‹ Essai sur l'importance du commerce, de la navigation et de l'industrie, dans les provinces formant le royaume des Pays-Bas, depuis les temps les plus reculés jusqu'en 1830Chapitre 71 sur 126 · Tome III · texte numérisé non relu

Tome III

Vient en premier lieu le lin, dont la valeur exportée a presque doublé dans les quatre annéeê; ensuite la garance, et après elle le houblon , entrent pour beaucoup dans rexpiM*tation. Par contre, Timportation du tabac est infiniment plus forte, quoique le tabac indigène prospère et qu*on en exporte annuellement à-peu-pràs pour un demi-nuliion; le même cas se présente pour le chanvre, dont la cultnce parait ne pas suffire à nos besoins.

Après avoir parcouru les différentes branches- de notre agriculture *) séparément, en les réunissant nous obtiendrons les résultats su i vans :

Importation. Exportation. Différence.

Exporté en plut.

En 1824 n. 24,389,034 fl. 36,621,124 il. 12,2^2,090 1825 23,423,532 41,402,581 18,069,649

• Il résulte de cet important relevé que, nonobstant Faogmcntation des entrées de quelques productions d'agricolture qui forment la base de quelques fabrications, et malgré rimportation abondante des grains en 1826 et 1827, et dont l'influence sur Texportation ne se fera sentir que dans les années suivantes, enfin après la consommation indigène et après l'acquittement des produits d'agriculture qui sont entrés de l'étranger, une valeur moyenne de 11,759,197 fl. en productions agricoles , a annuellement été jetée dans le commerce et a servi à couvrir les dépenses à faire pour l'acquisition des denrées qui nous rnanquent.

Ce boni si remarquable prouve que l'état de l'agriculture

*) Parmi ces objets on mirait anisi pu classer comme appartenant aux produits de l'agriculture, le lin et la soie; mais Tun et l'autre sont encore de si peu d*iniporlance dans 1h pays qu'on a cru pouvoir jusqu'à présent les passer soiit silence.

des Pays-Bas , loiu de céder le pas à (h^Iuî des autres |Kiy$, le surpasse à bien des égards, et porte avec lui le témoignagfe que la partie agricole a uu intérêt bien prononcé ù jouir d'une liberté de commerce , sans laquelle les millions qu'elle produit ne trouveraient point de débit, et Tagriculture , cette pœmière branche de l'industrie y si grande , si assiuée dans ses résultats, réduite à la seule consommation, languirait, les capitaux qu'on y verse cesseraient d'être productifs, et Tinfluence préjudiciable de cet état de choses ne manquerait pas d'atteindre toute la société et de faire rétrograder toutes les autres branches de prospérité. Le commerce est intimement lié au bien-être de Tagriculture.

B. En second lieu nous arrivons aux Produits de la pêche nationale. Sous ces produits ne sont point compris les importations de ce que les pêches néerlandaises ont rapporté dans le pays ; ceci fut naturellement considéré comme produit de l'industrie intérieure , devant rester hors de ligne si l'on vent s'assurer avec exactitude de ce que nous importons de l'étranger, et de ce que nous lui vendons en fait de produits de pêche.

Importation.

Exportation.

DiiFércnce.

Importé en plus

£ii ]824

n. ),MI,635

fl. 307,301

L'importation de cet article surpasse l'exportation, terme moyen, de la somme peu élevée de fl. 266,797. La pêche nationale est déjà croissante, et nous avons tout lieu d'es- |)érer qu'elle sullira sous peu à nos besoins.

Les articles qui composent notre pêche sont: le caviar, le

poisson frais y salé et sec , le stokviseh, les huîtres et les écrevisses , des poissons d'eau douce étrangers » l'huile de poisson , les baleines et le spermes.

G. En troisième lieu les Métaux bruts et les minérauar fixent notre attention. Les métaux et minéraux comprennent les terres, la chaux, la houille, le cuivre, le vif-argent, le plomb, le zinc,, lu pierre, Tétain , la. tourbe, Tacier, le fer^ le soufre et divers autres objets. Voici le relevé de leur valeur:

Importation. Exportation. Différence.

£n 1824 il. 5,815,931 il. 5,814,335 Importé en plus fl. 1,596

1825 3,950,336 5,898,232 Exporté > 1,938,896

A cet égard aussi les résultats se présentent plus favora* blement qu'on n'aurait pu Tespérer» et sur ce point important, nous ne sommes pas tributaires des autres nations, puisque l'exportation de métaux écrus et des minéraux a surpassé l'importation d'une somme moyenne et annuelle de fl. 513,213. Les provenus du midi produisent le plus en cette matière , par les riches mines de houille et les autres objets de minéralogie qui produisent, considérablement, taudis que le cuivre , le plomb et le fer présentent encore des objets importans d'importation.

D. Nous passons en quatrième lieu au relevé des Matières ouvragées y sujet qui est d'autant plus important qu'il touche le commerce et l'état des fabriques , et qu'il indique par son augmentation ou sa diminution le degré de développement de l'industrie nationale.

Les matières ouvragées se divisent donc en deux chapitres , savoir :

l^' Matières ouvragées de lin, chanvre, coton, laine et soie, ou les manufactures proprement dites et tout ce qui 9 Y rapporte.

2^ Matières ouvragées de différeptes nalitres, qui comprennent les principaux objets de toutes les fabrications.

Le premier chapitre des matières ouvragées , compliquant les fils , dentelles , bas , bonnetteries , draps et casimirs , rubans , tapis , et les manufactures de fil de chanvre, de coton de laine et de soie , présente le résultat suivant :

Importation.

Exportation.

Différence.

Importe en piaf

En 1824

fl. 22,578,343

fl. 10,011,494

fl. 12,566,849

Be sorte que l'entrée a surpassé la sortie a ce chapitre, terme moyen de fl. 8,001,406. Il est cependant utile de faire remarquer que la valeur importée n'a point varié pendant les quatre années, tandis que la valeur d'exportation s'est accrue de dix à seize millions ; en conséquence elle a augmenté en (OS quatre années do plus d'un tiers.

il y a à peine trois articles dont l'exportation sur{)asse r importation , savoir: les tissus de lin et de chanvre, les draps casimirs et les tapis. Les deux premiers articles fournissent des résultats importans eu égard aux fabriques qui les emploient. Les tapis présentent à peine une légère majorité d'exportation en plus.

De tous les autres articles de ce chapiti'e, on en im{)Orfe

beaucoup plus qu'on n'en exporte , et la différence est remarquable pour tous , mais surtout pour ce que concerne le$ étoffes de laine et de coton , dont nos fabriques indigènes sont hors d'état ou insuffisantes de pourvoir à nos besoins.

En général nos fabriques de denrées manufacturées paraissent se développer d'année en année , à en juger par l'exportation de ces denrées qui va toujours croissante , et qui » en raison de Timportation, a doublé de 1824 à 1827 , ce qui nous permet d'espérer qu'avec le temps on cessera de porter le tribut à l'étranger pour en obtenir cette matière.

2*) La seconde partie des matières travaillées on manufactures contient toute une nomenclature de produits de fabriques, un peu longue à énumérer , les valeui*s réunies deoes^ productions se présentent comme suit :

Importation.

Exportation.

Différence.

Exporté en plm

En 1824

fl. 7,292,893

fl. 17,811,071

fl. 10,518,178

Cette balance présente uoie majorité d'exportation annuelle et moyenne de fl. 8,286,292.

Les raffineries de sucre , lès tanneries , les distilleries , les moulins à huiles, les fabriques de blanc de plomb , les papeteries , les fonderies de fer , les forges et les clouteries , fournissent le plus dans ce relevé des sorties , et nous donnent la preuve de l'état favorable de tant de branches de fabrication..

Les fabriques de tabac, dont les produits s'exportèrent à une énorme valeur jusqu'en 1824, étant pour la plus grande

partie transportées sur le territoire étranger, ont cessé d'étrë une branche immense d'exportations , néanmoins elles sont encore importantes aujourd'hui.

La porcelaine et la poterie, les livres, cartes et estampes ; les montres et pendules, le bleu dit lakmoes, le cuivre ouvragé, Tor, l'argent et la platine sont en revanche les articles dont l'importation est plus considérable que Texportîon.

Si Ton réunit les deux subdivisions des matières ouvragées , on trouve que le montant de toutes les fabrications présente le résultat suivant :

Importation. Exportation. Différence.

En 1824 il. 29,871,236 fl. 27,822,565 Importé en plus fl. 2,048,671

1826 30,615,234 31,777,752 Exporté . 1,162,518

Ce qui fait pour tous les produits des fabriques , une exportation majeure et moyenne de fl. 284,886, résultat aussi favorable qu'inespéré, attendu qu'on croit assez généralemaat que nous étions dans l'impossibilité d'opposer une valeur égale d'exportation aux importations considérables de la fabrication étrangère.

U resuite de cet état satisfaisant , qui fait pencher la balanœ en faveur de nos fabriques , pendant les quatre années dont nous parlons , que ces progrès ne sont point l'effet de oireonstances temporaires ou éventuelles , mais que durant trois années ils se sont maintenus, à de très légères modifications près , à la même hauteur de prospérité *).

*J Ce que noui dirom au chapitre de l'industrie , lur lei progrét de ces diffërea* éM kitnches rendra cette exportation progressive moins surprenante.

E. £n cinquième et dernier lieu il reste à parler des Marchandises proprenoent dites , savoir de tous les articles d'importation et d'exportation qui ne sont point compris dans les chapitres précédens. La râleur des marchandises réunies montent :

Importation.

Exportation.

Difiërenee.

Importé en plut.

ft. 68,270,114

fl. 13,219,667

Donc une plus grande importation, terme moyen, de il. 57,553,579 par année.

■ Jusques-là nous ayons trouvé , à l'exception du produit- des

pèches, le relevé de toutes les branches du conuneroe des Pays-Bas, présentant un excédant d'exportation, dont l'importahce a été démontrée ; néanmoins pour le chapitre des marchandises le résultat est tout autre, c'est-à-dire que Texcédant d'exportation que nous avons indiqué, aussi bieû que ce que les nations étrangères nous doivent , enfin le bénéfice du commerce , tout nous est bonifié en denrées et marchandises; d'où nous pouvons nous réjouir d'une importation si considérable de marchandises qui surpasse constamment la valeur de l'exportation, en nous assurant la joais^ sance d'un masse de productions étrangères, dont autrement nous serions privés et dont l'usage habituel a pour ainsi dire crée autant de besoins.

L'exportation des denrées fournit la mesure qu'on doit appliquer à l'extension du commerce de spéculation et de commission , c'est-à-dire ; le commence des marchandises qqi

ne sont point du produit de notre agriculture , mais que nous tirons de l'étranger , ou bien que nous échangeons dans nos colonies *) , pour être de nouveau vendues à Fétranger.

Cette branche de commerce , qui fut jadis si importante dans le pays et qu'on appelait ajuste titre, le magasin et le marché de toutes sortes de denrées et de marchandises, a

*) Toute l'imporlation de denrées de nos colonies ne se paie point par l'exporta* tioB proportionnelle, attendu qu'une partie de celles-ci , surtout pour ce qui concerne let Indes-Orientales, appartient à nos produits qui fournissent une part à notre commerce. Il serait d'ailleurs difficile d'établir quelle partie de ses denrées coloniales appartient au commerce actif ou à celui de spéculation et de commission , c'est là le motif qui a fait classer l'eiportation des denrées parmi le commerce de spéculation et de commission , et cela avec d'autant plus de fondement que ce relcTé des marchandises réellement Tendues à l'étranger , est important à l'égard du conunerce.

On trouve dans l'état dressé par M. Kruseman, directeur des revenus publics à Java , qu'en 1826 l'importation y a été de 10,250,175 florins en marchandises , et de 3,982,822 en espèces; cette colonie a tiré des Pays-Bas pour une valeur de 6,580,093, dont 2,656,628 en espèces; de l'Angleterre pour 1,078,412: de France pour 305,615; de l'Amérique pour 1,138,460; de la Chine pour 386,600; du Bengale pour 638,867 ; del'Archipel orienUl pour 3,331,848, etc.

Entr'autres objets tirés des Pays-Bas se trouvent les toiles pour une valeur de 1,255,033; les draps et étoffes de laine pour 276,154; les provisions pour 458,766. Les boissons fortes pour 165,870. — L'Angleterre a importé des toiles et des draps pour une valeur de 747,258. Dans cet état ne sont pas compris les envois faits par le gouvernement.

Il consiste d'un tableau d'esportations de l'ile de Java et de Madure, qu'elles se sont élevées :

En 1825. En 1826.

En marchandises fl. 16,026,734. fl. 12,791,343.

En espèces 1,861,627. 2,482,195.

Total fl. 17,888,361. fl. 16,273,538-

Dontpour les Pays-Bas fl. 8,600,000. fl. 6,515,525.

Pour le golfe Persique 12,213. 262,586.

On voit par ce tableau que les exportations pour les Pays-Bas ont été , en 1826, de fl. 2,0^, 475 , en moins qu'en 1825; que celles pour le golfe Persique ont éprouvé l'augmentation considérable de fl. 240,373; celles pour la Chine ont été, en 1826, de fl. 581,200, et pour le Bengale de fl. 25)B,443, également en plus. Cependant le résumé aggloméré des exportations pour diff'ércn tes contrées, en 1826, présente 2 .mijlioBs

beauciMp diminiié par ane longue stagnation da ootmneroe qui , jointe i dÎTerses autres circonstances , l'a en grande partie transporté en Ânglet^re et à Hamboarg.

La comparaison d'ailleurs de l'exportation des denrées de 1824 à 1827 , prouve que nous avons perdu et que cette branche diminue de plus en plus , au lieu de s'améliorer.

Cette circonstance mérite une considération particulière , aGn de cherctier des moyens pour vivifier , s'il est possible , cette importante branche, et en l'encourageant, provoquer une augmentation d'exportation de denrées, qui loin de

614,869 florins de moîni qu'en 1825, ce qu'on attrilme particulièrement à la cUmuiatkm daot le priidtt café.

Xd 1827 l'exportation du café de JaTa et de Madure a été de 399,558 piooU , dont 380,112 pour les Paya-Bas, et en 1828 elle s'est éle?ée & 416,171 pioola, àgui 382,601 pour la Hère-Patrie.

On lit dans VAlgemten HandeUhlad d'Amsterdam , que la quantité de café et de •ucre qui à la fin de 1827, se trouTait dans les principaux ports de l'Xurope, était, safoif : café 108,460,000 lÎTres des Pays-Bas ; sucre, 150,4000 livres.

Le commerce en tahac de Virgine est encore considérable en Hollande. En Toici un exemple pendant les dix dernières années pour la ville de Rotterdam

L'année 1824 il est arrivé 5758 ImHIs et débité environ 5653 barils,

Les barils (Fa/en) contiennent souvent jusqu'à 800 et mille livres des Pays-Bas.

La Socicte-Gënéralc de Statistique en France porte Teiportation générale des marchandises en numéraires, de 1823 à 1832, année commune à 676,606.000 francs et l'importation à 766,600,000 francs, ^t réunies a 1,443,206,000 francs.

porter préjudice à l'heureuse différence entie le total de notre importation et celui de l'exportation , tiendrait indubitablement à augmenter encore ces résultats.

Pendant le courant de Tannée 1827, la Russie a expédié pour les ports des Pays-Bas, 501, 9Q0 puds de potasse, 199,382 id. d huile de chanvre , 3,546,735 dito de talc , 1,917,109 dito de chanvre. (Le pud fait 36 livres, ancienne mesure.) Le montant des expéditions de cette année , excède de 24 millions de roubles celui de l'année 1826.

Les importations de grains ont été considérables un 1828; on évalue que pendant les neuf premiers mois, il a été introduit dans les ports d'Anvers, d'Amsterdam et de Rotterdam , 688,230 hectolitres de froment, 726,300 hectolitres de seigle, 192,990 hectolitres d'orge; nous n'avons pu nous procurer les quantités importées dans d'autres villes , notamment à Schiedam, où, comme on sait, il entre tous les ans de fortes parties de seigle.

Afin de compléter autant que possible les données sur l'importance du commerce , on fait suivre ici quelques relevés officiels sur les entrées, les sorties, le transit, sur les valeurs, sur la pèche, le bétail, les chevaux, etc.

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