TRAITEMENT
S’il était vrai que l’art ne pût rien contre l’Hydrocéphalite, je conseillerais de ne point tourmenter les malades par d’inutiles remèdes , et ma tâche serait remplie. Heureusement , des faits nombreux ont fait disparaître cette funeste prévention en faveur d’une
SUR l’HYDHO CE PHÀLITË. Ï:5S ,
terminaison toujours mortelle, et attestent la puissance de la Médecine et les effets avantageux d’un traitement méthodique appuyé sur des expériences multipliées. La marche de la nature ne fournit aucune induction pratique ; elle tend sans cesse à la destruc., tion et à la mort. Bien loin de lui donner le temps d’agir par une expectation coupable , il faut de suite lutter contre cette tendance vicieuse avec une fermeté et une constance inébranlable dans l’exécution du plan qu’on a adopté. C’est dans un empirisme, mais un empirisme raisonné qu'il faut chercher les bases fondamentales du traitement , qui devient méthodique et rationnel par l’heureuse application de chaque moyen aux différentes circonstances de la maladie. Attentif aux trois variétés , le médecin ne perdra pas de vue les complications et sur-tout l’état des viscères abdominaux. Ici , comme dans bien d'autres maladies, il n’a pas la ressource d’appliquer le remède sur la partie souffrante , mais il n’en est pas moins efficace , et d’ailleurs la cause n’a pas non plus agi directement sur le siège du mal.
Traitement Prophylactique.
Eloigner ou combattre toutes les causes susceptibles de produire FHydrocéphalite , ou en arrêter les effets si elles ont déjà agi, voilà le but du traitement prophylactique. Pour exposer la première partie avec les détails convenables, il faudrait faire un traité complet d’hygiène, et sur -tout tracer le plan d’éducation physique et morale le plus approprié à la constitution et au caractère de chaque enfant. Ce travail
immense ne peut entrer dans le cadre reserrë de cet opuscule, et ce n’est que bien sommairement que je me permets de rappeler : i.° qu’on doit éviter un air vicié, l’exposition à un soleil ardent et à une chaleur trop vive , et sur-tout le passage brusque d’une chaleur excessive à un froid considérable ; 2.0 que rhabille — ment ne sera nulle part trop serré, ne présentera aucun lien nuisible, et sera toujours en harmonie parfaite avec la température et la saison ; 3.° que les soins de propreté seront rigoureux, plus encore chez les enfans dont la peau délicate reçoit plus facilement toutes les impressions fâcheuses; que les lotions et les bains leur seront très-utiles, mais avec ce discernement qui fait éviter les excès paradoxaux du citoyen de Genève ; 4-° que la nourriture sera toujours saine ; plus végétale chez les sujets sanguins , nerveux et colériques; et plus animale chez les personnes lymphatiques et scrofuleuses : qu’on ne saurait prendre des précautions trop sévères pour procurer une bonne nourrice à l'enfant, et ne pas balancer d'en changer si l’on avait mal rencontré ; 5.° que le vin et les boissons alcooliques prises en excès , nuisibles aux adultes , le seront bien plus aux enfans ; que cependant on peut avec avantage, ainsi que Font recommandé Hippocrate et Rosen , donner un peu de bon vin aux enfans faibles et valétudinaires, mais trempé avec de l’eau et adouci avec du sucre; 6.° qu’on cherchera à diminuer toute évacuation excessive et pernicieuse, et à rétablir celle qui aurait été supprimée ou diminuée, et, par la même raison, à combattre la constipation b toutes les époques de la vie; 7.0 que , dans îexer- Üçe9 on doit s’y livrer modérément, et s’interdire
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ceux dont les mouvemens déterminent, une direction vicieuse du sang vers le cerveau ; mais que le repos et une éducation molle et délicate sont beaucoup plus préjudiciables qu’une vie active ; 8.° que les travaux d’esprit seront dispensés de manière à ne point tenir le cerveau dans un état de tension habituelle ; que c'est pendant les études des enfans très-irritables et dont la tête est volumineuse, qu’une sévérité trop rigoureuse serait bien nuisible; 9.0 que les passions violentes et tristes seront plus spécialement évitées; io.° que dans toute espèce d’affection pathologique 1 sur-tout si elle intéresse un organe qui ait avec le cerveau des relations plus directes , le praticien ne perdra jamais de vue les symptômes qui peuvent se passer du côté de la tête pour y subvenir sur-le-champ ; 1 1.° que lorsque les vers menaceront de quelques accidens nerveux , il faudra en provoquer l’expulsion , mais par des moyens doux et qui ne deviennent pas, comme on le voit trop souvent, pires que le mai; ia.° que la dentition, quoique en général moins orageuse qu’on ne l’a dite, devra cependant fixer l’attention constante, afin de combattre les accidens qu 'elle fera naître , ou de mettre en usage les moyens les plus propres à favoriser l’éruption des dents dont la tardive et pénible sortie est une cause d’excitation permanente. On a vu la diminution des symptômes hydrocéphaliques suivre de près la sortie naturelle ou artificielle d’une ou deux dents. Si , par une cause quelconque , un enfant pléthorique éprouve des frayeurs soudaines qui troublent le sommeil et font pousser des cris qu’on n’apaise qu’à la longue , on se gardera de traiter légèrement ces sortes de terreurs paniques ; elles sont les
préludés des maladies nerveuses les plus graves. Selon l’exigence des cas, après en avoir combattu la cause, on saignera par les sangsues ou autrement, dans les congestions sanguines; on fera vomir avec le sirop de glauber , le tartre ou l’ipécacuanha , et on purgera dans les désordres des premières voies; on baignera souvent à l’eau tiède, on appliquera les sangsues, et l’on administrera , entr’autres antispasmodiques , le camphre uni au sucre, la poudre de guttète à if\ ou i/3 de grain par prise toutes les deux ou trois heures, on aura recours aussi , avec peut-être plus de succès , à 1/2 grain ou un grain dJoxide de zinc répété de trois en trois heures , lorsque l’individu sera très-irritable et très - mobile. Mais est -il possible de garantir de FHydrocéphalite un enfant qui y serait constitutionnellement prédisposé, et dont plusieurs frères auraient été moissonnés par cette cruelle maladie? L’observation est encore muette , et tous les moyens tentés ont échoué. Le moxa , les cautères, les sétons , les vésicatoires, les voyages, rien n’a pu y soustraire des enfans pour lesquels on prenait toutes ces précautions, afin d’éloigner un mal auquel avaient déjà succombé plusieurs enfans de la même famille.
Il n’est pas permis encore d’indiquer les moyens qui peuvent arrêter la maladie , lorsque le germe en est déjà porté dans le cerveau ; cependant on est parvenu , dans beaucoup de circonstances , à obtenir cet heureux résultat ; voici la manière dont s’explique Odier en faveur des vésicatoires : « Je dirai plus , je ' suis persuadé que, par ce moyen, je l’ai prévenue { l’Hydrocéphale aigue ); j’ai vu au moins plusieurs malades qui me paraissaient avoir tous les symptômes
sur l’hydro céfh alite. 1^7
d’une Hydrocéphale aiguë sur le point de se manifester, Un vésicatoire appliqué sur l’occiput, et, dans quelques cas, un autre plus bas, à la nuque, ont suffi pour dissiper mes craintes, et pour rétablir parfaitement leur santé, mais d’une manière si prompte que j’ai cru, dans ces cas-là, m’être trompé sur la nature de la maladie. N^est-il pas cependant plus vraisemblable que le mal, cédant sur-le-champ au remède , n’a point eu le temps de parcourir ses périodes ? » Qtiin croit aussi avoir plusieurs fois prévenu la maladie par la simple application des vésicatoires. M. Matthey pense qu’on peut , dès l’invasion , combattre quelquefois avec succès par un vésicatoire , un émétique , le mode d’excitation du cerveau qui la constitue. J’ai vu deux fois, entr’autres, les symptômes effrayans d’une Hydrocéphalite commençante céder à l’emploi de deux ou trois sangsues derrière la nuque ou aux tempes , d’une potion antispasmodique , et des sinapismes très-étendus aux membres inférieurs. M. Itard croit qu’il est possible de prévenir, dans son début , Tentier développement de l’Hydrocéphale chronique essentielle ( Hydrocéphalite subaiguë ) , et dit avoir ainsi sauvé plusieurs enfans du danger imminent auquel ils étaient exposés.
De ces faits nous tirerons la conséquence , qu’il est possible d^arrêter la maladie au début , et que , selon les circonstances , les saignées , les émétiques , les antispasmodiques, mais ^ur-tout les dérivatifs seront irès-effieaces pour produire cet effet.
Examen des dïèeérens Moyens Thérapeutiques 8.
PROPOSÉS CONTRE l’HïDROCÉPHALITE.
Plus une maladie est grave et difficile à guérir , plus elle compte de méthodes curatives : le cancer, la rage , l’épilepsie en sont des exemples frappans ; déjà l’Hydrocéphalite se trouve attaquée par tant de classes de médicamens, qu’elle a mis à contribution la matière médicale presque entière. Le danger fait chercher des ressources dans tous les moyens imaginables , et c’est par l’étude comparative des effets plus ou moins avantageux de ces moyens , qffon parvient à apprécier le degré de confiance que chacun mérite , à indiquer les cas où il est préférable, et à disposer un plan de traitement à la fois empirique et rationnel. Sans cette appréciation légitime , le praticien , riche de moyens , se trouve bien des fois dans Timpossibilité de conduire sagement la maladie : les symptômes se présentent en masse; il veut les combattre tous, et leur oppose pêle-mêle des médicamens toujours prônés , mais qui , donnés sans choix , sont nuis ou même nuisibles. Avant d’entreprendre de tracer un traitement méthodique, je vais successivement examiner les différens médicamens vantés contre l’Hydrocéphalite, et leur action dans cette maladie.
Préparations mercurielles . Les succès que le D.r Boy se, de Cantorbéry, avait obtenus du calomélas dans les fièvres comateuses des enfans , la facilité avec laquelle ceux-ci le supportent, et plus encore les effets du mercure sur le système lymphatique , décidèrent Whytt à introduire le calomélas dans le traite-
SUR l’HYDROCÉPHALITE. i59
ment de lTîydrocéphalite. Dobson et Percival ont beaucoup insisté sur ce médicament , et depuis , tous ïes praticiens en ont fait un usage habituel. Tous ne Tout pas administré de la même manière , ni avec un égal succès: aussi les opiùions sont-elles très-partagées sur ses effets. Les uns en plus grand nombre ne font donné que comme purgatif, et, pour augmenter son action, font associé à la scammonée, à la gomme gutte , au jalap, etc. De ce nombre est Cheyne , qui ne voulait que stimuler les intestins , et qui avait observé que le caloméîas seul n’agissait sur eux qu’aux premières doses , et les jetait ensuite dans un état de torpeur. Les autres , avec Odier et le professeur Baumes , lui reconnaissent, outre sa propriété purgative , une vertu particulière dont M. Bouvier a fait une vertu spécifique , et qui l’a fait appeler le moyen par excellence par M. Formey . Percival avait en lui une grande confiance , il l’employait intérieurement et extérieurement en frictions : il a guéri n malades sur 26. M. Coindet ne le croit utile que dans l’Hydrocéphalite symptomatique , en débarrassant les intestins. D’après la méthode anglaise , le D.r Heineken et quelques autres l’ont donné dans l’intention de provoquer la salivation, et, dans ce but, l’ont porté de suite à une dose très-considérable ; car , à des doses modérées , il ne la produit pas , ce qu^avaient déjà observé Thomas , Percival et Armstrong. Cette méthode est peu goûtée; cependant une observation de J. G. Broker devrait la recommander ; lesDD.rs Cheyne et Coindet ont observé en sa faveur, que la fièvre mercurielle apportait au moins de l’amendement, et ce dernier serait tenté d’unir les frictions au caloméîas pour accélérer cet
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effet, que le spasme, soit des intestins, soit du cerveau, rend très-difficile, et qui nécessite souvent des doses effrayantes : alors le mercure trop efficace devient lui-même nuisible par une salivation trop abondante. MM. Collinet , Ducasse , Waren de Taunlon refusent de reconnaître les bons eflfèfs du mercure , et s’élèvent contre son usage qu’ils regardent au moins comme inutile. Watson avait déjà mis en doute ses succès , puisque, malgré les éloges qu’il lui a donnés, il n’a guéri qu’un malade sur six. On a dit , au reste , trop de bien et trop de mal du mercure : il ne guérit pas toujours, mais ce n’est pas une raison pour le rejeter; et , puisqu’il est le seul moyen dont on ait obtenu des succès marqués , il convient de s’en servir jusqu’à ce qu’on en trouve un qui guérisse mieux. Sans lui accorder une vertu spécifique, je suis porté à lui reconnaître une manière d’agir particulière , indépendante de sa qualité purgative; et cette action , selon Thomson , se passe sur le système lymphatique , sur lequel le mercure exerce une médication particulière* Les faits sont trop multipliés et attestés par des auteurs trop recommandables , pour remettre en question l’efficacité de ce médicament dans l’Hydrocéphalite : peut-être les insuccès ont-ils été le résultat de la manière peu méthodique dont la maladie a été traitée 9 autant que de son intensité.
MM. Cheyne et Heineken veulent qu’on le donne dès le début: l’un, pour stimuler les intestins et déplacer l’irritation encéphalique; l’autre, pour provoquer, par une dose portée rapidement à 3o grains par jour, une salivation abondante qu’il croit préférable à la diarrhée qui 3 selon lui ; trouble et complique la mar-
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clie de la maladie. Fothergitt avait déjà recommandé dans le premier moment le calomélas uni à quelque autre purgatif, mais dans l’intention d’expulser les vers qui pouvaient être cause ou complication. Comme le muriate de mercure doux n’est administré par le plus grand nombre que dans ^intention de combattre l'épanchement , il n’a le plus souvent été conseillé qu’après la première période de la maladie , et cette méthode est préférable , parce que, dès le principe 9 le calomélas , excitant les lymphatiques , ajouterait à l’irritation déjà existante et augmenterait la violence du mal. Lorsque l’épanchement est bien formé , que la mort paraît imminente , il ne faut pas le croire inutile ; Dobson , Perchai et Odier disent qu’il offre encore des ressources, mais à une haute dose; et le professeur Baumes le regarde comme le moyen sur lequel on doit le plus compter : on connaît le succès qu’il en a obtenu dans un cas où les sutures étaient écartées et les tégumens infiltrés. Cheyne l a vu réussir dans des circonstances presque désespérées, suspendre au moins la terminaison du mal, interrompre les symptômes, arrêter les convulsions, rendre les sens internes et externes à leurs fonctions , et il a vu tous ces efforts être impuissans contre une grande débilité et une constitution qui a beaucoup souffert.
Il ne faut point être timide dans la dose à prescrire. Odier a fait prendre 80 grains en huit jours ; Heineken est allé à 3o grains en 24 heures, pour entretenir la salivation. M. Formey veut qu’on l’unisse au sucre à la dose d’un à deux grains par heure , jusqu’après avoir produit 6 à 8 selles par jour, et qu’on le suspende à mesure que les symptômes diminuent. Armstrong n'a
pas passé 6 grains par jour. Des succès multipliés justifient ces quantités excessives du sous^muriate de mercure : je dois à la vérité de dire qu’un non moins grand nombre de guérisons ont été obtenues par des doses moins considérables; chez les cinq malades que j’ai eu le bonheur de voir guérir, je n’ai jamais donné plus de 6 à io grains par jour. C’est l’intensité et l’urgence des symptômes qui détermineront la dose. On commencera par 4 ou 6 grains par jour ; et si la maladie continue ses progrès, on augmentera jusqua ce qu’on obtienne une rémission dans les symptômes , ou qu’on détermine des selles abondantes ou un flux considérable de salive.
Le caîomélas formant la base de presque tous les modes de traitement, a rarement été prescrit seul : presque toujours on ha associé à quelque poudre purgative, l’aloës, le jalap , la scammonée et la gomme gutte ; on l’a uni avec avantage ? mais plus rarement , aux préparations scillitiques, à l’extrait de quinquina. C’est principalement avec les frictions mercurielles qu'il a souvent été combiné; cette méthode a été préconisée sur-tout par les médecins anglais. M. Bouvier a eu huit fois l’occasion de se féliciter de son emploi. MM. Bard et Pitts Grapper n’ont pas été moins heureux dans quelques circonstances : le premier a cru devoir proposer la méthode de Clare ; mais ne feraitelle pas saliver beaucoup trop vite et à pure perte ?
La meilleure manière d'administrer le caîomélas , n’est point de l'incorporer d’avance dans une potion ou un opiat. Il faut préparer la dose qu’on veut donner par jour, et la distribuer par paquets qu’on fait prendre toutes les heures ou toutes les deux ou trois
suk l'hybrocéphaiite, i 63 heures , dans une cuillerée d’infusion appropriée , de potion ou avec un peu de miel. On le donne seul avec du sucre ou uni au médicament qu’on jugera convenable ; de cette manière , on est sûr de faire prendre la dose prescrite , et de la partager bien également.
Ainsi le mercure doux , sans être spécifique , est le remède le plus justement accrédité contre l’Hydrocéplialite: on peut en porter la dose de 4 à 20 ou 3o grains par jour , seul ou uni à quelque poudre inerte ou purgative; il convient de le donner par prises qu’on suspend dans un véhicule au moment de le faire prendre. J’ajouterai qu’il faut en continuer longtemps b usage , et que ce n’est que progressivement qu’on doit en cesser l’administration : en l’interrompant trop tôt , on s’exposerait à voir la maladie se reproduire : l’observation du D.r Moseley en fournit une preuve convaincante : les symptômes s’aggravaient, aussitôt qu’on cessait le médicament , et les accidens disparaissaient de nouveau aussitôt qu’on en reprenait l’emploi (i). Je dirai encore qu’on ne saurait mieux faire que dûiser en même temps des frictions sur l’abdomen et les membres à la dose d’un demi-gros ou d*un gros , comme l’a prescrit Dobson , et d’après lui je conseillerai de ne point chercher à provoquer la salivation, et de suspendre les frictions aussitôt quelles porteront a la bouche.
Purgatifs. Les purgatifs n’ont pas été moins recommandés que le caiomélas, et bien souvent le caloméîas
( ï ) L’observation de M. Hectcer , publiée dans le Journal général de Médecine, Février 1818 , n’est, pas moins que précédente , concluante en faveur de l'efficacité du caiomélas»
lui-même n^a été administré que comme purgatif* Si les praticiens eussent été bien convaincus de cette manière de voir, pourquoi n’auraient-ils jamais donné seuls des purgatifs bien plus énergiques que le calo-* mêlas, et le leur auraient-ils toujours associé?
Aussitôt que l’Hydrocéphalite a été bien connue , les purgatifs ont fait une base essentielle du traitement. Wytth , Foihergill , W ai son , Odier et presque tous les médecins qui ont eu à traiter cette maladie les ont mis en usage ; mais tous les ont combinés avec le caiomélas , pour ajouter à sa propriété cathartique. Tantôt on ne les a conseillés que dans la vue de combattre la constipation et de tenir le ventre libre* tantôt on a eu en vue de porter sur les intestins une irritation capable de détourner celle de ^arachnoïde, ainsi que MM. Ginet , S»te ~Marie et Bellefonds l’ont heureusement obtenu sur un enfant du faubourg de la Guiîlotière. Un grand nombre leur ont attribué la propriété d^acti ver l’absorption séreuse, en produisant de nombreuses évacuations alvines. Les uns ont craint d’épuiser trop tôt les forces et ont rejeté les purgatifs drastiques , pour ne donner qu’à des doses modérées la manne, la rhubarbe, l’électuaire îénitif, le sirop de rose solutif, et, sMs se sont permis les drastiques, ce n^est qu’à des doses modérées et unis au caiomélas. Odier , qui longtemps fit un grand usage des purgatifs, s’élève avec force contre leur emploi abusif: il leur reproche d’abattre rapidement les forces, et s’ils ne préviennent pas la maladie, dit-il, loin de la retarder ils Faccélèrent. D’un autre côté , Thomson , Cheyne , M. Formey accordent aux purgatifs une confiance sans borne, et le muriate de
mercure
sur l’hydrocéphalite* 1 65
mercure n’est entre leurs mains qu’un purgatif dont ils augmentent Faction par les drastiques. Selon eux on ne doit point craindre la débilité apparente.
Thomson veut qu’on les administre dès le début, et ce n’est que lorsque la maladie avance qu’il y fait joindre le mercure doux dont iî admet la double action sur les intestins et sur le système lymphatique. Qdier pense qu’ils peuvent être utiles au commencement , ou pendant la convalescence ; mais il avertit d’être très-réservé lorsqu’on veut les employer comme révulsifs. M. Cheyne veut que la première attention se porte vers le canal alimentaire et qu’on débute par quelque cathartique puissant quVn réitère si le cas l’exige ; si l’aspect et la puanteur des selles indiquent la torpeur et la faiblesse des fonctions digestives d’où résulte accumulation de matière fécale , ou diminution et élaboration vicieuse des fluides sécrétés, il fait doubler la dose pour changer la nature des selles, et stimuler le système hépatique, le canal alimentaire, et les autres organes essentiels qui ont quelque connexion avec eux. M. Laennec les met au nombre des moyens propres à transporter ailleurs l’irritation qui rend trop active la nutrition du cerveau ou Fexhalation séreuse, et les conseille dès le début. M. Formey veut qu’ils succèdent aux évacuations sanguines, et ne près-» crit comme tel que le calomélas à haute dose.
On ne saurait trop avoir égard à l’état du bas ventre avant de se décider à aucun purgatif : s’il y a déjà disposition inflammatoire, les purgatifs décideront la phîeginasie et deviendront nuisibles s’ils n’ont pas déplacé rinflammation cérébrale. Donnés trop tôt et long-temps continués à haute dose , ils provoqueront
l66 ESSAI
ëncore l’inflammation des organes digestifs : je sms persuadé que le D.r Cheyne n’a dû qu’à sa méthode évacuante les traces d’inflammation qu’il a si souvent trouvées sur le foie et dans les intestins. Je conseille d’être très - réservé sur les purgatifs , et je crois qu’ils ne conviennent jamais au début, à moins qu’il n’y ait un état saburral des intestins bien prononcé. 11 sera plus sage d’imiter la conduite de Sartâne dans la frénésie qui compliqua l’épidémie de Naples; il ne retirait de l’avantage des purgatifs que lorsque , par les saignées et les boissons froides et tempérantes , les symptômes inflammatoires étaient tombés et que la nature était sur le point de tenter la solution. Au moment où l’épanchement va se faire, les purgatifs unis au calomélas conviennent très-bien. Les drastiques seront rejetés pendant la première période ; et s’il est utile de combattre un embarras intestinal, on ne se permettra qu’un minoratif, tel que la manne, l’électuaire lénitif , la magnésie purgative , la rhubarbe : on les a vus arrêter la maladie. Au commencement de la 2.e période et pendant sa durée, on recourra avantageusement à des purgatifs plus actifs, au jalap, la scammonée, la gomme gutte, la teinture anisée de coloquinte. Si on nJen a point abusé, ils conviennent encore dans la 3.e période, mais à haute dose. Si le malade eruérit, il ne se trouvera point mal de quelque purgatif léger pendant la convalescence^Lie n’est qu’au début et pendant la convalescence qu’on administrera les purgatifs selon la méthode ordinaire, c’est-à-dire le matin en une ou deux prises, suivie dùme boisson propre à favoriser les évacuations; dans la 2,e et la 3.e période, les
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purgatifs feront partie essentielle du traitement; on les donnera seuls ou associés au muriate de mercure doux, à doses brisées, renouvelées toutes les heures ou toutes les deux- ou trois heures, afin d’entretenir sur le tube intestinal une excitation permanente qui serve de dérivatif et y fasse affluer les humeurs qui se portent à l’organe encéphalique.
La dose sera proportionnée à l’énergie du remède, et sur-tout à l’âge du malade. On les fera prendré eu potions, en pilules, en bols, et mieux encore eu poudre lorsque cela sera possible ; alors on délaye le médicament dans un véhicule approprié au moment de l’administrer.
Il est inutile d’observer qu’on peut les donner eu lavement, et qu alors il faut au moins doubler la dose.
Diurétique. Leurs succès dans les hydropisies ont conduit à s’en servir dans l’Hydrocéphalite. ici l’analogie nJa pas eu des résultats bien avantageux , f utilité des diurétiques n’est pas bien démontrée.
Parmi ceux auxquels on a eu recours , les préparations scillitiques tiennent le premier rang. Ilosen recommande beaucoup , passé le premier âge , quelques grains de scille pour évacuer par les urines ou par les selles, et souvent par les deux à la fois. Heinekm l’unissait au caloméîas. Oclier s’est servi de différentes préparations scillitiques; mais il leur a trouvé une % action trop lente , et sur-tout l’inconvénient de causer des nausées , des maux de cœur et le narcotisme; et il les exclut. M. Jadelot les associe quelquefois, avec succès , aux autres moyens de traitement. M. Gaultier de Glaubry les croit utiles dans bien des circonstances 9 et
. il . *
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M. Coinâei les dit, au contraire, rarement indiquées. M. Formey et quelques autres avant lui se sont bien trouvés de l’emploi du vinaigre scillitique en frictions: M. Itard dit en avoir fait plusieurs fois des lotions sur les jambes , et jamais sans provoquer un flux d’urine copieux.
La digitale pourprée a, dans ces derniers temps, été beaucoup employée contre lHydrocéphalite ; malgré les essaie et quelques succès obtenus , elle agit si différemment sur les diverses constitutions , qu’il est difficile de bien préciser son utilité réelle ; elle paraît , selon M. Bard , convenir dans les dispositions séreuses générales; et pour prévenir son action nauséeuse sur l’estomac , il lui unit à haute dose le nitrate de potasse , qui en dirige entièrement les effets sur les voies urinaires. MM. Cheyne et Garnet pensent qu'elle doit son utilité moins à sa vertu diurétique qu’à sa propriété de diminuer faction artérielle , et, sous ce rapport , la disent préférable , chez les enfans , aux saignées locales et générales. M. Heineken , qui lui donne le deuxième rang parmi les remèdes à opposer à l’Hydrocéphalite , ne la conseille qu’avec beaucoup de réserve dans la deuxième période ; il craint de trop affaiblir la circulation et d’en paralyser les organes : il ne la continue pas jusqu’à un trop grand ralentissement des pulsations. Lorsqu’il y a une grande disposition au vomissement qu’elle augmente , cette circonstance s’oppose à son administration ; cependant il pense que la teinture unie à l’eau de cannelle peut être supportée en commençant par une très-petite dose qu’on augmente graduellement. M. Formey ne la recommande que lorsque 5 malgré famé-
SUE l’îIYDEOC ÉPHALITF. l6ÿ
lioration clés symptômes, la sécrétion urinaire ne se rétablit point , que la peau reste sèche , et qff en général le système lymphatique est paresseux ; alors il unit au muriate de mercure doux la digitale à trèspetite dose, de manière à ne pas irriter l’estomac ni occasionner des vertiges; il la prescrit pendant ia maladie et dans l’état d’épanchement. M. Coindet ne Ta trouvée vraiment utile que lorsque l’Hydrocéphale reconnaît pour cause la répercussion de la scarlatine. Ses effets peuvent la rendre avantageuse au début de la maladie , en ralentissant la circulation : si je ne me trompe , ce n’est que très-secondairement qu’on doit compter sur elle ; ce ralentissement artificiel n’est quhme apparencé trompeuse de diminution ; si l’on n’a pas recours à des moyens plus énergiques , le mal continue ses progrès pendant cette sécurité passagère , et peut même recevoir une fâcheuse influence de l’action stupéfiante de la digitale. Dans la crainte , d’accroître les accidens comateux , elle ne convient point dans la deuxième ni la troisième époque où l’on devrait , comme diurétique, en augmenter la dose. Si toutefois on veut l’employer , on commencera par une dose très-légère de la poudre ou de la teinture : celle-ci est plus facile à manier , et moins sujette aux inconvéniens ; on n’en donne d’abord que quatre à cinq gouttes répétées trois ou quatre fois dans la journée ; on augmente jusqu’à ce qu’on en observe les effets , et l’on s’arrête lorsqu’elle agit trop sur la circulation et le système nerveux. On prescrit de la poudre deux ou trois grains par jour pour un adulte, et beaucoup moins pour un enfant. Si on l’augmente trop 5 elle produit bien vite des accidens qui la font
supprimer (i). M. Itard a éteint le mercure coulant dans son extrait pour l’administrer en friction : en ajoutant un peu d’huile au moment de la friction , dit-il , elle devient plus facile et l’absorption est complète.
La gratiole a été employée avec succès chez un garçon de 17 mois par M. C. B. Sommer , qui a recueilli en outre dans sa dissertation sur cette plante plusieurs observations de son heureux emploi dans diverses hydropisies.
L’arnica et la valériane sauvage ont été données comme diurétiques , entr’autres par MM. Bàrd et Ileineken. Leur mode d’action est plus tonique et antispasmodique que diurétique ; il les rend utiles vers la fin de la maladie , lorsque les accidens nerveux sont très-intenses.
Pour produire la diurèse on a encore prescrit l’alcool nitrique qui peut convenir au début d’une Hydrocéphalite nerveuse.
Dans les cas ou il croit utile de provoquer cette sécrétion , Odier préfère à la scille ta terre foliée de tartre , et ta liqueur de corne de cerf succinée dont il a retiré de très-bons effets. M. Baumes fixe l’attention sur l’infusion plus ou moins forte de cendre de genêt et de baies de genièvre écrasées. Mon ami , le docteur Morel vient d’en obtenir un succès complet, en leur unissant les vésicatoires.
Les cantharides n’ont été employées qu’en frictions-
(1) Elle s’altère très-facilement, et il y a des années qu’elle paraît agir moins.
SUR L ’ IJ Y D R O C E P II A L î T VL. tj ï
et en emplâtres : de ces deux manières elles n’ont dû agir qu’en opérant la vésication et une dérivation salutaire.
En général les diurétiques sont, moins nécessaires qu’on ne l’a cm, en songeant à leurs effets dans les hydropisies des grandes cavités. Ils ne conviennent pas dans tous les cas , et ne sont bien indiqués que dans les constitutions lymphatiques r et sur-tout lorsque l’Hydrocéphalite a succédé à une affection séreuse, par exemple à l’anasarque ou à la scarlatine dont la leucophlegmatie est si souvent la crise. Enfin on sera très-attentif à leur action pour en arrêter l’usage aussitôt qu’ils seraient nuisibles. Du reste , le praticien saura habilement en combiner l’administration avec les autres remèdes qu’il jugera convenables.
Evacuations sanguines . Déjà Harris avait signalé les avantages de la saignée dans les convulsions , sur-tout pendant leur intervalle. Cette pratique a été vérifiée et trouvée très-utile dans les maladies aiguës des enfans par Underwood , Hamilton et tous les écrivains observateurs. On devait donc s’attendre avec raison à la voir bientôt figurer parmi les moyens les plus efficaces contre l’Hydrocéphalite. Les praticiens qui ont parlé les premiers de cette maladie , n’ayant en vue que l’hydropisie , n’ont point fait entrer la saignée dans leur plan de traitement. Cependant Underwood en a reconnu l’utilité j Odier , dont le nom est d’un si grand poids quand il s’agit de l’hydrocéphale aiguë, est le seul qui n’ait pas eu à se féliciter de ses bons effets , sans doute parce qu’il la pratiqua avec trop de timidité ; aussi la croit-il plus nuisible qu’utile. Il n’est aucun autre auteur qui n’en ait retiré de grands avau?
tages ; mais personne n^st allé aussi loin que le D.r Rush , de Philadelphie ; il en fait la base presque exclusive de sa thérapeutique dans l’Hydrocéphalite.
La plupart des médecins pensent qu’elle n’est pas praticable dans tous les cas. Odier n’avait eu recours aux sangsues que lorsqu’il y avait rougeur de la face et des yeux , grande sensibilité à la lumière , chaleur de la peau , élévation du pouls 5 circulation trop rapide et propre à augmenter l’épanchement : c^est effectivement dans ces circonstances , qui annoncent l’Hydrocéphalife inflammatoire , que la saignée est d’une nécessité urgente ; elle convient encore dans l’Hydrocéphalite nerveuse , et n’est que bien rarement utile dans la gastrique franche.
C’est toujours au début de la maladie que les saignées seront utiles; cette vérité est bien confirmée. Underwood en avait donné le précepte , Odier l’a suivi , le professeur Baumes et tous les médecins s’y sont conformés. Elles ont à cette époque été quelquefois si bienfaisantes que le D.r Heineken les a vues dissiper de suite tous les symptômes de la maladie.
Les moyens employés pour produire l’évacuation sanguine ont beaucoup varié. Les uns préfèrent les saignées générales par la lancette; les autres , en plus grand nombre , admettent spécialement l’application des sangsues. M, Coindet veut qu’on soit très-réservé sur les saignées générales , cependant il les croit queL quefois utiles , même avant les saignées locales : d’autres combinent les saignées générales et locales selon la nécessité. Quelques-uns, en petit nombre, ont eu recours aux scarifications et aux ventouses scarifiées. L’artériotomie , conseillée par M. Bidault de V Hiers
S TJ R l’hYDROCÏSPHALITE. Iji
et mise deux fois en pratique avec le plus grand succès par M. Coindet , serait peut-être le moyen le plus convenable , s’il était possible de la pratiquer toujours. On n'est pas toujours libre sur le choix du moyen à employer ; chez les enfans , la saignée avec la lancette est , sous tous les rapports , si difficile à pratiquer , que , lors même qu’on lui donnerait la préférence , on se verrait le plus souvent dans la nécessité de lui substituer l’application des sangsues ; mais chez un individu plus âgé on aura recours , selon l’intensité des symptômes , à une saignée générale d’abord , et ensuite aux sangsues.
Il n’est pas indifférent de bien choisir le lieu d’où l’on devra tirer le sang. Puzos voulait qu’on saignât au pied , et je partage son avis, lorsque la phlébotomie y sera praticable ; je crois même , dans les cas contraires , devoir désigner comme non moins utile la première application des sangsues autour des malléoles : dans une circonstance , j’ai du à cette précaution un soulagement si marqué que je n’hésite point de lui attribuer la guérison. D’après le conseil donné par Levret de saigner les enfans au bras , plusieurs médecins se sont décidés pour cette saignée suE laquelle celle du pied a l’avantage d’agir comme révulsive. En général les saignées locales ont été préférées. Odier appliquait les sangsues aux tempes ; c’est autour ou dans le voisinage de la tête quelles ont constamment été placées, au front, derrière les oreilles , a la nuque , aux différentes régions du col , sous la mâchoire. Les scarifications ont été conseillées dans les mêmes endroits ; les ventouses n’ont pu être appliquées qu’à la nuque et au col. La section de la 1
174 ' Ê&SAî
jugulaire sera utile quoique peu recommandée. M* Coindet l’a répétée plusieurs fois sur un homme de 27 ans, et n’a eu qu’à se louer de ses bons effets* L’ouverture de la temporale doit fixer l’attention plus qu’elle ne l’a fait jusqu’à ce jour; ses succès dans les céphalées rebelles , l’arachnoïdésie , etc. lui assureront un rang distingué parmi les moyens thérapeutiques de l’Hydrocéphalite. Quelques circonstances peuvent déterminer la région où l’on fera l’évacuation sanguine : M. Cheyne s’est bien trouvé de l’application des sangsues sur la région du foie : je conseillerai , dans les cas de suppression menstruelle ou hémorrhoïdale , de les faire mordre à la vulve ou à l’anus.
Il est de toute impossibilité de préciser d’une manière générale la quantité de sang à tirer ; elle variera selon la maladie , la période où elle est arrivée , l’intensité des symptômes, lage et la constitution du malade. On ne perdra point de vue qu’une très-petite quantité de sang est beaucoup pour l’enfant : selon l’appréciation de Levrét , une cuillerée chez les nouveau-nés équivaut à une palette chez les adultes. Cette évaluation n’est pas bien exacte. On tirera avec avantage quatre à cinq palettes de sang à un adulte, et cinq cuillerées feraient succomber la plupart des nouveau-nés. Il sera plus conforme à l’observation de mettre en comparaison avec la palette une demi-cuillerée pour un nouveaü-né, une cuillerée au bout de quelques mois, deux cuillerées au bout d’un an et demi , trois cuillerées à trois et quatre ans. En statuant sur cette évaluation, on ne tirera jamais qu’environ une cuillerée à un nouveau-né, deux à un enfant d'un aiij trois, quatre ou cinq pour un enfant de
SUR L ’ II Y D R O CÆ PHÀLITË.
deux ans. M. Besessartz a démontré, dans un excellent mémoire, l’avantage de ne tirer qu’une petite quantité de sang chez les enfans qui ont une grosse tête, et qui sont disposés aux. maladies convulsives r il a constamment observé qu’une effusion de demipalette était dangereuse de six mois à un an, et qu/une palette et demie ou deux étaient aussi trop considérables depuis un an jusqu a six. Lorsque l’Hydrocéphaîite aura le caractère inflammatoire , on aura recours aux saignées générales et locales^ sans crainte d’abattre les forces; pour en obtenir délions effets, il faudra les pratiquer avec assurance , au moins au double de ce qu’on fait dans les cas ordinaires. Dans l’Hydrocéphalite nerveuse, la saignée sera utile, mais avec plus de modération : la gastrique nécessitera rarement l’emploi de la saignée , à moins qff elle 11e se trouve unie à quelque symptôme inflammatoire bien prononcé. Lorsque les trois variétés seront combinées dans les proportions qui constituent la marche générale de la maladie, la saignée sera indispensable; mais on ne devra point répandre le sang avec profusion , sur-tout chez un enfant. On ne prescrira donc pas indistinctement la saignée ; si elle sauve bien souvent les malades, bien souvent aussi elle leur serait nuisible. C’est à tort cyCOdier a voulu la proscrire , et que M. Formey veut qu’on ne tire jamais que très-peu de sang. M. Bidault de V Hiers , d’après les succès qu’un médecin anglais a obtenus des copieuses saignées , n’a pas moins tort de trop généraliser l’usage des évacuations sanguines : MM. Baumes , Laennec et autres en ont fait aussi un précepte trop exclusif.
Je le répété, La ge, l’intensité des symptômes, la
variété et l’époque de îa maladie donneront la mesure du sang à tirer. Observons encore qu’on sera beaucoup plus modéré lorsqu’on fera la section de la temporale.
Toniques, Seuls ils n’ont jamais fait la base essentielle du traitement. Cependant Rush , après la saignée, ne parle avantageusement que des toniques. Les auteurs qui ont assimilé l’Hydrocéphalite à la fièvre ataxique cérébrale, ont la plupart préconisé l’emploi de cette classe de médicamens : mais , ce petit nombre excepté , aucun praticien ne les a administrés que comme accessoires, et vers la fin de la maladie pour soutenir les forces et réveiller 1’ action du principe citai engourdi .
Oàier le premier a fait un usage si heureux du vin, que lorsque tout devient inutile il ne balance pas de le regarder comme propre à retarder et même à prévenir la catastrophe. Le malade de sa 2.e observation était mourant , il lui fit donner quelques cuillerées de vin d’Espagne et le rappela à la vie. Il La depuis lors administré lorsque le pouls devient plus faible : il donne la préférence au vin d’Espagne parce qu’il est plus cordial , et qu’étant plus agréable au goût, les enfansle prennent avec plaisir: il en prescrit une demi-once d’heure en heure ou à des distances plus grandes. Le vin calme et diminue les angoisses, et s’il ne prévient la mort , il la rend beaucoup plus douce et plus tranquille ; si la nature prépare une crise, il la favorise en soutenant les forces et ranimant la circulation languissante. M. Bidault de Viîiers ne parie pas avec moins d’éloge du vin d’Espagne administré comme il vient d’être dit, M. Ckeyne et un
sur i’hybrocéphalite, 177
grand nombre de médecins le prescrivent également pour soutenir les forces. Je présume que le Claret , dont Macbride vante l’usage à haute dose , est une espèce de vin , et alors il ne présente rien de particulier. Ainsi , quelle que soit l’espèce d’Hydrocéphalite , lorsque par les progrès du mal les forces s’épuisent, que le pouls devient petit et que la vie s^éteint, un vin généreux et sur-tout le vin d’Espagne peut être d’un grand secours.
Sur la même ligne que le vin Odier place Y alcali volai il et en dit les effets analogues à ceux du vin. II s’en est servi une seule fois dans un cas désespéré, et en a obtenu sur-le-champ de très - bons effets qui ne se sont pas soutenus : le mal était trop avancé. Si l’ammoniaque a été peu employée jusqu’à présent, il faut l’attribuer à son odeur repoussante. Son action prompte, mais trop passagère, ne permettra pas non plus qu’on lui accorde jamais beaucoup de confiance.
Le quinquina en substance et son extrait ont joui et jouissent encore d’une très-grande faveur. Odier et quelques autres avant lui l’avaient déjà mis en usage , mais seulement vers la fin de la maladie et pour soutenir les forces. Dans ces derniers temps, on l’a administré comme fébrifuge, et on l’a conseillé à. haute dose, tantôt seul, tantôt uni au calomélas ou à quelque antispasmodique. Quin en a retiré de bons effets , en arrêtant les exacerbations , ce qui n’a pu avoir lieu que dans certains cas particuliers. J’ai donné avec succès , vers la fin de la 2.e période ^ l’extrait uni au calomélas: le malade en prenait jusqu’à un gros par jour. M. Cloquet ( Hippolyte ) vient de retirer du quinquina administré en lavement un succès
étonnant. Une petite fille de 4 ans et demi allait succomber à une Hyrocéphalite ; M. Clocjuet fait donner un lavement composé avec 4 gros de quinquina rouge en poudre, du musc, de Tassa fœtida , du camphre , du laudanum liquide de sydenliam dans une forte décoction d’absynthe : en peu d'heures on put remarquer une amélioration sensible.
Le phosphore a été conseillé et administré. Le peu de succès qu’on en a retiré, le danger même de son administration ne permettent pas d’en faire un usage fréquent. On ne se décidera à l’employer qu’à la dernière extrémité, lorsque tous les autres moyens auront été infructueux. Son action est prompte et intense; continué plus de 24 ou 36 heures, il transporte sur l’estomac et sur les intestins une inflammation mortelle. Le mode d'administration le plus convenable est la dissolution du phosphore dans l’huile d’amandes douces , dans les proportions de deux grains par once d’huile. On en fait prendre une petite cuillerée à café toutes les trois heures , de manière que le malade ne prenne pas au-dessus de 3 grains en 24 heures. Deux fois M. Coindet a eu à se féliciter de son emploi.
Le camphre, le musc , le castoréum, la valériane , etc., n’ont-ils pas agi , lorsqu'on les â prescrits , autant comme toniques que comme antispasmodiques ?
On pourrait encore , dans l’occasion , avoir recours à tous les toniques les plus énergiques : je ne doute point qu’ils ne soient utiles pour prévenir la chute totale des forces et une terminaison fatale.
Emétique. Ce n’est que depuis peu de temps qu’il a été introduit d’une manière un peu générale dans le
sur l’hydrocépiialite. 179
traitement de l’Hydrocéphalite. Cependant Foîhergül en avait déjà reconnu Futilité , quand l’estomac est surchargé ; Jean Hanter Favait avantageusement employé sur le fds de M. Smith; il est vrai qu’il eut après recours au calomélas et aux purgatifs , et que c’est à l’usage long-temps continué du premier , qu’il attribue la guérison. Chambon l’a conseillé comme dérivatif, en même temps que les purgatifs, les vésicatoires et les îavemens âcres et stimulans. M. Gardien , entraîné par les succès que M. Vieusseux a obtenus de l’émétique contre la fièvre cérébrale , le propose , par analogie , au début de l’Hydrocéplialite. M. Laennec le met au premier rang des moyens propres à déplacer l’irritation cérébrale ; lorsque M. Jadelot en trouve Findication , il l’emploie , et toujours avec succès. M. Caparon le croit utile par la secousse qu’il imprime au cervean et au système nerveux. M. Coindet lui accorde beaucoup de confiance , mais dans des circonstances rares. M. Bricheteau ne le croit pas sou-» vent indiqué , et regarde comme dangereuse la conges» tion qu’il détermine vers Fencéphale.
C'est toujours au début qu’on l’a conseillé , et la substance employée a toujours été le tartrite antimoine de potasse à doses brisées et fréquemment réitérées , seul ou étendu dans une potion donnée par cuillerée de temps en temps. La dose sera plus forte que dans les embarras gastriques ordinaires ; il provoque plus difficilement le vomissement , lorsque sur-tout la maladie est en pleine vigueur. M. Coindet a eu recours au vitriol blanc, lorsque , dans des cas de faiblesse 5 il craignait de produire trop de diarrhée.
Les trois variétés de l’Hydrocéphalité nous expié-»
iBo ESSAI
quent pourquoi l’émétique n’a pas toujours réussi , oiî toujours été nuisible. Il a été couronné du succès dans l’Hydrocéphalite gastrique * et les praticiens qui l’ont prescrit dans cette variété en ont fait l’éloge. Il a été nuisible dans l’Hydrocéphalite inflammatoire et dans la nerveuse ; ceux, en conséquence , qui n’ont eu à traiter que ces deux variétés ont dû le rejeter de la pratique.
, Irritons cutanés. Ils sont peut-être les moyens les plus puissans qu’on ait à opposer à l’Hydrocéphalite. La vraie manière de la combattre avantageusement , c’est de lui substituer une irritation qui donne de plus grandes chances pour le retour à la santé.
Les vésicatoires sont, avec le calomélas et les purgatifs, un moyen auquel on a eu recours dès que l’Hydrocéplialite a été connue , et sur l’utilité duquel les praticiens n’ont jamais varié. Quelle qu’ait été la manière d’envisager la maladie , ils ont toujours fait la base essentielle du traitement. Le D.r Simmons les met au premier rang. Odier leur accorde toute sa confiance , et les croit si efficaces , quJil y a eu recours sur les simples soupçons de la maladie qu’il croit avoir plusieurs fois prévenue par ce moyen. Lettsom ne connaît rien au-dessus de leur emploi. Le professeur Baumes les regarde comme le moyen le plus puissant.
Les médecins les ont toujours employés comme dérivatifs; le plus grand nombre, dans l’intention de déplacer l’irritation fixée sur Y encéphale ; les autres , dans l’intention de produire une évacuation propre à dévier l’humeur séreuse qui se porte vers les ventricules ; quelques-uns , pour agir comme stimulans et réveilla Tactign du principe vital ; d’autres , enfin ,
pour
sür l’hydroceph alité. i:$i
pour produire tous ces effets à la fois ou successive** ment , selon l’époque oti on les met en usage. On leur attribue en outre une vertu antispasmodique qui diminue l’éréthisme nerveux et calme les convulsions (i). Afin de les rendre plus efficaces , Cheynê veut qu’on les panse ensuite avec l’onguent mercuriel.
Le voisinage de la tête a toujours été choisi pour les appliquer; le sinciput , le derrière des oreilles , le col 5 la nuque : leur action est alors toute dérivative. On les a aussi placés sur des parties éloignées du ^iége de la maladie , par exemple , aux jambes , aux cuisses, aux bras, etc.; alors ils agissent comme révulsifs. Les uns veulent que l’on commence par les appliquer le plus près possible du cerveau ; les autres 5 que l’on commence par les parties les plus éloignées ? et qu’on s’approche peu-à-peu de la tête , réservant cette partie pour agir avec plus d’efficacité à mesure que les progrès du mal le demanderont. ;
Il est impossible de fixer le nombre de vésicatoires nécessaires* L’intensité , les progrès et la durée de la maladie détermineront la conduite à tenir à cet égard. On ne craindra point d’en être prodigue : Qditr et autres en ont couvert les malades avec succès , et n’ont jamais trouvé qu’ils aient affaibli. Ils ne causent pas non plus la gangrène des plaies comme dans les autres hydropisies. Ils conviennent à toutes les époques de l’Hydrocéphalite , mais ils offrent beaucoup plus d'espérance au début. Un grand nombre de
(i) Harris ne pensait pas ainsi; il croyait, au contraire, qu’ils ne faisaient alors qu'ajouter aux souffrances , et les réservait pouî; les affections comateuses.
praticiens les Ont vus arrêter la maladie comme par enchantement. Ckeyne veut qu’on les fasse précéder de la saignée, et aujourd'hui on les fait succéder souvent à l’émétique. Au début de la maladie , un ou deux vésicatoires peuvent la faire avorter en déplaçant l'irritation. Plus tard , leur effet rfest pas aussi prompt ; mais aidés des autres moyens , ils tendent à diminuer le mode inflammatoire de Farachnoïde en le fixant sur tous les points où on les applique : la sécrétion purulente qu’ils établissent devient une espèce d’émonctoire qui éloigne la sérosité du cerveau. Durant la troisième période , ils sont excitans , réveillent les propriétés vitales , et peuvent , en rendant au système absorbant l’activité dont il a besoin , faire repomper le fluide épanché pendant que l’état phlegmasique se calme et se dissipe. Lorsque l’Hydrocéph alite nerveuse ou inflammatoire commence , ils sont très-utiles , et il convient de les placer très-près du siège du mal. Leur efficacité est moins démontrée dans l’Hydrocéphalite gastrique : cependant en les appliquant sur la région épigastrique , ils ne sont point sans effet. Lorsque la maladie a le caractère vraiment inflammatoire , on doit y recourir avec profusion ; mais lorsqu'elle est nerveuse , leur trop grand nombre serait nuisible.
On ne cherchera pas à les entretenir, il vaut mieux les faire succéder les uns aux autres. Si l’on voulait faire suppurer celui de la tête , il faudrait ou le racler fortement pour exciter la surface cutanée , ou bien essuyer Femplâtre même qui a produit la vésication et le réappliquer à chaque pansement; c’est le conseil donné par M. Coindet , et je me suis bien trouvé de son emploi. M. îtard veut qu’on laisse trois jours en
SUR l’ïîydrocéphalitë. i83
place l’emplâtre vésicatoire , sans autre pansement que cîe piquer la cloche à sa partie la plus déclive , afin de déterminer une plus abondante évacuation de sérosité.
Les sinapismes vont de pair avec les vésicatoires 9 mais leur action plus prompte , plus intense et moins durable ne permettra jamais de les employer exclusivement ; ce n’est qu'au début de la maladie, et lorsque les fonctions vitales sont prêtes à s'éteindre soit par la gravité du mal, soit par sa durée , qu’ils deviennent de puissans secours en déterminant une contre-irritation subite , qui rétablisse en partie l’équilibre , et donne le temps de recourir à des moyens consécutifs qui achèvent la guérison. Ce n’est qu’aux membres , et comme révulsifs qu’ori peut s’en servir, Fothergill , Heineken 9 etc. y ont eu recours. — La ieinlure de cantharides a été employée comme rubéfiant par le D.r Heineken , et trouve place à côté des sinapismes : elle offre l’avantage de pouvoir être administrée plus près du siège du mal , sur la tête même.
Les pèdiiuves chauds , sinapisés ou non , jouiront aussi d’une grande confiance comme révulsifs ; nonseulement ils agissent en substituant irritation à irritation , mais dilatant le système vasculaire des pieds , ils y déterminent une pléthore locale qui balance celle de l’encéphale et peut même la dissiper en entier* M. Jadelot les emploie fréquemment, mais sinapisés. MM. Heineken et Formeyles recommandent. M. Gardien dit qu’on les a beaucoup variiés dans ces derniers temps , et que pour aider leur action on fait des aspersions froides sur la tête , ou qu'on y tient
î84 ESSÀÎt
un mélange de glace et de muriate de chaux. Il est superflu d’observer qu’ils ne conviennent que dans la i.re période de la maladie, sur-tout lorsqu’elle est inflammatoire.
Plusieurs fois j’ai retiré d’excellens effets des fomen - / tâtions chaudes faites sur les membres , avec l’eau simple, l’oxicrat, ou Peau sinapisée.
Le moxa a quelquefois été mis en usage. Macbride assurait qu’il n’hésiterait pas de l’appliquer à la nuque. Il a depuis été conseillé sur le sommet de la tête , sur les apophyses mastoïdes , avec recommandation de le réitérer s’il est besoin. M. Valentin , entr’autres, en a obtenu les résultats les plus avantageux; il le dit encore une ressource lorsque tout semble désespéré. On idy aura pas recours au commencement de la maladie , il ne convient que lorsqu’elle est arrivée à la 2.e ou à la 3.e période. Le professeur Baumes assure qu’un emplâtre de bétoine appliqué sur la fontanelle peut dispenser du moxa; comment ici agit la bétoine ?
Le fer rouge ne devrait pas être moins utile que le moxa. Depuis long-temps il est employé contre l’épilepsie , et Rufius raconte que de son temps c’était la coutume en Italie de cautériser les enfans à la partie postérieure de la tête pour les guérir ou les préserver de l'épilepsie ; tout le monde connaît les brillans succès qu’en a obtenus l’illustre Fouteau. C’est près du siège du mal, sur la tête , à la nuque 9 derrière les oreilles qu’il a été appliqué. Sarcône , dans la frénésie qui compliqiM souvent l’épidémie de Napples, portait un fer rouge à la plante du pied, dans les cas extrêmes d'excessive sensibilité accompagnée de celte con~.
S TJ R L5 H YD RO cÉ PH ALITE. ï8n
rukion meurtrière , qui ôtait comme subitement la de. Ce procédé serait héroïque , lorsque la marche rapide de la maladie laisse au praticien à peine le temps de se reconnaître et de combiner le traitement.
M. Heineken a conseillé les ventouses sur la tête , lorsque déjà l'épanchement est forme. Quoique ce moyen n’ait pas été employé, il n’est pas à négliger.
M. Gondinet rapporte, dans l’observation qu’il cite, qu’il avait proposé des scarifications sur la tête, afin de produire une puissante dérivation par l’inflammation et la suppuration qui s’établiraient. Ce moyen n’a pas été goûté jusqu’à ce jour*
Le selon à la nuque à été pratiqué par M. Mongcnot : M. èBricheteau croit pouvoir lui attribuer une guérison. Son action lente doit le rendre douteux , à moins que la maladie n’ait une marche chronique, et ne soit le résultat d’une suppression purulente dans le voisinage.
On a vanté le cautère potentiel sur la tête , à l’endroit de la suture lambdoïde. Son action profonde quoique lente , peut le rendre utile.
Dans une circonstance ou le succès fut complet , j’ai mis en usage les frictions sur la nuque avec la pommade dè Autenrieth. Elle occasionna, outre les boutons ordinaires, une escarre de la largeur d’une pièce de six francs, qui fut la crise : dès ce moment, les symptômes s’amendèrent 5 et la convalescence ne tarda pas à être certaine.
Les essais avec le galvanisme et l’électricité sont peu nombreux : on ne les emploie plus , cependant ils conviendraient dans plusieurs circonstances.
Antispasmodiques . Caïmans. Cette classe de médicamens n’a jamais été qu’accessoirc dans le traitement
l86 ESSAI
de l’Hydrocéphalite , lorsque des symptômes particiw liers et urgens en ont nécessité ^administration.
M. Heineken a voulu exclure X opium du traitement de l’Hydrocéphale aiguë , parce qu’en activant la circulation et sur-tout la circulation cérébrale , il augmente la pléthore locale , aggrave les symptômes et accélère F affection comateuse : il lui préféré tous
les autres antispasmodiques. Cependant quelques pra-* ticiens se sont bien trouvés de son emploi dans les cas de douleur de tête excessive , sans être accompa-^ gnée de stupeur. Le D.r Simmons Jui croit alors, beaucoup d’efficacité , tandis que Çheyne lui préfère les applications froides sur le front et les tempes, et mieux encore un vésicatoire à la nuque; il ne prescrit l’opium que pour calmer les évacuations bilieuses excessives par le haut et par le bas. 11 est certain qu’on ne saurait être trop circonspect sur l’adminis* tration de ce puissant narcotique ; lorsque sur-tout i’Hydrocéphalite est inflammatoire , il serait nuisible. Mais il sera utile dans l’Hydrocéphalite nerveuse , et même dans celle qui est gastrique , aussitôt que les symptômes essentiels ne seront plus entretenus que par une excitabilité excessive des parties. Je ne parle point des complications qui pourront le nécessiter. En général , il sera nuisible dans les derniers temps de la maladie.
Le musc a souvent réussi à calmer les symptômes nerveux contre lesquels on l’a dirigé , et beaucoup de praticiens le préfèrent à l’opium , dont il possède les qualités antispasmodiques sans causer de congestion cérébrale. Odier l’a uni au zinc et l’a trouvé trèsavantageux contre les convulsions; M. Heineken ne
sur l’hydrocéph alite. 18.7 se loue pas moins de son emploi. On pourra donc se promettre d’heureux résultats du musc donné seul , ou combiné à quelqu’autre substance , et sous la forme jugée la plus convenable , lorsque les phénomènes nerveux prédomineront, et sur-tout vers la fin de la maladie , parce qu’il tendra en même temps à soutenir / et à relever les forces.
Ce que nous avons dit du musc s’applique au castor eum , qu’on a rarement administré seul. Ses propriétés antispasmodiques et excitantes , bien inférieures à celles du musc, feront donner la préférence à celuici. On le prescrit en substance ou en teinture.
Le camphre a aussi été recommandé en pilules ou en potions. Baumes veut qu^on l’unisse au nitre ; alors son action excitante prédomine , et il convient lorsqu’il faut en même temps stimuler les propriétés vitales. Si l’on ne veut combattre qu’un état d’anxiétés et de convulsions, on l’associe avec un quart, plus ou moins, d’opium : cette combinaison est on ne peut plus avantageuse.
L’antispasmodique , peut-être le plus justement accrédité, est le zinc sous la forme d^oxide ou de sulfate. Une longue suite de succès lui a assuré le premier rang parmi les moyens vantés pour combattre les convulsions des enfans , et le rend très-précieux lorsqu’il s’agit d’attaquer les symptômes nerveux de l’Hydrocéphalite ; associé au musc ou à l’opium , sa propriété calmante acquiert plus d’efficacité et lui mérite plus de confiance. Avouons cependant que , dans cette cruelle maladie, on le trouvera souvent infidèle.
Tous les autres caïmans et antispasmodiques ont
été conseillés et plus on moins administrés : on peut y avoir recours toutes les fois que les accidens spasmodiques les indiquent. Ainsi on a souvent à se féliciter de l’emploi de l’éther sulfurique , du gu y de chêne , delà valériane, de Tatropa bella doua, de l’extrait de jusquiame , de l’assa fœtida , etc. Ils ne présentent , dans leur administration , aucune particularité : on doit les prescrire à toutes les époques de la maladie, quand les circonstances les requièrent : on ne craindra point de forcer un peu la dose. Le mode d’administration est soumis à la sagacité du médecin , qui jugera quand il devra les donner seuls ou combinés de diverses manières.
La propriété sédative de tous les antispasmodiques ne les rend vraiment utiles et recommandables que dans THydrocéphalite nerveuse, ou lorsque, momentanément , quelque symptôme spasmodique intense en réclame le secours.
Sternutatoires . Ils ont été peu usités , quoique Underwood ait dit ^ qu’après la saignée pratiquée dès le début , il était utile de recourir aux sternutatoires, et que le traducteur de Fothergill les mette au nombre des moyens les plus convenables. La sécheresse des narines , leur occlusion par le mucus desséché , et la respiration qui se fait par la bouche, les rendent d’une utilité bien précaire , si ce nJest tout-à-fait dans le principe de la maladie , ou vers la fin lorsque la sécrétion paraît se rétablir. Une observation de Maiachi Foot est bien capable de les recommander à l’attention des praticiens. Un de ses fils, âgé de cinq ans, fut affecté d’Hydrocéphalite , et malgré l’usage du calomélas et des épispastiques , la maladie marchait rapi-
suti l’hydrocéph alite. 189
Renient à «ne terminaison fatale. « Le père , désespéré , eut recours aux siernuiatoires et de préférence au tabac macouba , dont chaque prise , en excitant un éternuement violent , faisait sortir par les narines une quantité d eau claire , quelquefois si considérable , qu'un mouchoir s'en trouvait complètement imbibé en 1 5 ou 20 minutes. Cet effet inattendu améliora en peu de jours J état de l’enfant, et fit espérer sa guérison. On revint plusieurs fois au même moyen , après des pauses plus ou moins longues, selon qu’elles étaient indiquées par l’amélioration du malade qui se trouva bientôt complètement guéri à l’aide de quelques légers excitans employés postérieurement. » 11 n’ose pas décider si la guérison est due à une communication des vaisseaux du cerveaiii avec ceux des narines, ou à une simple sympathie réveillée par les secousses violentes et réitérées qui eurent lieu. M. Coindet s’est quelquefois servi de la poudre St.-Ange , et croit en avoir obtenu une amélioration dans les symptômes. M. ïtard donne la préférence à la fleur d’arnica en poudre (1).
Topiques. Les applications chaudes et émollientes sur la tête seront avantageuses dans la période d’irritation; elles ont, entr’autres , été recommandées par le professeur Baumes. « Alors l’expansion du tissu cutané et l’augmentation locale de la transpiration , qui résultent de l’application de topiques émolliens, exécutent
(1) Comme les narines sont sèches et bouchées par l’accumula-1 * * 4 tion du mucus durci, il est indispensable, pour favoriser l'action
de3 sternutatoires , de les déboucher en y instillant ou seringuant
un peu d’eau tiède. Cette précaution est très- utile , lors même
<ju’on n’est pas dans l’intention d’employer des errhins.
une véritable dérivation , pendant que le bien-être procuré par sa douce chaleur et par l’impression de son mucilage sur les papilles nerveuses de la peau , diminue les vibrations douloureuses de l’arbre sensitif , et dispose l’organisme à un relâchement favorable au retour de l’équilibre. » Ces fomentations ou cataplasmes émolliens conviendront sur-tout lorsque i’Hydrocéphalite sera de nature inflammatoire, et seront inefficaces dans l’Hydrocéphalite gastrique. On n’oubliera pas qu’ils seraient nuisibles après la période d’irritation.
M. Coindet a plusieurs fois placé sur la tête des sachets de son bien chaud et en a constammant obtenu un bon effet que ne lui ont jamais procuré les réfrigéra ns.
Les applications résolutives 9 aromatiques ou alcooliques 9 conviennent dans la seconde période lorsque l’inflammation éprouve de la rémission et que l'épanchement se forme ou est formé. MM. Baumes et Heineken les recommandent; le premier faisait des frictions aromatiques sur la tête, et immédiatement après, appliquait des sachets aromatiques. Heineken veut qu'on fasse en même temps des applications aromatiques et des lotions avec l’alcool chaud ou la teinture de cantharides étendue.
Les bains entiers et les demi-bains chauds ont été conseillés. M. Heineken leur reconnaît la vertu d’augmenter l’exhalation cutanée , et de modérer les désordres de la circulation et de Faction nerveuse. On les fait avec l’eau simple , ou le lait si Féréthisme est excessif : lorsque la torpeur et la faiblesse succèdent j on les remplace par des bains de savon , de
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valériane, de camomille, de vin. On s’est privé dîme médication bien avantageuse, en négligeant trop jusqu’à ce jour l’emploi des bains pour les enfans.
M. Itard vient de fixer l’attention sur un moyen puissant de guérison , les bains de vapeur : en provoquant par leur ministère des sueurs considérables, il a deux fois obtenu des succès qui détermineront les praticiens en faveur d’une médication aussi efficace. Ce serait faire tort à l’auteur que d’employer un autre langage que le sien; je vais le laisser parler: «Rien de si simple que ces bains de vapeur auprès du lit du malade : on chauffe une baignoire vide , en la lavant avec de l’eau bouillante , ou en la tenant pendant quelques minutes renversée sur un réchaud allumé. On y place ensuite le malade sur un tabouret bas , et les pieds également posés sur un support ; on verse alors dans la baignoire , en lui faisant momentanément retirer les jarpbes vers le tronc, cinq ou six pintes de liquide bouillant. J’ai observé, d’après quelques essais comparatifs , que celui qui excite le plus efficacement la transpiration, estime décoction de fleurs de sureau dans le vinaigre. Une couverture de laine tendue sur la baignoire et tournant autour du col du malade, ne lui laisse que la tête dehors. On couvre cette partie avec une serviette pliée en plusieurs doubles , et trempée dans l’eau froide. Au bout de y ou 8 minutes , la sueur de la figure annonce celle de tout le corps. On laisse encore quelques minutes s’écouler, et bon retire le malade pour le coucher dans un lit chaud. » Depuis que je connais ce moyen , j’ai voulu l’employer pour lin enfant de deux ans , mais l’état d’agitation et d’impatience du malade n’a jamais
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permis de l’v faire res(er un moment. Prenons garde qu’il ne suive pas la mode.
M. Coindei a voulu, par analogie avec le typhus* faire des lavages à l’eau froide , et les a vus aggraver les symptômes.
Les applications froides sur la tête ont joui, dans ces derniers temps, d’une grande faveur; mais on les associait aux pédiluves chauds, qui , de cette manière, opéraient une révulsion plus complète. M. Heineken les croit très-utiles , mais seulement pendant la durée de la congestion. Cheyne a recours aux lotions froides sur le front et à un vésicatoire à la nuque lorsque la douleur de tête est très-grande. M. Formey en a peut-être exagéré remploi ; il veut qu’on provoque un froid habituel très-intense , soit en réitérant les affusions dtether sur la tête, soit en la tenant couverte de glace , soit enfin en y laissant tomber constamment un petit filet d’eau glacée. Le dernier moyen , auquel il accorde la préférence, convient lorsque l’enfant ne connaît plus; il le fait exécuter jour et nuit, l’enfant sur son séant et couvert d’une toile cirée qui borne à la tête l’action de la douche et du froid; il fait cesser quand le malade reprend connaissance. Les succès des réfrigérans ne sont pas assez positifs pour mériter beaucoup de confiance: le mal qu’ils peuvent causer ne permettra d’y avoir recours qu’avec beaucoup de prudence et de modération. S’ils peuvent être avantageux , ce n’est que lorsque une chaleur et une douleur excessive de la tête se trouveront unies à une grande agitation nerveuse.
Je ne parle pas despédiluves ni des topiques irritans: je rappellerai seulement que l’emplâtre de bétoine
sur l’hydrocephalite. ig3 appliqué sur la fontanelle peut calmer les convulsions.
! Trépan . Hippocrate a dit adhibitis medicamentis si non sanatur , ai put ad cerebrum ipsum perforandum esse . On en a conclu qu Hippocrate avait indiqué le trépan dans l'Hydrocéphale aiguë ; mais comme il n’a parlé dans cet endroit que d’une Hydrocéphale externe ? l’operation cesse d’être téméraire. On s’appuie encore de la pratique de Forestus , qui rapporte quelques observations où le trépan fut couronné du succès : l’insuffisance des détails rend ces faits absolument nuis pour la science. Lecat a voulu remettre en usage la ponction du cerveau dans l’Hydrocéphale chronique : ses espérances n’ont point été réalisées , puisqu’il n’a fait que hâter la mort. Quoi qu’il en soit , faudra-t-il trépaner dans FHydrocéphalite ? Presque tous les praticiens gardent le silence. Le D.r Henrick W at son nous fait désirer que , par de nouvelles expériences , il montre dans le trépan une ressource assurée contre l’Hydrocéphaîite arrivée au plus haut degré. Au lieu d’une vessie pleine d’eau qu’un boucher lui disait être placée sur le cerveau des moutons qui périssaient du tournoiement , ayant trouvé le ventricule rempli de sérosité , il pratiqua l’opération du trépan sur un mouton pris de la même maladie , couché sur la litière 5 aveugle et insensible à l’approche d’un chien. La duremère fut un peu déchirée par le trépan , sans qu’il s’écoulât de l’eau : une lancette plongée dans la direction des ventricules , fit sortir cinq ou six onces d’un liquide limpide : les tégumens furent rapprochés et on laissa l’animal. Le lendemain, le mouton était parfaitement bien ; il mangea de l’herbe et ne voulut jamais
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se laisser toucher. Il survécut 17 jours sans aucun symptôme de retour. La mort parut causée par une grande quantité de mouches qui s'attachèrent sur la pîaie , l’irritèrent et produisirent consécutivement une céphalite. W atson ne doute pas que la guérison n’eût été certaine ^ si l’animal avait pu être soigné convenablement : il se propose de répéter F épreuve aussitôt que l’occasion ,s’en présentera. Malgré nos vœux pour un succès complet, je crois que le trépan ne sera jamais qu'une ressource désespérée et bien inutile. La plaie du cerveau , le coliapsus de cet organe , la solidité de sa cavité , l’introduction de l’air , l’impossibilité de vider en totalité le fluide épanché , et sur-tout d’en prévenir une nouvelle accumulation , ne donnent pas beaucoup d’espérances. M. Rossi a rencontré le seul cas peut-être qui promette du succès : par une simple ponction entre les sutures écartées , il a retiré à diverses reprises six livres d’eau , et le malade fut guéri en 20 jours.
Les boissons dont le malade fera usage ne présentent pas de moins nombreuses variétés que les autres médicamens. Les uns ont eu recours aux sudorifiques, entr^autres à la squine ; les autres aux boissons mucilagineuses et diurétiques ; quelques-uns aux boissons acidulées; le plus grand nombre à une tisane délayante simple , à moins qu’il n’y eût queîqu’autre indication. La boisson doit varier selon l’époque de la maladie , et la forme sous laquelle elle se présente. Dans le principe on aura recours aux délayans et aux mucilagineux , orge, violette , chiendent , guimauve , etc. qu’on pourra aciduler. Pendant la deuxième période , on rendra la tisane diurétique et légèrement
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antispasmodique ; et dans la troisième elle sera tonique et stimulante : tels sont l’arnica , la valériane 9 le vin. De même on variera pour chaque espèce d’Hy* drocéphalite : la maladie est - elle inflammatoire * comme dans la première période , on insistera sur les boissons délayantes et acidulées ; est-elle nerveuse , on les rendra antispasmodiques parle tilleul, la laitue 5 l eau de fleurs d’oranger. Si elle est gastrique , les boissons acidulées seront utiles ; mais si l’irritation de l'estomac est trop vive , les caïmans et les mu ci la gineux conviendront. Enfin, si une crise paraît s’établir par quelque évacuation , la tisane sera , autant que possible , propre à favoriser la tendance de la nature.
Il ne faut pas croire que chaque espèce de médicamens ait été administrée exclusivement , toujours ils ont été combinés. Ce qu’il importe de remarquer ÿ c’est que les variétés de 1 ’Hy drocéphalite n’ayant pas été bien appréciées, chaque médecin se fait une idée particulière de la maladie et du médicament à lui opposer , et son esprit prévenu plie aisément toutes les circonstances à sa manière de voir ; c’est un masque qu’il prête à tous les objets , et qui empêche de les voir tels quûls sont. Aussi , dans les associations médicamenteuses que chacun a faites , le voyons-nous recommander avec prédilection un remède , et ne parler des autres qite d’une manière accessoire , et lorsque des complications en réclament Fusage. Quelque méthodiques que parussent les différens plans de traitement, ils ont dû souvent être en défaut , puisqu’ils étaient uniformes , et que la maladie ne l’est pas. Il serait facile de nous convaincre que telle est la raison qui porte encore beaucoup de praticiens à
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accuser l'impuissance de l’art et l'insuffisance des moyens employés.