‹ Essai sur l'hydrocéphaliteChapitre 8 sur 27 · FRÉQUENCE DE LA MALADIE · texte numérisé non relu

FRÉQUENCE DE LA MALADIE

L’Hydrocéphale aiguë est-elle une maladie nouvelle ou très-rare? Le silence des anciens serait peutêtre une présomption en faveur de sa nouveauté , si nous n’étions convaincus que les mal; 1;es de l’enfance étaient toutes, dans les temps reculés, a des vers, ou des convulsions , ou des accidens de la dentition , selon la théorie qui dominait. Aujourd’hui même , ces trois hypothèses jouent encore un rôle presque exclusif aux yeux de bien des pratriciens; mais, à mesure que l’Hydrocéphale interne et les autres maladies du premier âge seront mieux connues , la dentition ne sera plus qu’une fonction de développement, beaucoup moins dangereuse qu’on ne i*a dii; les convulsions ne seront , le plus souvent, que le symptôme d’une autre maladie; et les vers, cessant d’être la cause unique des maux de l’enfance , ne nécessiteront plus l’emploi abusif et meurtrier des anthelmintiques. Pourquoi , dira-

t-on peut-être, l’Hydrocéphale aiguë a-t-elle échappé

à la sagacité de tant d’observateurs distingués , ainsi quOdier en avait déjà témoigné son étonnement ? Il est facile d’en trouver la raison dans la nature même de l’esprit humain : né imitateur, il s’identifie bientôt avec les idées qu’on lui a inculquées dans son éducation ;

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il né voit et n’agit que d’après elles, et trouve toujours le moyen de leur rapporter tout ; l’habitude qu’il eri a, fait qu’il ne s’aperçoit pas des explications forcées auxquelles il est bien souvent obligé d’avoir recours. Je conclus donc avec assurance, que l’hydropisie du cerveau n’est point une maladie nouvelle, et que si! elle paraît plus fréquente aujourd’hui, c’est parce qu’étant mieux connue , elle est mieux observée.

Bans l’état actuel de la science , je ne crois pas qudl soit possible de préciser le nombre d’Hydrocéphaleâ aiguës , relatif à la populatioh de chaque pays. Oüief \ trouvé qifà Genève il périssait annuellement de cette maladie 12 à i3 personnes, qu’on sauvait im malade sur 4 9 ce qui donnait 16 à 18 en tout. Eten-* dant comparativement son calcul à la quantité d'Hy-* drocéphales qu’on doit observer chaque année à Pari sl* il en a estimé le nombre à plus de 4°°? dont cent seraient par conséquent susceptibles de guérir (1). ‘

M. Bouvier observe que la maladie, étant presque inconnue à un grand nombre de médecins , paraît moins fréquente que ne pourrait le faire présumer le nombre assigné par îe praticien de Genève • mais , d’après une pratique étendue qui lui a permis d’en rencontrer beaucoup , il croit pouvoir en porter te nombre à mille, dont ^5o devraient succomber , et répartissant proportionnellement ce nombre au reste de la France , il en conclurait une quantité inouïe

(1) Je n’ai pu vérifier s’il est vrai qu’il se soit rétracté dans la fruité, et qu’il ait reconnu d’une manière plus positive, qute sur sent malades, à peine on en guérissait a ou 3.

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d’Hydrocéphales aiguës et une dépopulation effraya ntë; Malgré les observations de M. Matthey , de Genève , dont il s’appuye, ce calcul ne peut être qu’exagéré J et, sans vouloir entreprendre de le réformer, je rappellerai seulement que les registres des villes étant des dépositaires fyien souvent mensongers , on ne peut guère leur ajouter foi. En m’autorisant du peu de malades que j’ai observés moi-même , je dirai que l’Hydrocéphalite est au moins trois fois plus fréquente que le croup, et je tiens delà plupart des praticiens les plus distingués de Lyon , que telle est aussi la proportion qu’ils pourraient établir. Serait-il vrai qu’en Hollande et en Suisse , les liabitans ne fussent point exposés à cette maladie , ainsi qu’on serait porté à le croire d’après les assertions de Camper et de Tissot , qui ne l’ont jamais observée dans ces régions ?

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