‹ Essai sur l'hydrocéphaliteChapitre 27 sur 27 · CONVALESCENCE · texte numérisé non relu

CONVALESCENCE

Le mieux obtenu doit faire redoubler de zèle et d’activité , bien loin de produire une sécurité souvent perfide. Combien de fois les symptômes les plus alarmans et la terminaison la plus funeste ne sont-ils pas venus renverser en un instant les plus grandes espérances fondées sur une amélioration considérable ! Mais lorsque, par la disparition successivedes symptômes, les fonctions et les forces se rétablissent, lorsqu’on un mot le malade est entré en convalescence, il serait bien imprudent de cesser l’emploi des moyens qui ont procuré d’aussi heureux résultats. On les continuera long-temps encore ces moyens précieux, et ce n’est que pas à pas et bien doucement qu’on en diminuera la dose jusqu’à leur cessation complète. Il sera bien essentiel d’entretenir long-temps un point d’irritation qui serve d’émonctoire soit derrière les oreilles , soit à la nuque : et lorsqu’on voudra les faire sécher, pour éviter une nouvelle métastase sur le cerveau, on établira au bras un vésicatoire qu’on laissera donner quelque temps afin d’opérer une révulsion complète, et alors il conviendra d’administrer plusieurs purgatifs.

Le régime ne sera pas soumis à une moindre surveillance : le malade ne se permettra long-temps que des alimens de facile digestion , en petite quantité et à des distances peu éloignées. Peu-à-peu il les rendra plus substantiels et reviendra ainsi à son régime antérieur. Il s’interdira sévèrement les boissons alcooliques en excès. Le moral sera maintenu dans un calme parfait. Les émotions un peu vives > le simple abandoa

3ü8 essai Sue ï^hydrocephalite.

des sentîmens les plus tendres de l’amitié donneraient à la sensibilité encore trop exaltée un assaut qu’elle ne supporterait pas impunément et qu^, trompant les plus belles espérances, précipiterait le malade dans le tombeau.

Le convalescent est peu exposé aux rechutes lorsque sa conduite est régulière et sans écart. Gomme la terreur qu’inspire l’Hydrocéphalite fait prendre des précautions outrées, autant pour la guérir que pour en prévenir le retour, il est peu d’exemples de récidive. Cependant M. Cheyne avertit que les malades sont quelquefois susceptibles de rechutes, quoique les six qu’il a guéris n’en aient éprouvé aucune. M. Matthey cite l’observation d*un ^nfant de trois ans qui guérit d’abord, fut plus de i5 jours convalescent, et retomba le 28.® jour de la maladie pour guérir une seconde fois. Le mal recommençant, le traitement recommence aussi; mais on sera beaucoup plus sobre sur les évacuations sanguines; c’est plutôt par la combinaison des autres moyens qu’on parviendra à ramener le calme et la santé.

Si l’Hydrocéphalite laissait une paralysie , une manie ou quelque autre névrose, il conviendrait de combattre cette maladie secondaire par tout l’appareil des moyens proposés contre elle lorsqu’elle est primitive ; on ne perdra pas de vue la susceptibilité de l’organe encéphalique que l’on craindra de trop augmenter. Le retour des forces ou d^une affection supprimée a sqfH pour dissiper ces infirmités consécutives.

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