‹ Essai sur l'importance du commerce, de la navigation et de l'industrie, dans les provinces formant le royaume des Pays-Bas, depuis les temps les plus reculés jusqu'en 1830Chapitre 69 sur 126 · TIMBRE · texte numérisé non relu

TIMBRE

IPeffets de commerce fl. 66,670

De journaux indigènes » 42,132

De journaux étrangers » 3,218

D*aiBchpset d'avis » 14,991

Amendes sur le timbre » 13,607

HOLL. MKRID.

ANVERS

fl.

fl.

Tolal. . . . n. 140,618

Ces données sont très-importantes pour acquérir des notions exactes sur la vérilable marche de notre commerce et indus*

trie. M. WarÎD qui les a publiées , les a considérées comme les plus propres à nous renseigner à ce sujet.

L'auteur en a déduit la conséquence , que le produit du timbre des effets de commerce , est la meilleure preuve que c'est à Amsterdam surtout que se trouvent les capitaux et que se font les opérations de change ; parle produit du timbre de» journaux indigènes *) , M. Warin prouve que c'est par les journaux qui se publient à Amsterdam , ainsi qu'à Harlem , que l'étranger aussi bien que Tindigène , cherche pAus que par les autres journaux les annonces et autres nouvelles intéressantes pour le commerce. Il conste par le produit du timbre des journaux étrangers, qu'il se trouve dans la HoUande-Septentrfonale un plus grand nombre de personnes que dans la Hollande-Méridionale, qui s'appliquent à connaître ce qui se passe <^ Tétranger , bien que cette dernière province renferme l'université de Leyde , la résidence royale » Rotterdam et d'autres villes considérables.

Nous voyons par le produit du timbre d! affiches et d'avis^ que c'est encore à Amsterdam plus qu^ailleurs , que se font les ventes de marchandises. Enfin les amendes sur le timbre sont une conséquence naturelle de ce grand nombre de transactions qui se font dans la confiance qu'elles seront liquidées sans difficultés. Ces transactions n'ont été nulle part aussi fréquentes que dans la Hollande-Septentrionale.

M. Warin continue par expliquer, comment les droits d'entrée, de sortie et de transit ont rapporté plus dans la Hollande-Méridionale que dans la Hollande-Septentrionale f) il semble d'après son opinion que le droit de transit

*) Lc9 journaux imUgànes sont timbrés a l'endroit où ils sont imprimés; les, ipumaux étrangers sont timbré» là où ils sont distribués.

t) Ainsi que nous venons de le voir dans le tableau des produits par province.

doit beaucoup plu8 rapportei* aux embouchures du Rhin et de la Meuse, qu'il ne peut le faire dans la Hollande-Septentrionale,, mais (puisque les droits d'entrée paient plus que les droits de sortie) il est surtout enclin à penser que les arrivages plus abondans à Rotterdam, influent beaucoup sur cette différence.

Une partie de ces marchandises aura été transportée au marché d'Amsterdam, et c'est de là que se seront faites les exportations, ou c'est là que la consommation aura lien. Il parait plus difficile d'expliquer la grande différence du produit de ces droits entre les deux provinces susdites et celle d'Anvers; car il est connu qu'il entre beaucoup de marchandises à Anvers, lesquelles sont ensuite transportées à Amsterdam. Déjà depuis plusieurs années on se prêtait la main réciproquement. Et c'était à tel point la marche de notre commerce (conséquence naturelle de l'excellence du port d'Anvers et du siège des capitaux à Amsterdam) que, pendant l'année 1825 , l'importation des articles suivans a surpassé, d'autant que je vais l'indiquer, d'après des informations puisées à très-bonne source, l'importation des mêmes articles à Amsterdam. Ces différences sont toutes exprimées globalement et en chiffres ronds.

Gendres et potasses 7,000,000 liv. P.-B. (kilog.)

Bois de teinture 2,000,000 »

Indigo 260,000 »

Coton et laine 1,000,000 y>

Café 10,000,000 »

Poivre 480,800 »

Riz 300,000 »

Salpêtre 120,000 »

. Cacao 2,350 balles.

Cuirs secs 250,000 pièces.

Grains de lin 10,000 lasl.

Lee états de^ importations et des exportations , divisées en eeux d'entrée et de sortie par mer et par terre, doivent d'abord présenter l'ensemble de ces importations et exportations, tandis qu'à l'égard de l'entrée il est à remarquer qu'il f^ut en déduire ce qui n'entrait que pour transit *).

*) M. J. A. Drieling, référendaire de 1<^ classe au conseil d*état, a dans son ouvrage , Bijdragen tôt een vergeljjkimd overjiigt noor JVederlands Zeevaart en ffandêl 18S29, suivi cette mélhode, et avec des soins et des peines infinis il a réuni dans un seul cadre les importations et les exportations de près de six cents articles, formant le commerce des Pays-Bas, dont il a calculé la valeur pendant quatre années, savoir: 1824, 1825 , 1826 et 1827. C'est sur ces précieuses données que nous basons une grande partie l'importance du commerce pendant ce laps de temps, ayant, pour ainsi dire, «uivi l'auteur pas à pas.

Toutefois, pour donner une preuve d'impartialité, nous croyons devoir nous arrêter un iustant à l'examen d'une critique à laquelle l'ouvrage de M. Drieling a donné lieu. Cette critique a paru dans \e ffandelsblad d'Amsterdam du 9 mai 1829; elle était fort mor dérée et rendait au travail de ffl. Drieling toute la justice qu'il mérite. La première remarque du critique tend à prouver, que M.Drieling, en prenant pour moyenne des navires néerlandais une capacité de 102 tonneaux , se serait trompé , puisqu'on lit à la page 14 de son ouvrage que pendant les années 1824, 1825, 1826 et 1827 le nombre des navires entrés dans nos ports ou qui en sont sortis, s'élève à 49,955, jaugeant ensemble 4,888,907 tonneaux , ce qui ne donne pas encore une moyenne de 100 tonneaux.

La seconde objection du critique, c'est que M.Drieling aurait dépeint la situation de nos grandes pêcheries (la pèche aux harengs)>avec des couleurs trop brillantes.

En troisième lieu le critique conteste que l'on ait pu prendre pour base de calcul Ii^ valeur en numéraire des importations et des exportations de 1824 à 1827, attendu que les prix de certaines denrées ont éprouvé des variations trop fréquentes.

Enfin, le critique n'admet pas avec H. Drieling, que depuis 1824, le commerce, et par conséquent la prospérité et l'aisance de la nation, aient été successivement en augmentant. Le critique ne nie pas cependant que la somme des importations et des exportations ne se soit accrue d'un sixième de 1824 à 1827, mais il attribue cet accroissement aux opérations delà société de commerce, bien que la balance de ces opérations soit annuellement en perte pour la société (en 1829).

Un second articlç consacré à l'examen de l'ouvrage de M. Drieling se trouve dans le J/a/uieisblad du 30 décembre 1829.

Ici la critique est plus acerbe. On y émet le vœu de voir le commerce aussi peu imposé que possible. On y soutieutquc noire flotte marchande dont la force serait , scloi^ M.Drieling, en 1827. de 2770 nuvircti, ne se composait en réalité que de la moitié 4.0 ce total.

Le montant de la valeur du commerce en général des Pays- Bas, pendant les quat4*e années depuis et y compris 1824 à 1827 ont été.

Importation. Exportation. Différence en plus

d'importation.

En 1824. fl. 129,787,950. fl. 84,612,025. fl. 45,175,925.

Dans ce relevé des denrées importées et exportées , n'est point compris Tor et Targent , ces objets-ci devant faire le sujet d'une comparaison séparée , d'où il résulte qu'en or et en argent, savoir or et argent monnayé, de For en poudre, des lingots, barres et brisure d'or et d'argent, il a été importé et exporté comme suit :

Importé. Exporté. Différence.

1824. fl. 849,673. fl. . Plus importé. . . fl. 849,673.

1825. 1,105,350. 1,771,182. . exporté. . . 665,832.

1827. 1,455,515. 418,202. . importé. . . 1,037,313. ♦)

L*asterUon (le H. Dricling, lorsqu'il dit (page 27) qu'il a compulsé pendant une période de trois ans tous les connaissemens (Laad- en /osbrieven) et pièces relatiTea aux chargcmens pour en former des états , attiînuera puissamment Tassertion de la critique. Il ne serait peut-être pas difficile de réfuter victorieusement non plus lesobser- Yations de Tarticlc du 9 mai 1829. Toutefois M. Dricling, qui a puise ses données dans les pièces officielles et qui semble avoir pris à tâche de justifier par là, article par article, tout son travail, a laissé ces deux critiques sans réponse nltérieure ; nous croyons donc pouvoir nous borner à y renvoyer le lecteur afin quHl juge par lui-même de leur exactitude.

*) L'oret l'argent monnayé, celui en liugotsctc. appartiennent aux denrées libres dont on ne paie pas de droits , et quoi qu'on soit dans Tobligation d'en faire la déclaration y on ne les considère pas toujours comme des objets de commerce, et en ne les inscrivant pas sur Tin ven taire des rargai:»ons, on néglige de les déclarer , ce qui est nécet- «airenicnt la rause iiuc le relevé n'a pu s'établir d'après les états d'entrt'c et de sortie; l'auteur prénonmié, pénétré de cette vérité, est parvenu |>ar d'autres voies à remplir les lacinies qu«» vl'9 étiil» préocutriit «*t à établir les relevés avec exactitude, à

Ces résultats prouvent que le commerce général des Pays- Bas présente une importance et une extension qui surpassent toute attente ; que Timportation a surpassé Texportation, année commune , de fl. 45,273,080, et, enfin, que pendant les quatre années mentionnées, il est plus entré que sorti du royaume, en valeur d'or et d'argent , pour fl. 119,771. L'on peut donc tirer de ces calculs, avec certitude , les trois conséquences importantes qui suivent :

D'abord le conunerce des Pays-Bas a fait depuis 1824 des progrès importans , et pour s'en convaincre il suffit de jeter uncoup-d'œil rapide sur les relevés qui précèdent

l'exceptioa de ce qui a été exporté pour compte du gouTemement aux Indes.On peut en conclure , que quoique cet données soient réellement restées en dessous de la réalité» la différence ne peut avoir une influence marquante sur les calculs; on peut y ajouter , que par la nature de l'objet , il est impossible de reconnaître et d'établir aTcc une rigoureuse exactitude l'entrée et la sortie de l'or et de l'argent monnayé; cette ▼érité a été reconnue par la société de statistique de Londres.

En parlant ici de l'or et de l'argent monnayé à l'occasion'du commerce, il ne sera pat hors de propos d'évaluer à-peu-près le montant de l'un et de l'autre.

On évalue que jusqu'au dernier décembre 1828, on a frappé la quantité suivante de nouvelles monnaies des Pays-Bas; en pièces de trois, d'un et d'un demi florin, pour une somme de fl. 9,814,186; en pièces de 25, 10 et 5 cents, fl. 12,312,954; la quantité de pièces d'or monte à fl. 108,673,920.

Il résulte de ces données qu'il a été frappé pour un peu plus de 22 millions d'argent blanc. La vieille monnaie hollandaise est prédominante dans les provinces du Nord, de même que l'argent blanc de France forme la masse en Belgique; on ne peut donc porter la nouvelle monnaie que tout au plus à un dixième du tout, donc 220 millions d'argent blanc; l'or doit aussi être augmenté, pour les monnaies étrangères de ce métal, surtout celle de France en Belgique, d'environ un cinquième , donc :

Argent . ., fl. 220,000,000

Or. . . 128,000,000

Total fl. 348,000,000

Si ce calcul peut être adopté comme à>peu-près juste, il y a dans les Pays-Bas prés de

350 millions de numéraire en circulation , ce qui forme environ 53 florins par tête de

la populaiiou , et plus que le doilble de la valeur des denrées importées annuellement.

L'exportation s'est augmentée pendant le terme de quarte années de la valeur énorme de onze millions ; l'accroissement de l'importation est dans une proportion double de l'exportation , et présente en 1827 , environ vingt-quatre millions de plus qu'en 1824, si donc on réunit l'augmentation de Tune et de l'autre, le commerce s'est accru depuis 1824 à 1827 d'an sixième; ce résultat si éminemment favorable est garanti par des faits qu'on ne saurait révoquer en doute, et il réduit àleur juste valeur les plaintes qui s'élevèrent souvent sur la décadence progressive du commerce.

En second lieu l'étendue du commerce Néerlandais est dans une proportion satisfaisante relativement à celui de l'Angleterre *) et de la France.

*) Le commerce général de l'Angleterre étant d'une haute importance pour tous les états commerçans de l'Europe , il n*estpas inutile d*en indiquer quelques valeurs (les relevés sont en livres sterling).

TABLEAU des Importations ût des Exportations des Pays-Bas et de t Angleterre , publié par M, Quètelet,

Exportations Importations

Années. des Pays-Bas de 1* Angleterre

en Angleterre. dans les Pays-Bas.

ling.

552,484 li

iTres

sterling.

1,671,895 li

iTres

sterl

Pf

Afin (le prouver formellement celle assertion , nous commencerons par F Angleterre , en laissant suivre ici la valeur

Ces résultats ont été recueillis par H. Moreau , vi ce-consul de France à Londres , daus les étais officiels et dans les documens parlementaires.

Voici , d'après un tableau officiel , quel a été , en sommes rondes , le montant desimportations de l'Angleterre , pendant le» années 1824 à 1827 inclusivement.

Importations. Exportations

1824 36 millions sterling. 58 1 millions sterling.

On voit que la progression proportionnelle est très-satisfaisante pour l'Angleteire.

Il conste d'un rapport également officiel, transmis au parlement, qa'en 1828 l'ex-^ portation de l'Angleterre s'est élevée à environ 62 millions de livres sterling , dont 52 millions se composaient de produits du sol et de manufactures d'Angleterre el d'Irlande ; et les dix autres millions , d'objets passés par transit , dont un million des colonies anglaises.

L'importation pour la consommation du pays , s'est élevée à 43 millions SOOflOÙ vres sterling , dont pour plus de 800,000 en objets provenant des colonies anglaises dans l'Amérique Septentrionale. Il conste en outre de ce rapport, que les exportations pour l'Allemagne s'élèvent à 7,500,000 livres sterling ; l'Italie 3,000,000 ; les Pays-Bas 3,000,000; le Portugal 2,500,000; la Russie 1,800,000; les Étatft-Unis -Amérique 8,200,000 ; le Brésil 3,700,000. Les importations en France ne s'élèvent qu'à 500,000 livres sterling , et les exportations de France en Angleterre à 2,500,000. Voici quelques valeurs d'objets spéciaux exportés en 1828 et 1829.

Étoflcs de coton 13,545,638 — 13,420,544 livres sterling.

Idem de laine 5,120,226 — 4,656,809 » »

Tissus de lin 2,000,033 — 1,885 831 » »

Fers et aciers 1,226,836 — 1,155,176 » »

Quincaillerie et coutellerie. . 1,385,616 — 1,389,514 » »

Coton iîlé 3,594,915 — 3,794,039 » »

Ouvrage en cuivre et laiton. . 678,531 — 810,641 » »

Soieries 255,755 — 267,192 » »

Total de CCS diverses branches. 27,807,580 — 27,379,746 livres sterling.

Nous venons de parler des travaux et des recherches extraordinaires auxquels M. Moreau, vice consul de France à Londres, s'est livré pour présenter un tiiblcau complet du commerce de l'Angleterre. Cet ouvrage a reçu l'assentiment de» économistes anglais; les documens suivans démontrent l'accroissement succeasiC et prodigieux du comniurce anglais.

des importations et exportations de ce pays pendant les quatre années dont nous nous occupons, en indiquant en même

Voici d'abord le tableau du nombre et du tonnage des bâtimcns marchands, ainsi que du nombre d'hommes qui en formaient les équipages, à diverses époques comprenant un siècle et un quart.

Le* nombre de bâtimens marchands anglais (ffritisch commercial navy) était en

1701 de 3,281 jaugt. 261,222 ton. mont, par 27,176 hommes.

Pendant les 87 premières années, le nombre des navires du commerce anglaisa nugmenté dans le rapport 1 à 3, et leur tonnage dans celui de 1 à 5, tandis que pendant les 38 années suivantes le nombre des navires s'est accru dans le rapport de 3 à 5, et leur tonnage dans celui de 1 à 2 à peu près. Le rapport de capacité est celui sous lequel il faut surtout considérer cet accroisement. On remarquera l'époque de 1791 à 1801 , c'est-à-dire celle où TAngleterre abandonnée par presque toutes les puissances du continent, restait, par une trop ample compensation, maîtresse absolue de la mer, tandis que la France, récoltant seule sur toute l'Europe continentale la plus brillante moisson de lauriers, voyait ses ports fcmiét, son commerce anéanti, et la véritable source de ses richesses tarie.

De 1788 à 1791, c'est-à-dire pendant la paix, qui, à partir de l*afiranchissement des États-Unis, dura jusqu'au commencement de la révolution française, la navigation marchande des Anglais a augmenté seulement dans le rapport de 10 à 11 ; de 1791 à 1802, dans celui de lia 16; de 1802 à 1817, dans le rapport de 16 à 20; la première de ces dernières dates, est celle du trop fameux décret de Berlin. Depuis que par le bienfait de la paix , la France est enfin rentrée dans la possession du droit imprescriptible des nations d'exploiter concurremment le domaine de la mer commune à tout , la marine marchande anglaise a diminué dans le rapport de 20 à 19; aussi s'est-on empressé d'y remédier, et le nombre des navires construits ou en contruction dans les trois royaumes, de 1818 àl826, a été de 6,770, jaugeant 746,719 tonneaux qui à la vérité ne sont presque tous destinés qu'au cabotage.

Le dernier tableau dont nous rapporterons seulement la ligne relative à 1326, expose le nombre et le tonnage des navires enregistrés dans les possessions anglai- TÊCêf tant européennes que coloniales; elle les indique ainsi :

Angleterre 15976 navires jaugeant 2001295 tonneaux

Ecosse 3102 » i> 290606 »

Irlande 1390 » » 90678 »

Colonies 3657 > » 224183 »

24125 9 » 2,606,762 tonneaux.

temps la population relative, afin de découvrir, par la com paraison de ces deux points, la situation du commerce Néerlandais yis-à-vis de celui de TAngleterre.

C'est la situation la plus complète de la marine marchande anglaise.

Ces rapprochemens sont une preuve nouyelle de ce que Thistoire a depuis longtemps prouvé, aussi-bien que les raisonnemens des économistes,* que c'est par In commerce maritime qu'une nation s*enrichit, parce que ce commerce seconde le mouvement progressif de l'industrie de la manière la plus complète , en même temps qu'il favorise le débouché des produits de son agriculture.

On trouve dans l* Encyclopédie moderne, un relevé comparatif du conmierce des principales puissances de l'Europe, duquel il résulte que l'Angleterre lait plus des sir huitièmes du commerce colonial de l'Europe. Tandis que l'industrie française s'étend à peine à cinq cents millions de francs , et que les produits qu'elle importe surpassent ceux qu'elle exporte à l'étranger, l'exportation de l'Angleterre s'est accru jusqu'à 1,517,376,000 de francs; son importation à 1,518,872,000 francs, c'estrà*dire sept fois de plus que le commerce de France. Le bénéfice net de PAn^ gleterre est donc de 515,880,000 de francs et égale par conséquent la valeur de tout le commerce français.

Au commencement du siècle précédent le montant des importations de la Grande- Bretagne était de 5,569,952 livres steriingl De 1784 à 1792 cette valeur s'est élevée à 17,716,752 livres sterling. En 1831 elle avait atteint 48,161,661 livres. (Environ 1 milliard 204 millions .41 mille 525 francs).

En comparant les résultats des importations et des exportations pendant quelques années, on voit quo le commerce étranger de la Grande-Bretagne {foreign-trade ) s'est multiplié quatorze fois depuis le commencement du 18* siècle , et qu'il a six fois plus d'extension qu'à l'époque de l'avènement au trône de George IH.

La population des villes industrielles n'a pu rester stationnaire au milieu de ce grand mouvement commercial. Celle de la capitale qui était de 674,000 en 1700, s'élevait en 1831 au chiffre de 1,474,069. Au nord et au centre du royaume cet accroissement est encore plus rapide. Manchester qui ne renfermait en 1774 que 41,032 habitans, en comptait 270,961 en 1831. A Liverpool il n'y avaiten 1800 que 5,145 habiUns; en 1831 cette ville était à peine assez grande pour héberger ses 189,244 citoyens. La population de Glasgow ne s'élevait en 1780,qu'à 42,882 âmes ; ce nombre s'était accru en 1831 jusqu'à 202,426. La population de Preston n'était en 1780 que de 6,000 âmes,. et en 1831 on y comptait 33,112 habitans; celle de Leeds s'est élevée depuis 1731 jusqu'à 1831 , de 11,500 à 71,600 âmes.

L'importation du thé en Angleterre est considérable. En 1668 la compagnie des Indes n'importa encore que 100 livres de thé , en 1669 , cette importation n*était enco-^ requedel43{. livres; en 1678 , de 4,713 livres, qui encombrèrent la place de cette marchandise. En 1830 il a été importé 63,000,000 livres de thé.

Voici ce relevé en argent des Pays-Bas :

Importé en Angleterre. Exporté de T Angleterre.

En 1824. fl. 436,453,747. fl. 607,334,360.

La différence entre Timportation et Texportation estre-

D*après les dooiunens officiels, le commerce d'Angleterre ateo l'Italie présente les résultats suivans : en 1824 , les importations se sont élcTées à 1.230,344 Ut. sterl.; les exportations à 3,934,565 Ht. sterl. En 1825 les importations ont été de 1,127,692 iiT. sterl. ; les exportations de 3,499,780 Ut. sterl.

Le tablean suivant, extrait de documens officiels, démontrera quelle a été la progression de la culture du café au Brésil depuis 1820 y et servira à expliquer la cause du bat prix auquel cet article est maintenant livré à la consommation. I,es quantités exportées de Rio se sont élevées comme suit :

En 1820 à 14,910,240 li v. ; en 1821 , à 16,861,892 Ht. .• en 1822 , à 24,318,304 liv. ; en 1823, à 29,599,168 liv.; en 1824, à 36,688,673 liv.; en 1825, à 29,291,664 iv.; en 1826, à 41,600,000 liv.; en 1827, à 57,896,850 liv.

Les produits de la Jamaïque et autres possessions anglaises aux Antilles se comsomment presqu*en totalité en Angleterre, où la consommation du café a à peu près doublé depuis 1824 (elle s'élève aHJourd*hui à 15,000,000 liv.) On peut en dire autant de presque toute l'Europe.

Yoici enfin le relevé de l'exportation de la Grande-Bretagne avec des bâtimens anglais pendant l'année 1832.

Navires. Tonnage. Ilomm. d'équip. Valeur.

Yen lea Indet-Occid. Bnt. 907

» la Russie 1,605

» la Suède 67

» la Norvège 33

» le Danemarck. .... 437

» laPrusse 308

» rAllemagne 605

» les Pays-Bas 1,617

» la France 1,191

» le Portugal 381

j> l'Espagne 520

8,749,798 Uv. st.

tnarquable , et bien en sens inverse de ce qui a ou lien dans notre pays. Nous reviendrons tout-à-rheure sur les causes qui font naître cette différence tant ici qu'en Angleterre, ainsi que sur les résultats qui en sont les conséquences. La remarque de cette différence était nécessaire, parce que la comparaison de Timportation dans les Pays-Bas avec celle de l'Angleterre donne un tout autre résultit que celui de Telportation. Car si nous comparons isolement les entrées et les sorties entre elles, on trouve que l'importation dans notre pays, terme moyen pour les quatre années , équivaut environ à la troisième partie de celle de T Angleterre , tandis que notre exportation ne présente que la septième partie de celle de la Grande-Bretagne.

Afin d'obtenir une comparaison concluante et par laquelle Tétat de choses se trouve réciproquement établi, il faut réunir les valeurs des importations et des exportations, et prendre comme base la somme moyenne de cette addition, pour démontrer toute l'importance du commerce relatif des deux pays.

Il résulte de cette opération, que l'importance du commerce néerlandais est en comparaison de celui de la Grande-Bretagne, comme 21,05 à 100 ; donc ce dernier est près de cinq fois plusétendu quele notre ^) tandis que la populations de l'Angleterre est comptée à 22,000,000 et la nôtre à 6,000,000 ; donc pour obtenir la même proportion dans le commerce que celle qui se présente à l'égard de la population, le rapport de 21,05 à 100 devrait être de 27,02 à 100. La principale cause de cette différence, peut être attribuée à ce que les valeurs d'importation et d'exportation de l'Angleterre sont ôflficiellement estimées et déterminées d'après la loi sur les impositions , qui

*) Nous trouverons à-peu-prés la même proportion pour la navigation.

date de 1819, et que les valeurs des produits des fabriques y surpassent de beaucoup celles du jour. II en résulte, d'aprùî; les données de la société de statistique de Londres, qu'il faut déduire de l'exportation de 1824 la somme énorme de fl. 1 12,926,074, représentant J du total. Quoique Ton né puisse pas établir la proportion entre la valeur légaje et la valeur réelle avec la même certitude pour 1825, 1826 et 1827, il est probable qu'elle est de même nature, toutefois faut-il recourir à un aperçu approximatif; mais en adoptant pour un instant cette réduction de J , qui est d'autant plus possible , que les manufactures ont été décroissant de valeur depuis l824, alors le résultat de la comparaison entre le commerce des deux pays, selon leur population respective, présente déjà une proportion de 24,00 à

Cette proportion peu différente de celle de l'Angleterre, ^st très-satisfaisante pour les Pays-Bas, attendu que ce premier pays compte dans ses possessions des Indes-Orientales -î^eules plus de vingt-trois millions d'habitans, tandis que toutes les colonies néerlandaises réunies ne ])résentent guère plus de sept millions d'ames.

Il se présente encore une circonstance favorable au commerce du royaume comparé à celui de l'Angleterre , c'est que ^e dernier repose en grande partie sur l'exportation et le dél)it des produits de fabriques et de manufactures qui , par exemple en 1824 , ont fourni 70 p. c. de l'exportation , tandis qu'ici en la même année ces ])roduits n'ont fourni à l'exportation que 34 p. c. , et les productions de l'agriculture, qui sont peu importantes en Angleterre, ont ici présenté 43 p. c. de la sortie. II est inutile d'ajouter que le débit des denrées de fabrication , est assujetti à plus de chances dé Variations, et surtout à la concurrence croissante des autre^ |>euples, tandis que les productions de l'agriculture ; qui paf Tome HT. 2

leur nature trouvent partout du débit , n*ont à redouter qu^iue surabondance temporaire.

Il résulte de ces comidérations, que notre commerce repose sur des bases plus satisfaisantes que celui de la Grande- Bretagne et qu^il offre pour Tavenir d'heureuses espérances.

COlflIERCE AVEC LA FRANCE.

A regard de notre commerce avec la France » il y a moins de faits déterminés à invoquer. M. Balbi l'évalue pour les aimées 1825 — 1827» comme suit:

Importation. ExporUition.

fl. 264,151,422 fl. 286,222,852

N'ayant pointa la main les moyens de vérîfler ces l'élevés, il faut bien les adopter comme exactes et les comparer avec le montant des importations et des exportations des Pays- Bas, pour les années 1825 — 1827, et aussi en rapport avec la population des deux pays.

Par Tapplication de ces comparaisons on obtient entre le commerce néerlandais et français la proportion de 32,02 à 100. Ainsi le commerce de France surpassait le nôtre de deux tiers en importance et eu égard à la population. La France offre 32 millions d'âmes, tandis que la nôtre est à celle-ci comme 18,07 à 100, d'où il résulte que notre commerce est en proportion de la population inGniment plus étendu que celui de la France *).

*) Ile8tconnuqu'cnl81G(ditl*auieur de V Essai sur la possiUliU d*un traité d* commercé avec la France) f la seule ville de Gand faisait entrer on France mille pièce» de toilea impriméci par tcmaine, et la fraude, qui se faisait alors de tous les pointa de la Belgique, peut-être évaluée à vingt-quatre ou vingt-cinq millions par an. Tant que cette contrebande a pu se faire, elle fournissait aux manufactures belges les moyent d« Yondre au-dehors ce que la coucurrencc mineuse de l'Angleterre ne Icnr laUsaii

Le troisième argument qu^oa peut déduire de Tétat florissant du commerce de notre royaume , c'est le bien-être f[énéral de notre pays, qui se présente par là sous un jour très-favorable. Après avoir établi que la valeur de nos importations est bien plus considérable que celle de nos exportations, et que nous nous sommes ouvert de grandes sources de richesses, la question se présente, de savoir, si, pour obtenir cet heureux résultat, nous avons du entamer nos capitaux , ou bien si nous sommes en possession de moyens «uffisans pour soutenir notre état propice , sans rétrograder et réduire notre puissance , et quels sont les moyens que nous avons pu employer pour arriver à un si haut degré de prospérité.

n conste que notre richesse nationale n^a point diminué par l'importation , en ce que l'importation de For et de Tardent a surpassé l'exportation moyenne , laquelle a été si peu importante , qu'elle n'eût pu suffire à payer des denrées importées, tandis que le contraire aurait eu lieu si la plus grande importation avait été faite aux dépens du capital, puisque Tor et Targent sont le moyen le plus propre et le plus à la main pour régler et liquider les comptes avec l'étranger lorsqu'une nation a outrepassé les bornes de ses dépenses.

Voici les preuves non-équivoques que la richesse nationale a plutôt augmenté que diminué : d'abord le crédit élevé du pays, puis partout on ne voit que bâtimens nouveaux qui s^élèvent, tandis que les anciens se restaurent, que grand nombre de fabriques et d'usines s'établissent partout , ce qui

piaf en cetempi la faculté de déboucher au-dehort; mais à meaure que la France, qui ne devait pat rester indifférente sur ce point, amis plus de surveillance et derépraf «ionàunepareillefWiude, les manufactures belges s*en sont aussi ressenties davantage jusqii*au temps où elles ont trouTé des débouchéa plus considérables aai colonies néerlandaises.

^^surémcnt n'aiiiiiit pas lieu si Fou efn|)layait à l'achat Je!? denrées importées, les capitaux primitifs qui s'absorberaient ainsi en une fois; une dernière preuve que tout se fait avec le produit des capitaux, c'est le bas intérêt de l'argent; l'abondance du numéraire et l'empressement avec lequel on saisit toute occasion de convertir les capitaux flottans en capitaux fixes et productifs , en un mot de placer de l'argent à rentes; et si l'on ajoute à cela que les valeurs en meubles et tous les objets de luxe augmentent prodigieusement d'année en année , on n'aura pas besoin d'autres preuves pour demeurer convaincu que l'abondance et la richesse se multiplient progressivement dans notre patrie.

Cependant c'est une vérité fondamentale, que la plus grande valeur des importations doit se payer par une valeur égale quelconque, et de làsin^git naturellement la question de savoir eomment ce paiement s'opère ; on peut résoudre ce problème en indiquant d'abord les ca|)ilaux que nous avons placés {\ rentes à l'étranger, ou ce qui revient au même, les capitaux que nous avons |)lacés dans les fonds des autres nations. Ces capitaux, qui sont pour ainsi dire prêtés à Tindustrie étrangère , et qui proOtent à leur bénéfice, doivent cependant nous rapporter une partie de ce bénéfice ii titre de rente , lequel nous arrive en denrées de toute nature.

Peut-être pourrait-on objecter que ces mêmes capitaux seraient susceptibles d'être employés avec plus de bénéfice dans notre propre industries. Sans vouloir approfondir cette question , on peut établir comme certain que les capitaux considérables que nous avons à l'étranger, contribuent puissamment à augmenter noin» im])ortation, et qu'ils fournissent un moyen très-important d'acquitter le prix de ces importations majeures.

En second lieu, le l)énéfice du commerce pourvoit à c*e

paiement , «ittcodii que la possibilité existe de eouvrir la valeur d'une quantité déterminée de marchandises importées, avec la valeur d'une quantité de marchandises exportées et d*une valeur inférieure.

Il est facile de démontrer cette vérifé quand on considère que le ])rix des importations est établi , non d'après les prix d-achat, mais d'après les prix de notre pays; donc lo bénéfice du marchand y est compris, tandis que les prix des denrées qui sortent, étant aussi déterminés d'après nos marchés , ne présentent point le bénéfice des marchands , nî l'augmentation de la valeur qu'elles doivent nécessairement acquérir en arrivant à leur destination.

Il conste clairement par l'état même de notre commerce , que nos négocians ont en général obtenu des bénéfices satisfaisans , et que les articles sur lesquels ils ont éprouvé des pertes , sont de moindre importance.

D'ailleurs la comparaison des articles les plus importans d'entrée et de sortie pendant les quatre années , prouve que le commerçant a été excité par son propre intérêt , à étendre et à développer l'échange des denrées , ce qui ne serait assurément pas arrivé , s'il n'y avait point trouvé de bénéfice ; la modique importation et exportation d'or et d'argent vient à l'appui de cette assertion , et prouve que le négociant a trouvé a propos pour ses intérêts de donner et de prendre , presqu'exclusivemcnt, des marchandises en paiement , ayant jéalisé plus d'avantage sur l'échange des denrées que sur celui de l'or et de l'argent, qui, comme marchandise proprement dite , en offrent peu.

Revenant encore aux données sur l'état du commerce de l'Angleterre, les droits élevés qu'on y perçoit à l'entrée , occasionnent une importation de fraude très-étendue, ce qui»

à cause des droits proportionnelleiiiiBnt plus bas et des prîmes d'exportations , n^a pas lieu à la sortie ; il en rësnlte que les denrées entrées par fraude , ne figurent pas sur les étate officiels d'importations et se p^'ent en marchandises qui figurent officiellement dans les relevées de sortie ; par ce fait la différence entre Fimportation et rexportati<m est beaucoup moindre qu'il ne semble résulter des relevés iaits sur cet objet.

Chez nous la fraude est par le même motif des droits plus élevés à Tentrée qu'^à la sortie , ainsi que dans la Grande- Bretagne , trés-fréquente et y augmente réellement Timportation , ce qui vient encore à Tappui de la plus grande im* portation ici. Le commerce de fraude ne peut dctoc être on obstacle à la c(»tôéquence que nous avons déduite de Tetat do notre commerce en faveur de notre bien-être.

U se présente ici encore une particularité concernant Vi portation et Texportation dans la Grande-Bretagne ; savoir : que dans Tentrée et la sortie ne sont point compris For et l'argent monnayés ou en lingots. On ne peut juger da commerce avec connaissance de cause sans Tavoir apprécié; l'importation de Tor et de l'argent en Angleterre y a donc, selon les données de la Société statistique , pendant sept ans p de 1817 à 1824 , surpassé annuellement l'exportation de ces métaux de fl. 32,400,000, somme qui doit être ajoutée au montant des denrées importées. Quoique la di£férenoe entre Timportation et l'exportation se trouve nécessairement par tout ce qui précède beaucoup diminuée , il est néanmoins encore remarquable , et il est de quelque importance de rechercher à quelles causes cet état de choses peut s'attribuer.

Il est évident que l'Angleterre ne présente point pour ses importations un chiffre en proportion avec celui des exportations y et qu*à la longue l'excédant de la sortie ne se paie par

peraonnc d'où il résulte que la plu$ {]frande quantité de Tex* portation sert à payer soit ce dont ce pays est redevable à Vé franger, soit les pertes qui i*ésultent du commerce.

Os deux causes précitées opèrent ensemble de la ma» nière suivante :

D'abord, rAn{][Ieterre doit plus du chef des rentes des capitaux placés dans ses fonds par des étran{][ers , qu'elle n'a à prétendre d'eux de ce chef ; en outre , les nouveaux gouver- . nomens de l'Amérique du Sud, dont les négociations se traitent en Angleterre et dont les fonds appartiennent en If rande partie a des rentiers de ce pays , ne paient plus le» intérêts, en sorte que les importations de ces pays, qui étaient destinées au paiement de ces rentes ont cessé , pendant que l'exportation pour le paiement des i*entes anglaises à l'étranger continue toujoui^.

En second lieu , l'entretien de garnisons nombreuses à Tex* lérieur , telles que celles de Gibraltar, des iles Ioniennes, etc.,. occasionne des exportations dont les valeurs ne rentrent pas.

Enfin, le grand nombre de familles anglaises quidepui» quelques années habitent le continent sans y exercer de pro* fession ni d'industrie pour en vivre, subsistent uniquement du revenu qu'ils tirent de leur patrie, ce qui occasionne encore une grande exportation de denrées, seul moyen de pourvoir à leurs déiienses à l'étranger , exportation pour laquelle il ne peut encore une fois y avoir d'importation proportionnelle.

Les suites qui résultent de cet état de choses, sont donc défavorables au commerce anglais et démontrent que le capital ,. destiné au commerce en ce pays , cette partie de la richesse nationale, diminue d'année f^n année; il est connu que de-

]m\s 1817 et successivement, la uation anglaise a éprouve des pertes considérables. La Société statistrque de Londres porte elle-même cette perte nationale pendant les années de 1817 à 1822, à la somme énorme de 11. 1,631,944,960. Bans cxîtte somme est compris ce qui a été payé par l'Angleterre à l'étranger pendant ces six années, entre autres les dépenses de familles anglaises hors du pays , montant à fl. 324,000,000 et les rentes appartenant à des forains évaluées à fl. 129,600,000.

Quoique ces relevés paraissent exagérés , lx)us les articles qui les composent ne pouvant être considérés comme perte effective et pleine pour la nation , il est clair que le cornaperce néerlandais pendant les quatre années, traitées par M. Drieling, a été fait avec un bénéOce réel tandis que celui 3e l'Angleterre s'est fait avec perte.

Le commerce de transit mérite aussi une considération particulière; les produits de l'agriculture, ^ l'exception des peaux et des écorces en entier ne font poiu' ainsi dire pa« partie du transit; néanmoins le transit de ce dernier article a été trés-considérable en 1827, où il a présenté une valeur de fl. 3,482,350 *).

Les produits de la pêche ne sont point considérés comme des objets de transit.

Les seuls articles de transit qui olfrcnt quelqu'importanœ parmi les métaux écrus et les minéraux sont le tufsteen , le cuivre écru et l'étain non travaillé, le soufie non raffiné , l'acier et surtout le fer frappé et en barres.

*) .leieii\oic ici \v pctciii qui voudruit $v faire une idée roinplcle du trunkit , k Jouvragr précité de M. Drif^liuj; , il l'a compris dans un tableau ,';énéral pour le»

Les fils (le co(on non (oi's et avant la teinture , destinés aux étoffes de lin, de chanvre, de coton, de laine et de soie, dites étoffes de manufactures, passent en grande quantité, et forment un des articles les plus importans du transit, ainsi que les fils écrus, le fil à tisser et à faire la dentelle, dont le débit est croissant tandis que celui du ruban, de quelques sortes de toiles et manufactures et d'étoffes de soie diminue. Les tissus de laine, tels que draps, casimirs, etc., ne passent pas du tout en transit ou du moins il en passe bien peu.

Leferblanc, le cuivre battu, la quincaillerie, la coutellerie, les objets de mode , les aiguilles , le ciment, le sucre rafiné , les ouvrages de fer battu et coulé , le savon blanc, le soufrerafliné , forment des objets dont le transit va toujours croissant; quant aux ouvrages d'acier ils passent en moindre quantité que les années précédentes.

Il résulte de ces observations, que le transit n'exerce pas son influence sur le commerce de produits d'agriculture et de pèche , et que, A quelques légères exceptions prés, il ne porte aucun préjudice notable A nos fabriques indigènes , attendu que le transit d'objets fabriqués, surtout de ceux qui sortent de nos ateliers , est peu important en comparaison de l'exportation.

Les objets de transit les plus remarquables se bornent donc aux marchandises proprement dites, savoir : la védasse, la potasse, le coton non filé, le café, l'huile d'olive, les plumes , le salpêtre, le sucre brut et le vin ; de tous ces articles le transit est remarquablement croissant d*année en année, ce qui doit nécessairement exercer sur nos exportations une influence préjudiciable, aussi est-il à craindre, si le transit augmentait graduellement , que l'exportation de cc^ articles UO diminuât dans une pro|)ortion égale.

Le Mmmeree du royaume des Pays-Bas se divise essentiellement entre les trois grandes villes marchandes , Amsterdam , Rotterdam et Anvers ; les antres villes de commerce étant en proportion des premières d'un intérêt secondaire. La déchéance et la diminution du commerce d'Amsterdam et le développement rapide de celui d'Anvers , sont des sujets qui ont fixé l'attention générale , il est donc important de rechercher le véritable état des choses à cet égard. Il résulte d'un état dressé de l'importation en 1825 et 1826, qui a en liea dans chacune de ces trois villes ^) , que l'importation d'Amsterdam surpasse celle de Rotterdam et d'Anvers , touchant les articles suivans : bleu , fil écru , grains , poils , chanvre , miel y cuivre rouge brut, plomb, toiles de chanvre et an* très , plumes à écrire , goudrop , thé , huile de baleine , stokvisch , graines de navets et autres semences.

A Rotterdam la plus grande importation a eu lieu en poterie de terre, fer-blanc, charbon de terre, cuivre jaune battu, corintes, craie, toiles de coton imprimées, raisins, épiceries, tabac, étain, fer battu et en barres et ouvrages de fer battu .

Les principaux articles de l'importation, pour lesquels Anvers surpassa les deux autres villes , sont : la potasse , la védasse, le cacao, les bois de teinture , les bois de reglise , les peaux , l'indigo , le coton , le café , Thuile d'olive , le riz , le sucre brut , le sumac , le vin , le savon blanc et le sel bm t

Il semble donc résulter d'un état général de comparaison de^ l'importation des ports d'Amsterdam , de Rotterdam et d'Anvers , que la prépondérance commerciale d'Amsterdam.

*) L'auteur précité a dretté un tableau circonstancié d« cet importations en poida, meaure, Taleur etpiècea , ainsi qu'ellea ont été déclarées aux bureaux des douanes ; le lecteur peut le trourer parmi les pièces à Tappui de Pouvrage sous la lettre D.

a beaucoup décliné , et que Rotterdam et Anvers loi disputent le terrain avec avantage , tandis qu'à Anvers le commerce dans les articles les plus remarquables se développe avec une rapidité surprenante.

PRINCIPALES BRANCHES DE COMMERCE DES PATS-BAS , CONSIDEREES A l'EPOQUE DE 1824 A 1827.

Uexamen et la comparaison du relevé de l'importation , de Texportation et du transit nous ont fait connaître l'étendue du commerce néerlandais , il est également utile de développer et d'analyser la nature et l'espèce des principales branches qui composent ce tout homogène.

Afin d'y procéder avec ordre et méthode , il conviendra de prendre pour base les objets mêmes d'importations et d'exportations , et d'examiner séparément les cinq branches de commerce ainsi déterminées :

1^ Produits de l'agriculture nationale;

2^ Produits des pêches.

3^ Métaux bruts et minéraux ;

4^ Objets manufacturés de toutes espèces; et

5^ Marchandises divers.

Produits de l* agriculture nationale.

A. Ces produits comprennent tous les genres de produits que Tagriculture fournit , soit qu'on les importe d'ailleurs ici ou non *).

*) Tel est la cm pour qvelquea objets que l'agrioulture produit et qu'on importe d'aiUeort tek que le tabtc , lei peaux , le miel etc. , etc. , articlet dont k comptrufon doit également avoir lieu.

Les produits de l'agriculture nationale peuvent facilement se subdiviser comme suit :

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