PRONOSTIC
Après ^Hydrophobie , l'Hydrôcéphalite est une des maladies le plus souvent et le plus promptement mortelles, Cependant, malgré le danger imminent dont elle est toujours accompagnée, je ne crains point de porter un pronostic plus avantageux , possédant cinq observations de guérison sur treize personnes que j’ai été appelé à suivre dans leur maladie , ce qui donnerait plus du tiers du succès. Ce résultat se rapproche beaucoup de celui de M. Bidault de V Hier s qui, d’après le relevé qu'il a fait, dit que sur 3%
malades 22 sont morts et i5 guéris, ét il pense qu'on peut sauver les deux-tiers des malades. Perchai compte avoir guéri 11 malades sur 26. Cheyne en a guéri 6 sur i5. M. Bouvier porte un pronostic encore plus favorable ; il croit pouvoir assurer que, prise à temps, l’Hydrocéphalite est toujours guérissable, et que si elle est si souvent incurable, cela tient à ce que le médecin n'est appelé que lorsque la maladie a fait des progrès irréparables. M. Ilard vient d’ajouter aux espérances de succès dans son savant article du Dictionnaire des sciences médicales. Les calculs à'Odier sont un peu plus funestes; il établit, d après ses observations et le relevé des malades qui en meurent annuellement à Genève, qu’il n’en guérit qu’un sur quatre. Mais, en remontant à une époque plus voisine de la connaissance de la maladie, les praticiens s’accordent à la déclarer mortelle. Whytt a vu vingt malades, et tous sont morts. W al son n’en a sauvé qu’un sur dix. Fothergill avoue ne pouvoir proposer aucun moyen probable de guérison , la maladie ayant éludé tous ses efforts , aussi bien quand il a été appelé seul que lorsqu’il s’est trouvé en consultation avec les plus habiles médecins. Nisbet , Thomas , Willermer n’ont pas été plus heureux , et déclarent avec Boerhaave la maladie audessus des ressources de l’art,, prétendant, malgré les succès de Murray , que ceux qui ont cru l’avoir guérie se sont trompés sur la nature et le diagnostic de l’affection qu’ils ont eu à traiter. C’est aussi le doute qu’ont voulu élever Underwood,Haliday et MM. Col- Unet et Ducasse. Camper a partagé leur opinion , et éloigne meme l’emploi de tout remède, dans la crainte d’aggraver le mal. Barailon va plus loin, puisque.
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fil al gré sà terminaison rapide , il est étonné Qu’elle n<3 soit pas plus promptement mortelle. Cependant le D/ Haliday rend compte du succès qu’il a obtenu de l’application des vésicatoires sur la tête et des cataplasmes âcres aux pieds , Conjointement avec Padmi* nistration intérieure du caloméîàs uni au jalap.
Il reste démontré que, toujours grave et terrible $ rilydrocépliaîite a cessé d’être aujourd’hui une maîa« die incurable. Espérons, avec le D.r Bouvier , que la maladie deviendra moins dangereuse à mesufe qu’elle sera mieux connue , et que le traitement rendu plus méthodique pourra être employé assez tôt*
Il est des circonstances qui apportent quelques modifications dans le pronostic. C est ainsi que, d’après l’observation de Fothergill qui, il est vrai , ne saigna jamais, l’HydroCéphalite est. plutôt fatale chez les individus forts et vigoureux que chez ceux d’une complexion faible ou maladive. Elle est aussi beaucoup plus grave chez les adultes que chez les enfans; cepem dant Gondinet a tort d’avancer qu’aîors elle est toujours mortelle. Elle est mortelle , quand elle succède à une maladie chronique , à une altération organique du cerveau et même , selon CoitideA ^x une fièvre bilieuse ou à une scarlatine. L’époque où le médecin sera appelé fera encore varier son jugement: à son début, Phydropisie des ventricules offrira de plus grandes espérances que lorsqu’elle sera arrivée à la 2.e période; et, parvenue à la 3.e, elle sera au-dessus des ressources de l’art* L'observation du jeune Cunningham citée par Arms« trong , et celle du professeur Baumes doivent nous engager à ne jamais désespérer entièrement : dans les deux cas P écartement des sutures avait lieu , et les
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malades guérirent. Si l’on peut statuer quelque chose sur la seule circonstance où elle a paru épidémique , je la regarderai alors comme beaucoup plus grave ; elle était mortelle lorsqu’on laissait passer le premier moment sans apporter les secours les plus prompts.
LHydrocéphalite subaiguë, donnant au praticien plus de temps pour agir, offre en général moins de danger que celle qui est aiguë. Les trois variétés sont fâcheuses, lorsqi/eîles sont abandonnées à la nature ; mais par les soins méthodiquement administrés, l’Hydrocéphalite inflammatoire est la plus facile à guérir , et la nerveuse se montre la plus rebelle.
Concluons que l’Hydrocéphalite est une affection des plus graves; que, le plus souvent mortelle, elle offre cependant quelques chances de succès au praticien qui , attentif aux plus petites circonstances surtout chez les enfans , saura reconnaître de suite la maladie , et lui opposera toutes les ressources que l’art met en son pouvoir.
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