‹ Essai sur l'hydrocéphaliteChapitre 2 sur 27 · PRÉFACE · texte numérisé non relu

PRÉFACE

LokSQUÈ , pour la première fois , feus «né Hydrocèphalitê à traiter, la gracile du mal me fit consulter et le mémoire A'Odier > et ceux de Whytt , de Fothergill , etc.; en les comparant entreux et avec ce que je voyais* j’admirai leurs travaux , et je crus que tout avait été fait. De nouvelles observations se présentèrent , j eu pris des notes exactes et me livrai à de nouvelles recherches : je reconnus alors l’insuflisance de ce qui était écrit * et je me fis de la nature et du caractère de la maladie une idée qu’ont de plus en plus confirmée les faits déjà recueillis , ceux qui se sont passés sous mes yeux , et les ouvertures cadavériques que j’ai pu faire. Je disposai en forme de mémoire tous les matériaux que j’avais amassés, afin de les retrouver plus facilement lorsque j’aurais besoin d’y recourir : aujourd’hui je me décide à les livrer à l’impression.

Je n’ai point la prétention de donner un

traité complet , une monographie; mon unique but est de faire connaître les réflexions que m’ont suggérées la lecture des auteurs et l’observation. Si mon travail n’est pas jugé inutile et dépourvu d’intérêt , s’il contribue à répandre quelque jour sur la terrible Hydrocéphalie, s’il peut faire quelquefois arracher à la mort la proie qu elle allait dévorer , mes vœux seront accomplis, et je me féliciterai d’avoir consacré tous mes instans au soulagement de l’humanité.

J’aurais pu citer un grand nombre d’observations, et quadrupler ainsi le volume de cet essai. Je ne l’ai point fait, parce que cette manière n’eût rien ajouté à ce que j’ai dit, et que bien souvent une observation insérée eût coupé la description de la maladie, et eût détourné l’attention sans utilité. Les faits enrichissent la médecine, mais c’est lorsqu’ils sont neufs ou sur des objets peu connus : quand ils sont assez nombreux et qu’il est difficile d’en produire qui n’aient mille fois été observés, ce n’est point à les relater encore que doit s’occuper le Médecin , mais à les rapprocher et à en déduire les conséquences qui marquent les vrais progrès de la science (i). J’ai nommé tous les auteurs

(i) Voullone a poussé le scepticisme beaucoup plus loin : il prétend que les observations particulières ne prou-

PRÉFACE. vîj

de qui j’ai emprunté quelque chose, non pour faire un vain étalage d’érudition, mais pour éviter le reproche de m’être approprié les idées d’autrui : ainsi il est facile de reconnaître tout ce qui m’appartient.

Je n’ai point assigné la place que FHydrocéphaiite doit occuper dans une classification nosologique ; je laisse ce soin aux nosologistes eux-mêmes, aujourd’hui sur-tout que les systèmes et les théories se succèdent avec rapidité 5 et qu’une nouvelle doctrine vient diviser le monde médical. Les deux partis, forts du nombre et du savoir de leurs défenseurs , se croient également sûrs de la victoire , et tous deux , exclusifs, sont trop opposés l’un à l’autre pour faire espérer de sitôt aucun rapprochement : tandis que le Médecin philosophe , dégagé de l’esprit de système , et placé au - dessus des vaines disputes scolastiques , suit les combattans d’un œil curieux et impartial, adopte sans prévention ce que chacun a de vraiment utile , et le fait servir au bénéfice de la science. La doctrine de l’irritation sera peut - être le dernier terme des progrès dont Fart de guérir soit susceptible. Fdle atteste la bonté de la marche suivie en médecine : observer la maladie , et

vent jamais rien que ce quon veut leur faire prouver , et par-là même ne le prouvent jamais suffisamment .

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