VU] PREFACE
découvrir l’organe qui, en souffrant, est la source de tous les symptômes. Les médecins observateurs ont rendu hommage à cette méthode, en plaçant constamment à côté des descriptions pathologiques les résultats de l’antopsie cadavérique. La philosophie du siècle , secouant les préjugés, écartant toutesdes entraves, a étendu les bornes de l’esprit humain et agrandi l’horison des connaissances. La médecine, la première entre toutes les sciences , a pris un vol rapide, et, s appropriant les découvertes de la phy siologie , est presque devenue une science nouvelle. Mais ne nous laissons point entraîner par le désir de voir l’art de guérir toucher à sa perfection : l’enthousiasme est voisin de l’erreur. Avant de l’embrasser , examinons de sang-froid la doctrine pîrysioîogique; il en coûterait de rétrograder,
Les maladies ne sont point des entités; elles ne sont toutes que l’irritation , une nouvelle manière d’être , une modalité d’un organe.
Il est faux, ou j’ai bien mal profité de leurs leçons, que les défenseurs de la doctrine d’observation présentent les maladies comme des entités distinctes. Toujours je les ai vus rechercher et indiquer l’organe malade , préciser , autant que possible, son mode d’altération, et en faire dépendre tous les phénomènes morbides. Les fièvres seules ont paru se soustraire
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quelquefois à celle marche sévère , malgré leurs efforts pour déterminer le siège de l’altération , qui pourtant a été fixé pour l’une dans le système vasculaire, pour d’autres dans les membranes muqueuses , dans le système cérébral. La doctrine physiologique a voulu franchir les bornes de F observation; mais , de l’aveu même de M. Broussais , ses données sur la nature des fièvres ont besoin d’être examinées encore , et il souhaite de les voir se réaliser. Ou il cesse de connaître le siège de l’altération , il est donc obligé de n’étudier la maladie que dans les symptômes , et c’est ce qu’ont toujours fait les observateurs.
En n’admettantqulrritatîon, le D.r Broussais a réduit la médecine à un principe unique, idée sublime qui , en la simplifiant , lui a fait faire un pas rapide vers la perfection. Malheureusement cette doctrine exaltée s’est écartée du sentier difficile de l’expérience et de l’observation, et forme une véritable secte. Ses partisans outrés , ne voyant par-tout qu excitation, n’admettent dans leur thérapeutique que les délayans , les antiphlogistiques; et si le quinquina et les excitans les plus, énergiques sont les seuls remèdes convenables dans des circonstances bien déterminées , le quinquina devient à son tour un antiphlogistique. Espérons que cet abus et cet égarement cesseront avec l’enthousiasme