I. Traitement générai
Moyens hygiéniques . Une précaution bien essentielle est d’éloigner du malade tout ce qui peut l’exciter art physique comme au moral. L’air de l'appartement sera plutôt frais que chaud \ Fothergill avait observé que la chaleur de l'atmosphère aggravait le mal* Le malade sera placé dans un lieu peu éclairé et éloigné de tout bruit. Il sera couché horizontalement , mais* la tête élevée et appuyée sur un oreiller un peu dur. La diète ne sera pas rigoureuse , excepté les premiers jours; mais on interdira les alimens échauffa ns , et on ne permettra que Dusage des bouillies à l’eau ou au lait , les fruits d’été crus ou cuits. On évitera sur-tout de fixer l’attention par des objets minutieux ou capables de trop exercer les fonctions intellectuelles. On s’interdira également tout ce qui pourrait contrarier le malade , le chagriner , lui faire de la peine ou trop de plaisir ; une émotion vive quelconque sera toujours
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jdtirs funeste. On ne le fera point causer , la conversation l’appliquerait trop. Enfin on ne lui laissera voir ni lés objets ni les personnes qui pourraient réveiller en lui quelque grande passion.
Moyens pharmaceutiques. Considérées d’une manière générale , les indications que présente FHydrocéphaiite ne sont point les mêmes dans les trois périodes t dans la première , combattre ou déplacer l'irritation et la congestion locale , voilà le but du praticien ; dans la seconde , il aura de plus à lutter contre l’ex-
halation séreuse augmentée \ dans la troisième , il se proposera de déterminer l’absorption de l'épanchement , de soutenir les forces $ et de réveiller l’action vitale#
i.re Période. L’indication la plus urgente est de faire cesser l’état d’éréthisme et de congestion qui s’est opéré vers le cerveau i pour la remplir, le moyen le plus efficace consiste dans les évacuations sanguines générales ou locales , plus ou moins réitérées selon l’intensité des symptômes , le tempérament et Fâge du malade. Quelquefois une Ou deux sangsues atteindront le but qu’on se propose; d’autres fois il faudra répéter hardiment des saignées copieuses. Le médecin apprêt ciera le mode d’évacuation le plus convenable , et l’endroit ou il sera plus avantageux de saigner. Les dérivatifs et les révulsifs viendront seconder les effets de la saignée : on appliquera un vésicatoire à la nuque ou sur la tête , et l’on recourra en même temps aux pédiluves chauds et aux sinapismes aux membres inférieurs. Pendant l’action des pédiluves on retirera d’exceîiens effets des réfrigérans sur la tête. Une bois-» ison délayante et une potion tempérante ou antispas-*
modique sont les seuls médicamens internes vraiment
utiles.
2.me Période . A cette époque , le médecin mettra en usage une médication active. Tous les moyens propres à opérer une puissante dérivation seront invoqués ; c’est alors sur-tout qu’il faut substituer irritation à irritation. Les saignées ne sont plus d’aucune Utilité , à moins que des symptômes inflammatoires intenses ne les nécessitent encore , ou que le médecin , appelé trop tard , n’ait pu y recourir dès le principe; mais il en sera plus avare ^ et craindra, par de trop grandes évacuations, d’augmenter la pléthore séreuse, ïi convient sur-tout d’agir sur les voies digestives , et le calomélas sera le médicament sur lequel il insistera avec le plus de probabilité de succès : si , malgré son administration à haute dose , le canal intestinal reste paresseux , il associera des purgatifs un peu énergiques au sel mercuriel , et les continuera selon les circonstances. Pendant cette période , il obtiendra de bons effets de l’extrait de quinquina 9 lorsque des paroxismes réguliers ou ataxiques en nécessiteront l’emploi : les préparations scillitiques conviendront lorsque l’Hydrocéphalite devra son existence à une affection liydropique, ou que la nature semblera choisir les voies urinaires pour opérer la crise : les vésicatoires et les autres dérivatifs seront appliqués le plus près possible du siège du mal : les lotions froides sur la tête seront rejetées ; il obtiendra quelques avantages des topiques aromatiques et résolutifs , et des frictions avec la teinture de cantharides ; les lavemens irritans et purgatifs seront quelquefois administrés utilement ; les ster natatoires ? malgré la difficulté de les porter dans
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les narines, seront aussi d’un grand secours; il sera très-utile de combiner les frictions mercurielles avec le calomélas : enfin les bains de vapeurs détermineront une sueur le plus souvent critique. J’ai assez insisté sur chacun de ces moyens en particulier, pour me dispenser ici d’en parler plus longuement.
3 .me Période. A mesure que ie mal fait des progrès* il offre moins d’espérance de succès , et n’en réclame pas moins impérieusement les secours les plus puissans, autant pour provoquer l’absorption de la sérosité épanchée dans les ventricules , que pour réveiller les propriétés vitales et soutenir les forces sans lesquelles toute espèce de réaction serait nulle. Tout n’est pas désespéré ; mais le praticien ne se bornera plus aux sinapismes et aux vésicatoires ; il trouvera des moyens d’excitation plus énergiques dans les moxa brûlés à la nuque , sur la tête ou derrière les apophyses mas— toïdes ; dans l’application du cautère actuel sur les mêmes lieux ou à la plante des pieds : je ne crois pas moins efficaces les frictions avec la pommade stibiée vers la partie inférieure de la nuque , ou sur tout autre endroit propice , par exemple, sur la région hépatique , si le foie participe à la maladie ; quoique profonde et assurée, leur action étant très-lente, il est indispensable de les commencer dans le courant de la seconde période. Il augmentera la dose du calomélas , et ne craindra jamais d’aller trop loin : on en a donné jusqu’à deux grains par heure : if fera des frictions mercurielles sur presque toute la surface du corps , et pansera les vésicatoires en suppuration avec honguent mercuriel. Il combinera l’extrait de quinquina à haute dose avec le muriate de mercure doux^
et dans les circonstances indiquées , il employera la poudre et l’extrait de scille. Il tirera peut-être un parti plus avantageux de l’administration d’un vin généreux et sur-tout du vin d'Espagne, de quelques gouttes souvent réitérées d’ammoniaque dans une cuillerée de tisane ou de potion, et même du camphre, du musc, du eastoréum, de la valériane, de l’arnica. Les drastiques seraient nuisibles pendant ce stade, la faiblesse en serait le résultat indispensable. Les topiques résolutifs sur la tête , les frictions avec la teinture de cantharides, et le filet de douche conseillé par M. For viey offriront quelques ressources. Les sternutatoires ne seront pas négligés , quoique peu de faits encore parient en leur faveur. Enfin on insistera sur les bains de vapeurs.
Que l’Hydrocéphalite soit aiguë ou subaiguë , le même plan de traitement général convient. Cependant la lenteur de la marche , les symptômes souvent douteux de la deuxième espèce, une excitation moindre, et le plus souvent une débilité constitutionnelle ne permettent guère d’avoir recours aux évacuations sanguines, et exigent d’insister plus particulièrement sur les excitans du système absorbant, sur les dérivatifs et sur les toniques. Ainsi les purgatifs réitérés et surtout le mercure doux , le quinquina et les autres amers, les préparations scillitiques, les vésicatoires, les lotions aromatiques et excitantes, celles avec un mélange de vin scillitique et d’eau de mélisse recommandées par M. Liard , les émétiques dans le cours et sur-tout au début composeront par leur habile distribution le traitement de cette espèce.
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IL Traitement des Variétés.
Hydrocéphalite nerveuse. Les sangsues seront appliquées , mais (Lune manière modérée , aux tempes et au col : les topiques émolliens et anodins sur la tête seront très - avantageux ; les bains entiers ou demibains d’eau simple, ou mieux de lait tiède , produiront d’excellens effets. Les révulsifs sur les membres inférieurs par les sinapismes et les pédiluves chauds seront préférables aux dérivatifs, qui , agissant trop près de l’organe malade, ajouteraient à l’exaltation nerveuse. Quelques tisanes délayantes et antispasmodiques , des potions également antispasmodiques composeront les boissons du malade. Le sulfate de zinc conviendra beaucoup : c’est la seule variété ou les narcotiques soient utiles. Les bains de vapeurs ne peuvent être mis en usage , à moins que ce ne soit comme caïmans , et alors on les ferait prendre avec l’eau de mauve , de laitue , etc.
Dans la seconde période, les mercuriaux, les toniques du système nerveux, valériane, camphre, etc. , la liqueur de corne de cerf succinée seront combinés avec les médicamens de la première période. La sciîle serait dangereuse par sa propriété stupéfiante ; l’emplâtre de bétoine sur la fontanelle trouvera l’occasion d’être employé ; il est même préférable aux lotions froides que le D.r Cheyne met en usage dans les- ca$ de douleurs excessives de la tête. Les bains de vapeurs seront très-utiles.
La troisième période se trouve assimilée à celle de la maladie considérée d’une manière générale , et ne
présente pas d'indication particulière , si ce n’est d’insister sur le camphre, le musc$ la valériane et tous les autres médicamens de la même classe*
Hydrocèphalite inflammatoire. Dans cette variété , le praticien recourra aux saignées générales et locales , sans crainte cfafïaiblir les malades. Ce serait une coupable erreur que de vouloir ménager les forces; elles ne sont que trop considérables , et pour guérir il faut
les abattre. C’étaient des Hydrocéphalites inflamma-
toires qu’a traitées le D.r Anglais, qui, au rapport de M. Bidault de Viliers, sur six malades en a sauvé cinq par de copieuses saignées. Quoiqu’elles puissent arrêter brusquement la maladie , il sera indispensable de s’aider de tout ce que la thérapeutique offre de plus efficace contre l’Hydrocéphalite : bains tièdes entiers, pédiluves chauds, fomentations et cataplasmes émoiliens , révulsifs et dérivatifs, boissons délayantes et tempérantes. Ce n’est que dans la deuxième période qu'il sera permis d’en venir à l’emploi du caloméîas ; et si le malade n’avait encore reçu aucun secours , les évacuations sanguines seraient la première indication à remplir, en leur associant' de suite les autres moyens les plus actifs, tels que le caloméîas seul, ou combiné au jalap lorsque la constipation est opiniâtre. On cherchera aussi à porter aux urines par la terre foliée de tartre, le sel de nitre, la liqueur de corne de cerf succinée , et non par les scilli tiques. De tous les médicamens celui qui remplira le mieux le but qu’on se propose , c’est la digitale pourprée. Elle agira et comme diurétique, et comme tempérant de la circulation. On peut la prescrire aussitôt que la malaclie commence, et la continuer en augmentant, jusqu’à ce
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que les pulsations artérielles tendent à devenir trop faibles. On ne craindra pas non plus de prodiguer les rubéfians, et les irritans cutanés les plus vioiensv Enfin les bains de vapeurs seront d’un grand secours.
Le quinquina, le vin, le camphre, etc. ne conviennent que dans la troisième période. Ici , comme* dans les autres variétés , c’est à réveiller Faction vitale , soutenir les forces, et activer le système absorbant , que doivent tendre tous les efforts de Fllomme de Fart : il n’y a aucune indication particulière à remplir.
Hydrocèpholite gastrique. Combattre l’état saburral des premières voies, Voilà la première et indispensable indication. C’est donc par un émétique qu’il faut commencer le traitement de cette variété, et c’est en le* réitérant plus ou moins , qu’on en obtient des effets vraiment surprenans. Quelques sangsues près de l'organe malade, les pédiluves chauds, et en même temps les réfrigérans sur la tête seront d’un grand avantage. Si les premières administrations du tarir i te antimonié de potasse Couvrent pas le ventre , nri émétocathartique ou un purgatif devient nécessaire. Lorsque , malgré Faction renouvelée du tartre stibié,îes vomis* sein eus continuent avec la même intensité , il est indiqué de les calmer avec quelque absorbant , tel que la magnésie à laquelle on associe les antispasmodiques; la potion de Rivière, ou autre analogue, sera un moyen avantageux : Fcthcrgill faisait prendre quelques gouttes de teinture thébaïque. Un vésicatoire ou un bouton de feu sur l’épigastre promet aussi un plein succès. On recourra en même temps aux dérivatifs et aux révulsifs les plus appropriés*
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La deuxième période ne présente d’autre indication particulière, que celle dissocier les purgatifs aux mercuriaux, et de les combiner avec les autres moyens les plus justement accrédités. Il en est de même de la troisième période. L’action stimulante de la scille sur le tube intestinal la fera employer avec avantage.
Il est quelques autres modifications à apporter dans le traitement, selon la cause qui a produit la maladie: par exemple , dans la scarlatine , après les évacuations sanguines, il faut de suite employer les dérivatifs , et administrer intérieurement les diurétiques et sur-tout la digitale.
Ainsi , que le médecin ne se flatte pas de réussir dans toutes les occasions avec le moyen unique qu’il aura mis en usage et qui lui aura réussi : non seulement il est des Hydrocéphalies au-dessus des ressources de l’art ; mais un grand nombre , traitées d’après les indications qu’a fournies une variété différente , ont été mortelles, tandis qu’elles eussent, par le succès d’un traitement approprié, attesté les bienfaits de la médecine. Ce n’est point par les saignées seules qu’il faut attaquer l’Hydrocéphalite , ce n’est point par les émétiques seuls , ce n’est point non plus par les seuls antispasmodiques , c’est par l’application bien déterminée de ces différentes méthodes ; voilà le vrai spécifique, j-e n’en connais pas d’autre.
IÏI. T RAITEMENT DES COMPLICATIONS.
Malgré les variations que doivent apporter les Complications dans le traitement de l’Hÿdrocéphalite, ^observerai que la gravité du mal, sa tendance rapide
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à une terminaison funeste , ne laissent le plus souvent au praticien que l’alternative de voir périr le malade, ou d’attaquer directement la maladie , sans avoir égard à la complication. Loin de moi , cependant , l’idée de faire un précepte général de cette conduite; il en résulterait de terribles inconvéniens dans la pratique , et bien des malheureux qui auraient échappé à l’Hydrocéphalite succomberaient à l’affection secondaire dont on Saurait tenu aucun compte.
Lorsque l’hydrocéphale aigue sera compliquée avec une des fièvres dites essentielles , il sera facile d’associer au traitement ordinaire, selon la nature des symptômes fébriles, tantôt les saignées, tantôt l’émétique, les purgatifs, d’autres fois les mucilagineux ouïes amers; enfin le quinquina, le camphre, le musc, etc.
Si une phlegmasie vient coexister avec l’Hyd encéphalite , suivant l’importance de l’organe affecté et la violence des symptômes inflammatoires , on insiste plus ou moins sur les saignées générales ou locales relativement aux viscères malades, et sur les dérivatifs et les révulsifs : ainsi, dans l’inflammation du foie , on retire de très-bons effets d’une suffisante quantité de sangsues sur la région hépatique, et dffin vésicatoire qu’on leur fait succéder. L’inflammation des intestins mérite l’attention la plus scrupuleuse : le médecin ne doit pas un s«td instant perdre de vue l’état des voies digestives; elles lui servent bien des fois de boussole dans le choix des moyens qu’il doit employer. Les drastiques et meme le caîomélas à haute dose, lorsque le canal intestinal est phlogosé, sont de vrais poisons en augmentant l’inflammation qui devient bientôt plus dangereuse que LHydrocé-
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phalite même, j’ose le dire , 6 heyne eût sauvé plus dé malades, s’il avait moins abusé des purgatifs. Dans cette circonstance il faut donc rejeter les purgatifs et ne recourir qu’avec prudence au mercure doux : il est même préférable de se servir de frictions mercurielles, et d’insister sur les irritans extérieurs , pendant qu’ intérieurement on se tient aux délayans mucilagineux. Les demi-bains sont très-avantageux, ainsi que les bains de vapeurs*
La simultanéité du carreau avec l’Hydrocéphalite exclut aussi l’emploi excessif des purgatifs et des irrn tans intestinaux ; ils accéléreraient la marche du tabès mésentérique.
Une hydropisie quelconque, l’anasarque, préexistant à FHydrocéphalite ou développée en même temps, réclament l’administration des diurétiques.
La complication vermineuse est facile à combattre y le mercure doux est lui-même un anthelmipthique puissant auquel on peut associer , comme le Conseille Fothergill , la décoction de semences de santoline, et en même temps 3o ou l\o gouttes d’huile de térébenthine dans une tasse de bouillon ou de lait bouilli avec de l’aloes. Gardons-nous de faire , avec le médecin Ànglois, de cette pratique un précepte général.
Dans l’état actuel de la science , il est difficile de pousser pî«s loin cette partie de la thérapeutique de rHydrocéphalite , sans s’exposer à accorder beaucoup aux conjectures. Le praticien attentif suppléera bien aisément à ce que le manque de faits n’a pas permis d’ajouter à ce tableau pour le compléter.
SUR i/ll YDROCÉPHALITE.