DE LA PUISSANCE ET DU GOUVERNEMENT
Tous les écrits de saint Paul, et l’Écriture elle-même, tendent à prouver que la grandeur est une parlicipation «le la puissance de Dieu sur les hommes, qu’il communique aux uns pour le bien des autres; que c’est un ministère qu’il leur confie, et qu’il n’y a rien de plus réel ni de plus juste que la grandeur dans ceux à qui il la communique véritablement, et qui n’en sont point usurpateurs.
C’est par cette doctrine qu'il est facile de comprendre
APPENDICES
qu’encore que les royautés et les autres formes de gouvernement viennent originairement du choix et du consentement des peuples, néanmoins l’autorité des rois ne vient pas du peuple, mais de Dieu seul ; car Dieu a bien donné au peuple le pouvoir de se choisir un gouvernement, mais comme le choix de ceux qui élisent l’évêque n’est point ce qui fait l’évêque, aussi ce n’est pas le seul consentement des peuples qui fait les rois : c’est la communication que Dieu leur fait de la royauté et de la puissance, qui les établit rois légitimement, et qui leur donne un droit véritable sur leurs sujets; et c’est pourquoi l’Apôtre n’appelle point les princes ministres du peuple, mais bien ministres de Dieu, parce qu’ils ne tiennent leur puissance que de Dieu seul.
Et de là on peut tirer cette conséquence très-avantageuse pour les monarchies successives : c’est qu’encore que l’établissement de cette sorte de gouvernement ait dépendu du peuple dans son origine, par le choix qu’il a fait d’une certaine famille et par l’institution de l’ordre de la succession du royaume, néanmoins, cet ordre une fois établi, il n’est pas en la liberté du peuple de le changer : car l'autorité de faire les lois ne réside plus dans le peuple, qui s’en est dépouillé, et qui a eu raison de s’en dépouiller, n’y ayant rien de plus avantageux pour son propre bien, mais elle réside dans le roi, à qui Dieu communique sa puissance pour le régir.
Et ainsi, comine dans un Etat successif les rois ne peuvent mourir, les peuples n’étant jamais sans rois, ils ne sont jamais en état de faire de nouvelles lois pour changer l’ordre de la succession, et ils n’ont jamais d’autorité légitime pour le faire, puisqu'elle réside toujours en celui à qui Dieu la communique selon l’ordre auquel les peuples se sont volontairement assujettis.
Il est évident, par le même principe, qu’il n’est jamais permis à personne de se soulever contre son souverain, ni de s’engager dans une guerre civile, car la guerre ne peut se faire sans une autorité souveraine, puisqu’on y fait mourir les hommes, ce qui suppose un droit de vie et de mort;
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APPENDICES
or, ce droit, dans un Etat monarchique, n’appartient qu’au roi seul et à ceux qui l’exercent sous son autorité; ainsi, ceux qui se révoltent contre lui ne l’ayant point, commettent autant d’homicides qu’ils font périr d’hommes par la guerre civile, puisqu'il? les font périr sans pouvoir et contre l’ordre de Dieu. C’est en vain qu’on prétendrait les justifier par les discordes de l’Etat, auxquelles ils font semblant «le vouloir remédier, puisqu’il n’y a genre de désordre qui puisse donner droit à des sujets de tirer l’épée, et qu’ils ne peuvent s’en servir que par la volonté de celui qui la porte par l’ordre de Dieu.
DES DÉCEAR VTIONS DE GUERRE.
La déclaration de guerre est un arrêt de mort prononcé par un prince contre les sujets d’un autre prince qui s’opposent à l’exécution des volontés de celui qui déclare la • guerre.
Les soldats sont les exécuteurs de cet arrêt; ce sont d’illustres bourreaux envoyés par le prince. Ils exécutent l’arrêt de mort porté contre ceux qu'ils appellent leurs ennemis.
Il suffit, pour être innocent de leur mort, que l’arrêt soit donné par une puissance légitime et qu’il ne soit pas notoirement injuste. Ils ont alors le droit de vie et de mort entre leurs mains; et ceux qu’ils tuent sont justement tués, non par l’ordre particulier du prince qui les a condamnés, mais par l’ordre général du monde, qui est une partie de la loi de Dieu, qui donne pouvoir de tuer à tous les soldats qui suivent leur prince légitime dans une guerre douteuse.
APPENDICES
APPENDICE O
(Page 386.)
Voici les quatre articles où l’Eglise de France, inspirée par Bossuet, a confirmé ce qu’on entend encore par les libertés de l’Eglise gallicane.