon, ce n’est pas à l’antiquité qu’il doit les superstitions singulières qui dominaient ce ferme esprit et qui font de ses œuvres un si bizarre mélange de haute raison et de chimères ridicules. L’inoiïensive utopie de Thomas Morus est aussi bien un souvenir de l'antiquité qu’une de ces rêveries inévitables où le triste spectacle du monde rejette l’imagination humaine, et qui viennent attester par intervalles la tendance intime de notre nature vers la paix et l’harmonie. L’histoire, simple récit dans les chroniques du moyen âge, animée par le vif naturel de Joinville, par la passion chevaleresque de Froissart, s’enrichit, avec Commines, de leçons de politique et de morale; elle se ressentira bientôt de l’influence antique; les discours des grands personnages et les portraits composés avec art y introduiront l’éloquence, souvent aux dépens de la vérité. L'inclination des jurisconsultes pour le droit romain devint plus vive à mesure qu’il fut mieux connu. L’Italien Alciat, Cujas, Pierre Pithou, éclaircirent et commentèrent les textes qui sont encore les fondements de cette science du droit, que Dumoulin constitua, et qu’allaient illustrer les l’Hôpital, les Harlay et les de Thou.

La verve licencieuse et satirique des fabliaux du moyen âge, des contes de Boccace et de la reine de Navarre, de la comédie de Machiavel, coule à pleins

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bords dans le poëme antichevaleresque de l’Arioste, cet ancêtre ingénieux de Cervantes, et dans le chefd’œuvre déréglé de Rabelais. C'est au-dessus de tous les satiriques de son temps et parmi les premiers de tous les âges qu’il faut placer l’immortel curé de Meudon. C’est rabaisser son œuvre inimitable que d’y chercher, comme on le fait trop souvent, une suite d'allusions directes, une série de personnalités. Ce libre et puissant railleur était un philosophe ; au delà des personnages, il peignait son siècle, et au delà de son siècle la nature humaine. Rien n’est trop grand pour prendre place sous cet^e large satire, et les individus s’y perdent comme des atomes. Cet idéal de l’intelligence raisonnable, cet idéal de l’égoïste bonhomie, cet idéal de la cruauté et de la guerre injuste, de la médecine mercenaire, de la chicane audacieuse, ne convient à personne, et la taille matérielle de Pantagruel est, à vrai dire, la mesure morale de tous ces personnages. Tout en eux est abondant, démesuré, gigantesque; chacun d’eux est une classe d’hommes, une grande fraction de l’humanité. Conservons donc à cette épopée son rang et son caractère, etadmirons- \ cette étrange ampleur de l’esprit humain, qui lui fait, quand il veut, embrasser tout un monde. Rabelais craignait le bûcher ; le sort de Dolet et de tant d’autres lui faisait horreur ; et pourtant ne fait-il pas tout ce qu’il faut pour être brûlé ? et, si nous ignorions sa fin, ne croirions-nous pas qu elle fut violente? Ne nous trompons point sur cette apparente contradiction d’une crainte légitime et d’une extrême audace. Quiconque a lu. son livre sent qu’il n’était pas

le maître de ne pas l'écrire , que ce fleuve de satire rompait ses digues, et qu’en dépit de ses terreurs, il lui fallait ouvrir un passage au rapide courant de sa pensée.

Le sensualisme de Rabelais s’épurant dans un esprit plus délicat et devenant un épicurisme ingénieux, ces invectives bouffonnes faisant place au doute spirituel et railleur, un langage inimitable, donnent aux écrits de Montaigne une des premières places parmi les monuments les plus durables et les plus originaux de l'esprit français. L’antiquité est la demeure habituelle de Montaigne; il en tire d’innombrables exemples; il trouve un tableau varié de la vie humaine dans ce Plutarque, auquel Amyot doit ajouter, en l’interprétant, l’empreinte charmante, et cependant trompeuse, de sa souplesse et de sa naïveté. La poésie épique, trop ornée par le Tasse, et son merveilleux emprunté aux deux religions, restent bien loin de la grandeur que le Dante a reçue de sa foi et de ses passions. En France, la poésie, brillant par intervalle, est le plus souvent étouffée sous les expressions et sous les images antiques dont Ronsard et son école ont espéré l’enrichir.

Mais le véritable représentant de la renaissance est cet homme actif et universel, plein de passion, sous une apparente indifférence, hardi avec mesure, dangereusement spirituel, qui réunit à l’enthousiasme des lettres antiques le goût du changement et du progrès, qui donna des espérances à Luther, et qui, en les trompant par amour pour la vie, n’en méritait pas moins sa reconnaissance, pour avoir ébranlé ce que Luther voulait détruire. Ce génie d’Erasme, qui semble

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reparaître dans le monde à divers intervalles , qui s’était déjà appelé Lucien, et qui devait un jour s'appeler Voltaire, est plutôt destiné à préparer les grands changements qu’à les accomplir.

Un des signes les plus remarquables des nouvelles tendances de l’esprit humain est cette curiosité, maladive avant d’être féconde, qu’on porte dans l’étude de la nature et dans la recherche des forces cachées de la matière. Chimérique avec les Georges Yinctus, les Agrippa, les Paracelse, la science trouvera bientôt * sa voie et aura sur les esprits, aussi bien que sur l’état matériel du monde, une décisive influence. La connaissance du corps humain et l’art de le guérir rendent immortels les noms de Vésale et d’Ambroise Paré. Enfin, Copernic lègue aux hommes, en mourant, une vérité physique dont on devait bientôt entrevoir les conséquences. La terre, réputée jusqu’à lui le centre du monde, devient après lui un des satellites du soleil et prend son rang parmi les planètes. L’importance indirecte d’une telle découverte est infinie. Un aspect nouveau de l’univers est un nouvel horizon ouvert à l’esprit humain. Tout change de face lorsque le point de vue est changé.

La grandeur de cette . époque devient accablante pour la pensée, lorsqu’on voit se joindre à des progrès si divers et si nombreux l’éclatante floraison des arts, lorsque Michel -Ange, poëte, sculpteur, peintre, ingénieur, architecte, élève la coupole de Saint-Pierre et le mausolée de Jules II ; lorsqu’à l’art des Cimabue, des Giotto, viennent se substituer la divine perfection de Raphaël, la composition savante de Léonard de

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Vinci, ia grâce du Corrége, la vie et la chaleur du Giorgione et du Titien. Benvenuto Cellini porte en France son ciseau délicat, et le Primatice son élégant pinceau. Pierre Lescot commence le Louvre, Philibert de l’Orme les Tuileries; Germain Pilon et Jean Goujon, Jean Cousin, peintre et sculpteur, honorent avec eux les premiers pas de l’art français. L’Allemagne a son peintre, Albert Durer.

Et lorsqu’on se représente tant de découvertes importantes et tant de beautés délicates accomplies ou développées au milieu de ce vaste incendie de la réforme qui a déjà troublé la fin des guerres d’Italie et qui va envelopper toute l’Europe, comment ne pas admirer la force et le génie de cette génération vigoureuse dont les pères étaient attachés à la glèbe et qui, à peine affranchie, déploie de tous côtés dans l’art, dans la religion, dans la politique et dans la guerre, une activité jusqu’alors inconnue, et devenue, après elle, l’état normal du genre humain ?

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