‹ Essai Sur l'Indépendance AlbanaiseChapitre 10 sur 224 · PREMIÈRE PARTIE — CHAPITRE PREMIER Br · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE — CHAPITRE PREMIER Br

12 Décembre (4), ait rencontré, en principe, un accueil sympathique en Europe, elle n’a pu cependant aboutir au résultat que nous étions en droit d’en attendre.

« Dans cet état de choses, et devant les raisons développées dans ma dépêche précitée, et qui subsistent toujours, S.M.TI. le Sultan, constamment animé du désir de mettre fin à une guerre qui désole les deux pays belligérants, et d’épargner une plus grande effusion de sang, a décidé de s'adresser au Gouvernement de S.M. Britannique, qui a porté, de tout temps, une sollicitude bienveillante à l’indépendance et à l’intégrité de l'Empire, base fondamentale de notre vie politique.

« Je viens donc, d'ordre de mon Auguste Maïtre, vous inviter, Monsieur l'Ambassadeur, à demander, au nom de la Sublime Porte, la médiation du Gouvernement de S.M. Britannique, médiation qui, nous en somimes convaincus, ne nous sera pas refusée par notre ancienne et constante amie. »

Si nous avons cru devoir reproduire ces documents dans l’entier, c’est qu'il convient de noter qu'il ne s’agit plus, cette fois, comme le 12 Décem:-

(4) « Nous pensons que le moment est venu où les deux pärties peuvent accepter la paix sans forfaire à leur dignité, et l’Europe pourrait utilement interposer ses bons offices.

« Quant au Gouvernement impérial, il est prêt à les demander ; non pas que le pays se sente au terme de ses ressources, il n’y a pas de sacrifice que la nation tout entière ne s'impose pour maintenir l'indépendance et l'intégrité de la Patrie : mais le devoir du Gouvernement impérial est d’arrêter, si c’est possible, une plus grande efflusion de sang.

« C’est donc au nom de l’humanité que nous faisons appel aux sentiments de justice des Grandes Puissances, et nous espérons qu’elles voudront bien accueillir favorablement notre démarche. »

bre, de bons offices, mais d’une médiation à proprement parler.

On sait que la différence entre les deux procédures de conciliation est l’objet de conceptions diverses ; il nous semble qu Oppenheim l’a clairement définie, qui écrit :

« La différence résulte en ceci, tandis que les bons offices consistent dans, diverses classes d’actes qui tendent à amener des négociations entre les parties en conflit, la médiation consiste à conduire directement les négociations entre elles et sur des bases d'accord proposées par le médiateur. » (5)

C'est dire que la Russie devait plus sûrement écarter celle-ci que ceux-là. Et en effet, le Gouvernement de Saint-Pétersbourg, certain que l'ennemi était à toute extrémité, n’accepta pas cette intervention.

I fallut à la Porte s'adresser directement au vainqueur et signer les bases de paix en même temps que l’armistice ; ce furent les préliminaires d’Andrinople (6) du 19/31 Janvier 1878.

(5) L. Oppenheint : International law. 3° édition. Londres 1921. Tome Il, p: 10. Fac. Droit 35992/3.

(6) Télégramme du Général Le Flo, ambassadeur de France à Saint-Pétersbourg au Ministre des Affaires Etrangères, du 28 Janvier 1878 :

« Le Prince Gortchakow vient de me lire les instructions relatives à l'armistice et aux préliminaires de paix qui avaient été envoyées aux Commandants en chef. En voici les points principaux :

« La Bulgarie devient province autonome avec une ad- « ministration nationale et une milice indigène, mais restera « tributaire, les limites de la province seront fixées ultérieu- « rement, en prenant pour base la majorité des populations « bulgares dans les diverses localités ; la Porte n’y pourra

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