‹ Essai sur l'importance du commerce, de la navigation et de l'industrie, dans les provinces formant le royaume des Pays-Bas, depuis les temps les plus reculés jusqu'en 1830Chapitre 6 sur 126 · CHAPITRE SECOND · texte numérisé non relu

CHAPITRE SECOND

Eiai du Commerce , de V Industrie et de la Navigation , sous la domination de la maison de Bourgogne.

L*époque où Philippe de Valois duc de Bourgogne , fils du roi de France épousa la fiUe unique du comte de Flandre ^ dit Louis de Maie, et fit entrer dans sa maison des possessions considérables, est importante dans Thistoire du pays. Le commerce et l'industrie y avaient fait affluer les richesses du monde, que la navigation sur toutes les mers y amenèrent en abondance.

Les comtes de Hainaut , attachés aux comtes de Flandres par des liens de famille, firent une alliance commerciale (si Ton peut se servir de cette expression) entre leurs sujets respectifs. Ath, Mons et Yalenciennes furent renommées par leurs tisserands en toile et en drap; l'agriculture

s'y perfectionne, à Tinstar de celle de Flandre, les habitans des anciens champs uerviens devinrent comme dans le reste des Pays-Bas , les meilleui^ cultivateurs de TËurope. Au Nord des états flamands, les comtes de Hollande et les évêques d^Utrecht profitèrent des nombreux débouchés de leurs pays pour entrer en relation avec le commerce de Bruges. Les marchands flamands n'étaient assujettis à aucune douane sur les terres de Hollande ; Rotterdam s'agrandit ; Amsterdam acquit de l'influence par ses achats de grains dans les ports de la Baltique , enfin à l'Est du Brabant , les évéques de Liège encouragèrent l'exploitation de la houille, que l'on avait découverte à la fln dti XII« siècle; les rives de la Meuse et de la Sambre entrèrent en concurrence avec celles de la Haine pour fournir un combustible salubre et économique, et alimenter l'exploitation du fer, le plus utile des métaux. Le portet la ville deDamme, avaient dit-on, 45,000 habitans, le portdel'Ecluseétait toujours rempli de navires, Ypres et G)urtrai se peuplèrent d'artisans. Lille, 'Botnii et Orchies, dont les environs se couvraient chaque année des plus riches moissons de l'Europe, furent souvent convoitées par les rois de France. Arras et Tournay augmentèrent leurs riches manufactures de tapis. Alost gagna beaucoup par sa réunion à la Flandre. La plupart des villes en général avaient été agrandies et rebâties ; tel était l'état de splendeur de nos cités et il ne sera pas hors de propos de commencer ce chapitre par jeter un coup-d'oeil particulier, mais rapide, sur la situation de chacune d'elles, jusque vers la dernière moitié du XIV® et une partie du XV^ siècle.

Page 1