DEUXIÈME PARTIE — CHAPITRE IX
lance de l'Europe ; dans ce but, les ennemis du Comité n'hésitent pas à employer tous les moyens, même la perfidie et le mensonge.
« Le Comité affirme aux représentants des FH Puissances qu’à l'entrée de ses soldats dans Durazzo, aucune attaque ou excès d'aucune sorte ne sera permis contre la vie des étrangers, ou des nationaux dont l’activité n’est que privée, ou contrè leurs biens et propriétés. »
C'est la même tendance qui s'exprime dans la déclaration faite au mois de Février, à une réunion de notables tenue à Elbasan, paraissant inspirée par la diplomatie turque, qui agissait en accord, du reste, avec celle des Empires Centraux :
En raison des grandes difficultés qui se présentent pour la désignation d’un Prince de la Dynastie Impériale ottomane comme souverain d’Albanie, l’Assemblée Nationale, d'accord avec le Gouvernement Impérial ottoman, se résoud à accepter volontiers un Prince non mahométan, à condition seulement qu'il soit de souche allemande ; et se décide, avec l’assentiment de l'Allemagne, à demander au Prince Guillaume d’accepter de nouveau la couronne d'Albanie. »
” Ces deux déclarations (3) particulièrement favorables aux Empires centraux sont dictées par le danger d’une occupation serbe, qui paraissait alors d'autant plus pressant que les luttes intestines eussent rendu impossible toute résistance. Au début du printemps, en effet, entre le Gouvernement de Durazzo et l'Union, sévissait une véritable guerre ci-
(3) In : Prince de Wied. Denkschrift über Albanien (non publié), cité par J. Swire, in Albania the rise of a Kingdom, pp. 240 et 241.
vile, chaque faction désirant réduire l’autre, pour étendre sa domination au territoire qu'elle régissait.
Ainsi donc à l’intérieur, pendant la première partie de la grande guerre, deux forces politiques se disputaient le pouvoir en Albanie ; d’une part l’Union, dont les diverses émanations avaient toutes une politique favorable à la restauration turque, et subsidiairement aux Empires centraux, de l'autre Essad Pacha et ses partisans, dont les sympathies semblent avoir été aux Alliés et à l'Italie, bien que celle-ci, en raison des négociations qu'elle menait simultanément avec les deux groupes de Puissances, ait eu une attitude très variable à son égard.
$ 2. — Les occupations italiennes de Saseno et de Valona en 1914
Tandis que s’affrontaient ainsi dans le pays les factions rivales, l'Italie allait s'assurer les bases qu'elle convoitait en Albanie.
Sous le prétexte de prévenir une occupation autrichienne possible, et devant l'occupation grecque (4) de l’Albanie méridionale, l’île de Saseno, qui commande la rade de Valona, fut tout d’abord, le 31 Octobre 1914, occupée par un détachement de la marine italienne ; puis, le 26 Décembre, c'est dans le port et la ville de Valona eux-mêmes que débarqua le X° Bersaglieri. (5)
(4) In eod. cap. infra : $ 3. :
(6) Cf. E. Pierpont Stickney : Southern Albania or Northern Epirus in European international Affairs. L'auteur indique (p. 54) que le Gouvernement de Rome aurait préalablement reçu d’Essad Pacha une demande de procéder à l’occupation de ce port.