FIN DU DEUXIÈME VOLUME
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Un passage du Borda, chef-d*œuvre de Scherf Eddin Elboussiri qui a sa place marquée à côté du Coran, peint avec grandeur ce premier élan de la conquête musulmane, nous l'empruntons a la traduction de M. Sylvestre de Sacy, •
Disciples de rislamisme , que notre sort est heureux! nous avons , dans la protection de Dieu même , une ferme colonne que rien ne peut renverser.
Celui qui nous a appelés au culte de Dieu a été déclaré par Dieu même le plus excellent des envoyés : nous sommes donc aussi le plus excellent de tous les peuples.
La seule nouvelle de sa mission a jeté l'épouvante dans le cœur de ses ennemis : tel un troupeau d'imbéciles bre^ bis fuit en désordre au seul rugissement du lion. Partout où il a repoussé leurs attaques, il les a laissés percés de ses lances et étendus sur le champ de bataille, comme la viande sur l'étal d'un boucher. La fuite a été l'objet de leurs vœux , ils portaient envie à ceux dont les membres déchirés étaient enlevés en l'air par les aigles et les vautours. Les jours et les nuits se succédaient et s'écoulaient sans que Teifroi dont ils étaient saisis leur permit d'en connaître lé nombre, à Texceplion des mois sacrés où la guerre est suspendue. Là f eligion était pour eux coiïime un hôte importun descendu dans leur demeure , suivi d'une foule 4e braves tous altérés du sang de leurs ennemis^ traînant après lui une mer xle combattants montés .sur d'agiles coursiers,' une mer qui vomissait des flots de guerriers dont le^ rangj
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pressés se choquaient et se heurtaient àTenvi, tous dociles à la Toix de Dieu, tous animés par Tespoir de ses récompenses, enflammés du désir d'extirper et d'anéantir Timpiété. La religion musulmane, qui était d'abord comme étrangère parmi eux, et Tobjet de leur mépris, est, pour ainsi dire, devenue par l'effet des armes Tictorieuses de ce grand proliète, leur proche parent et le plus cher objet de leur amour. Dieu a assuré pour toujours parmi eux le secours d'un père, et les soins attentifs d'un époux à cette religion auguste; jamais elle n'a éprouvé le triste sort de Torphelin, ou l'abandon du yeuvage.
Ces défenseurs de la religion ont été aussi fermes et aussi inébranlables que des montagnes. Demande à leurs adversaires ce qu'ils ont éprouvé de la part de ces braves dans chacun des lieux qui ont été le théâtre de leur courage. Interroge Honeîn , Bedr et Ohod ^, ces lieux où les ennemis de la religion ont succombé à un fléau mortel plus terrible que la peste.
Les glaives de ces soutiens de l'islamisme qai, avant le combat, étaient d'une blancheur éclatante, sont sortis rouges de l'action, après s'être abreuvés dans la gorge de leurs ennemis qu'ombrageait une épaisse forêt de cheveux.
Les flèches que distinguent des raies noires et dont Alkhatt a armé leurs mains , ont tracé une écriture profonde sur les corps de leurs adversaires ; leurs lances, ces plumes meurtrières, n'ont laissé aucun corps exempt de leurs atteintes; aucune lettre n'est demeurée sans point diacritique*.
Ces nobles combattants, hérissés de leurs armes, ont un caractère de piété qui les distingue de leurs ennemis : ainsi le rosier se distingue par ses épines, du bois de sélam qai n'est bon qu'à être la pâture du feu.
Les vents qui t'apportent leur odeur sont les garants d'une victoire assurée : chacun de ces guerriers , au milieu des
4 . Lîeax des TÎctoires de Mahomet. [IVotê du traducteur.) • 2. Allusion à l'écnture arabe, dans laqaelle la moitié enTiron drs lettres ont un on plusieurs points que les grammairiens nomment diacritiques. {Pfote du traducteur*) .
armes qui le couvrent, semble une fleur au milieu de son calice. Fixés sur le dos de leurs coursiers, ils y demeurent aussi immobiles qu'une plante qui a crû sur une colline : c'est la fermeté de leur coeur qui les attache, et non la solidité de leurs sangles. Leurs ennemis, saisis d'effroi , per* dent l'usage de la raison; ils ne sont plus capables de distinguer un troupeau de faibles agneaux d'un escadron de cavalerie.
Quiconque a pour appui l'assistance de Tapôtre de Dieu, réduira au silence les lions mêmes dans les marais qui leur servent de retraite
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La lettre suivante, écrite par Grégoire VII à l'évêque de Metz, au sujet de sa lutte contre Tempereur, est une exposition précieuse des idées de ce grand pontife sur les rapports du saint-siége avec les gouvernements.
Grégoire evéque^ serviteur des serviteurs de Dieu^ à son frère en Jésus 'Christ j Hermann , évêque ^ salut et bénédiction apostolique.
Nous savons que tu. es prêt à supporter les fatigues et les dangers pour la cause de la vérité et nous ne doutons pas que ce ne soit un don de Dieu. Sa grÂce ineffable et sa merveilleuse clémence sont telles, qu'il ne laisse jamais ses élus s'égarer tout à fait, ni être renversés et accablés sans retour; mais après les avoir agités quelque temps par la persécution, comme par une épreuve, après quelque trouble, il les rend plus forts : comme les lâches sont poussés par la peur à fuir plus honteusement les uns que les autres^ les hommes courageux sont virilement animés à lutter de bravoure et d'ardeur. Nous donnons donc de nouveaux encouragements à ta charité, afin que tu aies plaisir à corn-
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battre au premier rang paritiî les défenseurs de la religion di retienne, sachant que ceux-là sont les plus proches de Dieu, et les plus dignes de partager sa victoire. Quant à ce que tu nous demandes, voulant être appuyé et fortiQé par nos lettres contre la folie de ceux qui, débitant de coupables bavardages, refusent à l'autorité du saint-siége le droit d'excommunier le roi Henri, ce contempteur de la religion chrétienne , ce destructeur de 1* empire et des églises , ce promoteur et ce complice de Thérésie , et de délier ses sujets de tout serment de fidélité , cela ne me paraît point nécessaire, puisque les pages des saintes Ecritures offrent en abondance , sur ce sujet, les plus certains exemples.
• . • • Pour ne citer qu'un passage dans la foule , qui ignore cette parole de Notre-Seigneur et Sauveur Jésus- Christ, disant dans l'Évangile : « ïu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon église, et les portes de l'enfer ne prévaudront point contre elle.» Et « Je te donnerai les clefs du royaume du ciel, et tout ce que tu auras lié sur la terre sera lié dans le ciel, et tout ce que tu auras délié sur la terre sera délié dans le ciel. »
Les rois sont-ils exceptés de cette règle ? Ne font-ils pas partie du troupeau conGé par le Fils de Dieu au bienheureux Pierre ? Qui donc osera se juger en dehors du pouvoir de Pierre, après cette concession universelle de lier et de délier? Qui? si ce n'est peut-être l'infortuné qui, refusant de porter le joug du Seigneur, se soumet au fardeau dudiable^et refuse d'être compté parmi le troupeau du Christ ? Et celte volonté même ne suffit pas pour donner à celui qui la revendique cette liberté misérable ; au contraire , celui qui rejette de sa tête superbe le pouvoir divin confié à Pierre, le sentira d'autant plus lourd au jour de sa damnation qu'il l'aura écarté avec plus d'orgueil. Cette institution de la volonté divine^ ce fondement du pouvoir de l'Église, ce privilège concédé et confirmé par un décret du ciel à Pierre, prince des apôtres, nos saints Pères les ont considérés et reconnus avec vénération ; dans les conciles généraux, dans leurs écrits et dans Ieur$ actions, ijs ont. appelé l'Église romaine la
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oïèré universelle^ ils ont déclaré qu'on devaitaccepter n6nseulement ses décisions religieuses, mais ses Jugements : d'un> commun esprit, d'une commune voix, ils ont âfïirmé qulL fallait lui soumettre non-seulement les a£Paires importantes, mais les jugements de toutes les Églises, comme à la mèi-e et à la tête de toutes ; qu'il ne fallait jamais appeler de ses décisions, que personne ne pouvait ni ne devait s'y refuser DU y contredire. .. .
.... Quoi! une dignité créée parles hommes du siècle et ignorants de Dieu, ne sera pas soumise à cette autre dignité que la Providence du Dieu tout-puissant a créée pour lut rendre témoignage, et par pitié pour le monde? Et lé Fils de ce Dieu, Dien et homme tout ensemble, souverain pon^ tife, tête de l'Église, siégeant à la droite de son Père et intercédant sans cesse pour nous, n'a-t-il pas méprisé cette royauté séculière dont sont enilés les fils du siècle, et n'y a-t-il pas préféré de son plein gré le sacerdoce de la croix? Qui ne sait que le pouvoir des rois et chefs de peuples a eu un commencement? Des hommes ignorants de Dieu, pleins d'orgueil, de rapines, de perfidie, d'homicides, en un mot, de tous les crimes, et poussés par le prince de ce monde, i]ui est le diable, ont entrepris, avec une passion aveugle et une intolérable présomption, de dominer sur les autres hommes leurs égaux! Et lorsqu'ils s'efforcent d'incliner à kurs pieds les prêtres du Seigneur, à qui les comparer plus justement qu'à celui qui élève sa tête superbe au-dessus de tous les fils de l'orgueil, qui, tentant le souverain pontife lui-même et la tète de l'Eglise, et lui promettant tous les rovaumes de ce monde, a dit : « Je te donnerai tout cela si tu t'inclines pour m'adorer? » Qui doutera que les prêtres du Christ soient les pères et les maîtres des rois, des princes et de tous les fidèles? N'est-ce point la marque d'une folie misérable, si le fils vent se soumettre soii père, l'écolier son maître, s'il veut lier à son pouvoir par d'injustes c^ligations^ celui auquel il reconnaît d'ailleurs la puissance de le lier et de le délier lui-même, non-seulement sur la terre, mais dansleciel?«.;. f ; : =
Qui donc parmi les prêtres ou les laïques, se vayant à sa dernière heure, implore pour le salut de son âme le secours d*un roi de la terre? Qui donc , parmi les rois ou les empereurs peut enlever par le baptême un chrétien à l'empire du démon, et le mettre au nombre des fils de Dieu? Et, ce qui est le principal de la religion chrétienne, qui d'entre eux a le pouvoir de former de sa propre bouche le corps et le sang de Notre-Seigneur? Qui d'entre eux a reçu le droit de lier et de délier dans le ciel et sur la terre? D'où on peut voir clairement combien la dignité sacerdotale l'emporte sur leur puissance.
Qui encore parmi eux peut ordonner un clerc et le faire entrer dans l'Église, ou, ce qui est plus encore, le déposer et l'en faire sortir? La déposition suppose une autorité plus élevée que l'ordination; car un évêque peut ordonner d'autres évèques, mais les déposer n'appartient qu'au siège apostolique. Qui donc, même parmi les écoliers, douterait que les prêtres fussent au-dessus des rois? Et si les rois, pour leurs péchés, tombent sous le jugement des prêtres, à plus forte raison doivent-ils être jugés par le pontife de Rome* En un mot, le premier venu des chrétiens fidèles peut être plus convenablement appelé roi qu'un mauvais prince. En eûet, les chrétiens qui cherchent la gloire de Dieu se gouvernent courageusement; et ceux qui ne sont pas de Dieu, et qui cherchent leur intérêt^ sont leurs propres ennemis et les tyrans des autres. Les premiers sont les rois du Christ, les seconds sont le corps du diable; les premiers se commandent à eux-mêmes, afin de régner éternellement avec leur roi divin; la puissance des seconds les conduit à tomber dans la damnation éternelle avec le prince des ténèbres, roi des fils de l'oi^eil.
.... Qu'ils ne cherchent donc point à faire de la sainte Eglise leur servante, à la soumettre, à la dompter; mais plutôt qu'ils s'appliquent à honorer, les reconnaissant pour leurs pères et leurs maîtres, les yeux de celte Église, c'està-dire les prêtres du Seigneur. Si on doit honorer les pères et mères selon la chair, combien davantage les pères et
mèrësl selon l'esprit! Si celui qui a maudit son père ou sa mère selon la chair est digne de mort, que mérite celui qui maudit son père ou sa mère selon Fcsprit? Qu'enchaînés à Tamour de la chair ils ne s'appliquent pas à mettre leur fils à la tète du troupeau pour lequel le Christ a versé son sang, si on peut trouver un homme meilleur et plus utile au troupeau que leur fils; de peur qu'en aimant leur fils plus que Dieu y ils n'apportent un grand dommage à la sainte Église,
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Pierre, moine de Citeaux, a exposé cette hérésie des Albigeois, qui, noyée dans le sang, laissa pourtant des traces et peut être suivie, sous des dénominations diverses, à travers tout le moyen âge. Les passages suivants font voir quelle différence profonde séparait ces sectes de TÉglise romaine, et par quel sophisme un mépris mystique de la chair autorisait parmi elles le dérèglement des mœurs.
Puisque l'occasion s'en présente, je crois utile d'exposer clairement et en peu de mots ces hérésies et les sectes qu'elles produisirent. D'ahord les hérétiques établissaient deux créateurs, l'un du monde invisible , qu'ils appelaient bon; et l'autre du monde visible, qu'ils appelaient mauvais. lis attribuaient le Nouveau Testament au dieu bon; l'Ancien an mauvais; et ils le rejetaient absolument, sauf ce que le Nouveau Testament confirmait de l'Ancien, ils accusaient Tauteur de l'Ancien Testament de mensonge , parce que le créateur y disait : « Le jour oCi vous mangerez de l'arbre de la science, du bien et du mal, vous mourrez. » Et, disaientils, ceux qui en avaient mangé ne moururent pas; et cepen dant, après ce péché, ne furent-ils sujets à la misère de la mort? Ils l'appelaient homicide, parce qu'il avait brûlé Sodome et Gomorrhe, noyé le monde sous le déluge, Pharaon et les Égyptiens sous la mer. Ils afGrmaient que tous les
pères de l'Ancien Testament étaient damnés; que saint Jean« Baptiste était l'un des plus grands démons de l'enfer. Ils disaient aussi, mais en secret, que ce Christ, qui était né dans la Bethléem terrestre et visible, et qui avait été mis en croix à Jérusalem, était un mauvais esprit..,. Mais le bon Christ, comme ils l'appelaient, n'avait jamais bu ni mangé, ni pris une chair matérielle, ni paru dans ce monde, si ce n'est spirituellement, dans le corps de Paul. I9ous avons dit la Bethléem terrestre et visible, parce que les hérétiques imaginaient l'existence d'une terre nouvelle et invisible, dans laquelle, selon quelques-uns d*entre eux, le bon Christ était né et avait été crucifié.
Ces membres de l'Antéchrist, ces premiers-nés de Satan, celte race impure, ces fils du crime et de l'hypocrisie, séduisant les cœurs simples, avaient infecté de leur venin la province de Narbonne. Ils appelaient l'Église romaine une caverne de voleurs et la femme de mauvaise vie dont il est parlé dans l'Apocalypse. Ils anéantissaient les sacrements au point de ne faire aucune différence entre l'eau du saint baptême et l'eau des fleuves, entre l'hostie du corps du Christ et le pain des laïques, glissant dans l'oreille des simples que le corps du Christ, fût-il aussi grand que les Alpes, serait depuis longtemps consommé et anéanti par tant de convives. La confirmation, la confession, étaient choses vaines et frivoles. Le saint mariage était une prostitution^, et personne n'y pouvait faire son salut. Sur la résurrection de la chair, ils avaient inventé de bizarres doctrines : nos âmes étaient des esprits angéliques qui, pour leur orgueil, avaient été précipités du ciel; ils avaient labsé dans les airs, en tombant ici-bas, leurs corps glorifiés (divins); quant a leurs âmes, après avoir habité successivement sept corps terrestres, quels qu'ils fussent, leur pénitence ainsi accomplie, elles allaient rejoindre ces corps glorifiés, abandonnés par elles.
4 . Sacrum matrimonium meretricittm esse, Carieose coïncideiice avec certaine» sectes contemporaines profeuant la même opinion dans les .mépnes tennes.
f II faut savoir aussi que, parmi les hérétiques, quelques hommes étaient appelés parfaits ou bons^ et les autres des 'Croyants, \j&s par faits s'habillaient de noir, feignaient la chasteté, s'abstenaient rigoureusement de viandes, d'œufs et de fromage; et ils s'efforçaient de paraître ne jamais mentir, bien que leur doctrine sur Dieu fût un perpétuel mensonge. Us défendaient de jurer sous aucun prétexte ^ On appelait croyants ceux qui vivaient selon le siècle, sans chercher à imiter la vie des parfaits^ mais espérant pourtant être sauvés et unis avec eux par les croyances. Ces croyants étaient livrés à l'usure, à la rapine, au meurtre, à la débauche, au parjure, à tous les crimes, avec d'autant plus de liberté que, sans restitution, sans confession et sans pénitence, ils se croyaient assu/és du salut s'ils avaient, eu le temps, à l'instant même de la mort, de dire un Pater noster et de recevoir l'imposition des mains de leurs maîtres les par^ faits ^ qu'ils appelaient diacres ou évéques....
.... Ils appelaient idolâtrie les images qui sont dans les églises, et les cloches les trompettes du diable . Ils ne voyaient pas de péché dans les pires débauches. Mais si un parfait avait péché en mangeant de la chair» du fromage ou des œufs, ou de quelque autre manière, tous ceux qu'il avait assistés perdaient l'esprit saint et avaient besoin d'un nouveau consolateur; et ceux qui étaient sauvés par son ministère tombaient du ciel, à cause de son péché.... D'autres hérétiques moins pervers s'appelaient Faudois^ d'un certain Valdius de Lyon. Pour ne pas nous étendre davan tage sur ces hérétiques, disons que leurs erreurs principales étaient les quatre suivantes : ils portaient des sandales comme les apôtres; ils défendaient dans tous les cas de jurer ou de tuer; enfin ils disaient que, pourvu qu'on eût des sandales, on pouvait, sans avoir été ordonné par un prêtre , faire* descendre le Christ sur Tautel. Qu'il nous suffise d'avoir donné cette courte exposition des hérésies et
- 4. S'appuyant/ comme les quakers y sar les Tcrsets 33 et sâWanb do chapitre V de l'évsngUe .de uint Mattbiea, , . <.'..:
de leiir§ sectes. Celui qui veut y entrer est reçu par un des hérétiques, qui lui dit : < Ami, si tu veux être des nôtres, il faut renoncer à tous les dogmes que tu as reçus de l'Église romaine, •> Le néophyte répond : t J'y renonce. — Reçois donc Fesprit saint des hommes bons. >» Et il lui soufHe sept fois sur la Bouche, ajoutant : « Renonces-tu à cette croix que t'a faite le prêtre, en te baptisant, sur la poitrine, sur les épaules et sur la tête? — J'y renonce. — Crois-tu que celte eau te donne le salut? — Je ne le croîs pas. — Renonces-tu à ce voile que le prêtre, en te baptisant, t'a mis sur la tête? -^ J'y renonce. » Il reçoit alors le baptême des hérétiques, renonçant à celui de l'Église. Alors ils lui imposent tous les mains sur la tête, l'embrassent, le couvrent d'un vêtement noir; et à partir de cette heure il est l'un d'eux,
La guerre des Albigeois eut, comme toutes les luttes religieuses de ce temps, son accompagnement inévitable de supplices et de miracles. Voici un curieux épisode raconté par Pierre de Citeaax.
Nous ne passerons pas sous silence le miracle arrivé au château de Castres, en présence du comte. On lui amena deux hérétiques : l'un était un parfaiiy l'autre un novice et le disciple du premier. Le comte tint conseil et on décida qu'ils seraient brûlés tous les deux. Mab celui qui était le disciple de l'autre eut le cœur remué par la crainte, commença à se convertir, otfrant d'abjurer volontiers l'hérésie et d'obéir en tout à la sainte Église romaine. Aussitôt grande discussion entre les nôtres ; les uns disaient : « Puisqu'il est prêt à faire ce que nous voulons, il ne faut pas le condamner à mort. — Mais il mérite la mort, disaient les autres, car il est clair qu'il a été hérétique, et ce qu'il dit est plutôt inspiré par la crainte de la mort imminente que par l'amour de la religion chrétienne. » Enfin, le comte décida qu'il serait brûlé, raisonnant ainsi : « Si sa conversion est sincère, ce feu le purifiera de ses péckés; s'il ment, c'est la digne punition de sa perfidie, n On leur passa donc à tous les deux
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des liens solides autour des jambes, de la taille et du col; on leur attacha les mains derrière le dos, puis on demandât au converti dans quelle religion il voulait mourir : « J'abjure l'hérésie, répondit-il; je veux mourir dans la foi de la sainte Église romaine, et je supplie que ce feu soit pour moi celui de la purification de mes péchés. » On alluma donc autour du poteau un grand feu. Le parfait fut en un instant consumé: mais les liens de l'autre furent aussitôt rompus, et il sortit du feu sain et sauf, sans garder d'autres marques de ses atteintes que quelques brûlures au bout des doigts.
(Page *238.)
C'est dans le Prince de Machia\el qu'il faut considéiier l*état de ritalie au temps des Borgia. Appuyant ses maximes d'exemples et de récits, Machiavel a fait à la fois la théorie des gouvernements et le portrait de ses contemporains. Le prince, dit-il, doit toujours paraître étranger aux rigueurs nécessaires de son gou- Yernement,et il le prouve par cet exemple.
Lorsque César Borgia se fut emparé de la Romagne, considérant qu'elle avait toujours eu des maîtres avares qui avaient moins gouverné que dépouillé leurs sujets, et que le pays était infesté de brigands, déchiré par les factions, et livré à tous les désordres et à tous les crimes, il jugea que, pour la pacifier et la soumettre à l'autorité du prince, il fallait y établir un gouvernement fort ; en conséquence, il choisit Remiro d'Orco, homme cruel et actif, à qui il donna tout pouvoir : en peu de temps ce gouverneur ramena Tordre, et s* acquit une grande réputation. Bientôt après, le duc, craignant qu'une autorité si absolue ne devint odieuse, établit au centre de la province un tribunal civil où chaque ville avait son avocat; et pour dissiper la haine que ses premières rigueurs lui avaient attirée, il fit égorger un matin Remiro, et exposer sur la place de Césène ses membres dépecés, fixés sur des pieux, et auprès un couteau
sanglant. Celait montrer aa peuple que les cruautés exercées ne venaient pas de lui, mais du caractère violent de son ministre : cette mesure contenta et surprit à la fois.
Lliistoire d^Oliyerotto de Fermo est justement rapprochée par Machiavel de celle d*Agathoclès, et pourtant Oliyerotto fut vaincu en perfidie par le duc de Valentinois.
Un particulier peut encore devenir souverain de deux manières, sans que la fortune ou le mérite y contribuent entièrement; je ne crois donc pas devoir les passer sous silence. La première, c'est lorsqu'on s'élève au trône par quelque crime; la seconde, c'est lorsqu'un particulier y est porté par la faveur de ses concitoyens. Je vais citer deux exemples du premier cas, sans les approfondir ou les apprécier; ils suffiront, à mon avis, à qui serait forcé de les imiter; Tun est ancien, et l'autre moderne. Agathoclès^ Sicilien, fils d'un pauvre potier de terre, devint tyran de Syracuse. Il marqua par des crimes tous les degrés de sa fortune ; mais il montra toujours beaucoup d'habileté et de courage. Parvenu par tous les grades militaires à la dignité de préteur, il forma le dessein de se rendre souverain, et d'être dans sa charge indépendant de ceux qui la lui avaient confiée. Après en avoir conféré avec Amilcar, qui coin mandait en Sicile l'armée des Carthaginois, il assemble un matin le peuple et le sénat de Syracuse, comme pour délibérer des affaires publiques; et, sur un signal donné à ses soldats, tous les sénateurs sont égorgés, ainsi que les plus riches citoyens. Après cette action, il se rendit sans peine maître de la ville; et, malgré deux défaites que les Carthaginois lui firent essuyer, assiégé même par eux dans Syracuse, non-seulement il s'y défendit, mais n'y ayant * laissé qu'une partie de ses ti'oupes, il passa avec l'autre en Afrique, et pressa tellement les Carthaginois, qu'ils furent contraints de faire la paix avec lui et de lui abandonner la Sicile.
En examinant la conduite d'Agathoclès, on n'y verra
APP£nDIC£S* SÙ3
presque rien qu'on puisse attribuer à Id fôMurie, â'autant plus qu'il s'éleva d'abord non par lés armes d'autrui, mais par sa valeur, et qu'il se maintint en prenant toujours des partis aussi hardis que dangereux. Certes, il n'y a point de vertu à égorger ses concitoyens, à trahir ses amis, à être sans foi , sans religion , sans humanité ; ce sont des moyens qui peuvent conduire à l'empire, mais jamais à une véritable gloire. Cependant, si nous considérons l'intrépidité d'Agathoclès dans les dangers, sa constance invincible dans l'adversité, nous verrons qu'il ne le cède à aucun des plus grands capitaines, quoiqu'il ne soit pas digne d'être placé parmi les grands hommes, à cause de ses cruautés infinies, et de tous les crimes qu'il commit. II est donc impossible d'attribuer entièrement son élévation à la fortune ou à son mérite.
De notre temps, Oliverolto de Fermo ayant, encore enfant, perdu son père et sa mère, fut élevé par Jean Fogliani, son oncle maternel, qui le confia ensuite à Paul VitelH pour en apprendre le métier des armes. Après la mort de Paul, il servit sous Vitellozzo, son frère. En peu de temps son esprit, son courage et son adresse le rendirent un des premiers hommes de guerre. Regardant comme une lâcheté de rester dans un rang obscur, aidé de quelques citoyens qui préféraient l'esclavage de leur pays à sa liberté, et appuyé par les Vitelli, il forma le projet de s'emparer de Fermo. Il écrivit donc à son oncle qu'après une longue absence, il désirait revoir sa patrie et reconnaître un peu son patrimoine; car, jusqu'à ce jour, il n'avait songé qu'à sa réputation ; que, pour convaincre les citoyens qu'il n'avait pas perdu son temps, il voulait faire une entrée solennelle, accompagné de cent cavaliers, tant amis que serviteurs; qu'il le priait donc de disposer les habitants à lui faire un accueil honorable, accueil dont l'éclat devait rejaillir sur son oncle, qui avait soigné son éducation.
Jean de Fogliani fit tout ce que l'autre désirait. Oliverotio fut reçu avec pompe dans la ville, où, après s'être concerté quelques jours sur les mesures à prendre pour
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faire réassir ses desseins, il donna on grand repas^ aocpel il invita Jean Fogliani et les premiers de la ville. A la fin da repas et des réjouissances ordinaires, il ouvrit à dessein un entretien sérieux sur la grandeur du pape Alexandre VI et les exploits de son fils. Son oncle et chacun des convives aommencent à dire leur avis ; il se lève tout à coup, sous prétexte qu'il faut un lieu plus secret pour parler de telles affaires, et entre avec eux dans une chambre où étaient cachés ses soldats, qui les égorgent tous aussitôt qu'ils sont assis. A rinstant Oliverotto monta à cheval, alla assiéger le palais du magistrat, le força à lui obéir et à le reconnaître p3ur prince. Il sut se maintenir dans cette dignité, soit en ôtant la vie à tous ceux qui pouvaient lui nuire à cause de leur mécontentement, soit en faisant de nouvelles lois civiles et militaires ; et non-seulement il fut tranquille dans sa patrie, mais même redoutable à ses voisins. U eût été au:>si difficile de le détrôner qu'Agathoclès, si, au bout d'un an, il ne se fût pas laissé tromper par le duc de Yalentinois, qui Fenveloppa avec les Ursins à Sinigaglia, et le fît étrangler, ainsi que Vilellozzo, son maître de guerre et de crime.
On pourrait s'étonner qn'Agathoclès et tant d'autres tyrans aient vécu si longtemps en paix, ayant à se défendre contre des ennemis extérieurs, sans que jamais aucun de leurs concitoyens ait conspiré contre eux, tandis que plusieurs autres nouveaux princes, haïs pour leur cruauté, n'ont jamais pu se maintenir, même en temps de paix. On peut regarder lacruauté comme bien employée (sj'ilest permis de dire qu'un mal est un bien), quand on ne s'en sert qu'une fois, qu'elle est dictée par la nécessité de s'assurer la puissance,et qu'on n'y a recours ensuite que pour le bien du peuple. Elle est mal exercée quand elle augmente chaque jour au lieu de diminuer. Ceux qui s'en servent pour le premier cas, peuvent espérer le succès, comme Agaàioclès, avec l'aide de Dieu et des hommes ; quant aux autres, il est impossible qu'ils. s<e maintiennent. Je conclus donc qu'un usurpateur doit commettre en une seule fois toutes ses
cruautés, pour n'avoir pas à recommencer chaque jour, et afin de pouvoir par des bienfaits rendre aux esprits la con* fiance. Le prince que la timidité ou les mauvais conseils portent ù agir autrement, est forcé d'avoir sans cesse le poignard à la main : il saurait d'autant moins se fier à ses sujets, que des attaques récentes et réitérées les empêchent toujours de se fier à kii. Ainsi, je le répète, le mal doit se faire tout d'un coup, afin que ceux qui en sont atteints aient moins le temps de ressentir leurs blessures. Les bienfaits, au contraire, doivent se faire peu à peu, afin qu'on puisse mieux les savourer. Enfin un prince doit vivre avec ses sujets de m.'mière qu'aucun événement ne puisse le faire changer de conduite, soit en mal, soit en bien; car si la nécessité nous presse, il n'est plus temps de nous venger, et le bien que nous faisons est inutile, parce qu'on ne nous sait pas gré du changement apporté par la force.
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La grande insurrection des paysans d'Allemagne était à la fois, comme tous les soulèvements populaires du moyen âge, justifiée par l'excès de l'oppression et souillée par l'excès de la vengeance. Les demandes des paysans sont si équitables qu'elles font souhaiter leur victoire, et leurs actes si cruellement insensés que la civilisation parait ne pouvoir être sauvée que par leur défaite. Voici les douze articles où sont déposées leurs demandes. Nous empruntons cette citation et la suivante à l'excellent recueil que M. Michelet a publié sous ce titre : Mémoires de Luther,
Doléance et demande amiable de toute la réunion des paysans, avec leurs prières chrétiennes. Le tout exposé trèsbrièvement en douze articles principaux. Au lecteur chrétien, paix et grâce divine par le Christ !
Il y a aujourd'hui beaucoup d'an tich rétiens qui prennent occasion de la réunion des paysans pour blasphémer TÉvangile, disant que ce sont là. les fruits du nouvel Evangile, que personne n'obéisse plus, que chacun, se soulève et se
506 ArPERDICES.
icabr#*, qu'on à'aS^emble^t s'attroupe avec grande violence; (fu'on veuille réformer, chasser les autorités ecclésiastiques et séculières, peut-être même les égorger. A ces jugements^ 1)ervers et impies, répondent les articles suivants :
D'abord ils détournent l'opprobre dont on veut couvrir la parole de Dieu ; ensuite ils diculpent chrétiennement les paysans du reproche de désobéissance et de révolte.
L'Évangile n'est pas une cause de soulèvement on de trouble; c*est une parole qui annonce le Christ, le Messie (]ui nous était promis; cette parole et la vie qu'elle enseigne ne sont qu'amour, paix, patience et union. Sachez aussi que tous ceux qui croient en ce Christ seront unis dans l'amour, la paix et la patience. Puis donc que les articles des paysans, comme on le verra plus clairement ensuite, ne sont pas dirigés à une autre intention que d'entendre l'Évangile et de vivre en s'y conformant, comment les antichrétiens peuvent-ils nommer l'Évangile une cause de trouble et de désobéissance? Si les antichrétiens et les ennemis de l'Evangile se dressent contre de telles demandes, ce n'est pas l'Evangile qui en est la cause, c'est le diable, le mortel ennemi de l'Évangile, lequel, par l'incrédulité, a éveillé dans les siens l'espoir d'opprimer et d'effacer la parole de Dieu, qui n'est que paix, amour et union.
Il résulte clairement de là que les paysans qui, dans leurs articles, demandent un tel Évangile pour leur doctrine et pour leur vie, ne peuvent être appelés désobéissants ni révoltés. Si Dieu nous appelle et nous presse de vivre selon sa parole, s'il veut nous écouter, qui blâmera la volonté de Dieu, qui pourra s'attaquer à son jugement et lutter contre ce qu'il lui plaît de faire? Il a Sien entendu les enfants d'Israël qui criaient à lui, il les a délivrés de la main de Pliaraon. Ne peut-:il pas encore aujourd'hui sauver les siens! Oui, il les sauvera, et bientôt! lis donc les articles suivants, lecteur chrétien; lis-les avec soin, et juge. ' Suivent les articles :
^ I. En premier lieu, c'est notre humble demande et prière à nous tous, c'est notre volonté unanime, .que
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désormais nous ^yons le pouvoir et le dï-ôit d*élire et choisir nous-rocmes un pasteur; que nous ayons aussi le pouvoir de le déposer s'il se conduit comme il ne convient point. Le même pasteur, choisi par nous, doit nous prêcher clairement le saint Evangile, dans sa pureté, sans aucune addition de précepte ou de commandement humain. Car en nous annonçant toujours la véritable foi, on nous donne occasion de prier Dieu, de lui demander sa grâce, de former en nous cette même véritable foi et de l'y affermir. Si la grùce divine ne se forme point 6n nous, nous restons toujours chair et sang, et alors nous ne sommes rien de bon. On voit clairement dans l'Écriture que nous ne pouvons arriver à Dieu que par la véritable foi, et parvenir à la béatitude que par sa miséricorde. Il nous faut donc nécessairement un tel guide et pasteur, ainsi qu'il est institué dans l'Écriture.
II. Puisque la dîme légitime est établie dans l'Ancien Testament (que le nouveau a confirmé en tout), nous voulons payer la dîme légitime du grain, toutefois de la manière convenable.... Nous sommes désormais dans la volonté que les prud'hommes établis par une commune reçoivent et rassemblent cette dime ; qu'ils fournissent au pasteur élu par toute une commune de quoi l'entretenir lui et les siens suffisamment et convenablement, après que la commune en aura connu, et ce qui restera, on doit en user pour soulager les pauvres qui se trouvent dans le même village. S'il restait encore quelque chose, on doit le réserver pour les frais de guerre, d'escorte et autres choses semblables, afin de délivrer -les pauvres gens de l'impôt établi jusqu'ici pour le payement de ces frais. S'il est arrivé, d'un autre côté, qu'un ou plusieurs villages aient, dans le besoin, vendu leur dîme, ceux qui l'auront achetée n'auront rien à redouter de nous : nous nous arrangerons avec eux selon les circonstances, afin de les indemniser au fur et à mesure que nous pourrons. Mais quant à ceux qui, au lieu d'avoir acquis la dîme d'un village par achat, se la sont appropriée de leur propre chef, eux ou leurs ancêtres, nous né leur devons
rien et nous ne leur donnerons rien. Cette dîme sera employée comme il est dit ci-dessus. Pour ce qoi est de la petite dîme et de la dîme du sang (du bétail), nous ne l'acquitterons en aucune façon, car Dieu le Seigneur a créé les animaux pour être librement à Tusage de l'homme. !Nous ' estimons cette «Kme une dîme illégitime, inventée par les hommes ; c'est pourquoi nous cesserons de la payer.
III. Dans cet article, les paysans déclarent ne plus vouloir être traités comme la propriété de leurs seigneurs , c car Jésus-Christ, par son sang précieux, les a racherés tous sans exception, le pâtre à l'égal de l'empereur. » lis veulent être libres, mais seulement selon l'Écriture, c'està-dire sans licence aucune et en reconnaissant l'autorité, car l'Évangile leur enseigne à être humbles et à obéir aux puissances c en toutes choses convenables et chrétiennes. »
IV. Il est contraire à la justice et à la rharité, disent-ils, que les pauvres gens n'aient aucun droit au gibier, aux oiseaux et aux poissons des eaux courantes ; de même, qu'ils soient obligés de souffrir, sans rien dire, l'énorme dommage que font à leurs champs les bêtes des forêts ; car, lorsque Dieu créa l'homme, il lui donna pouvoir sur tous les animaux indistinctement. — Us ajoutent qu'ils auront, conformément à rÉvangile, des égards pour ceux d'entre les seigneurs qui pourront prouver, par des titres, qu'ils ont acheté leur droit de pèche, mais que pour les autres ce droit cessera sans indemnité.
V. Les bois et forêts anciennement communaux, qui auront passé en les mains de tiers, autrement que par suite d'une vente équitable, doivent revenir à leur propriétaire originaire, qui est la commune. Chaque habitant doit avoir le droit d'y prendre le bois qui lui sera nécessaire, au jugement des prud'hommes.
YI. Us demandent un allégement dans les services qui leur sont imposés, et qui deviennent de jour en jour plus accablants. Ils veulent servir c comme leurs pères, selon la parole de Dieu. »