‹ Essai Sur l'Indépendance AlbanaiseChapitre 122 sur 224 · DEUXIÈME PARTIE — CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE — CHAPITRE IX

étaient progressivement remplacées par des fonctionnaires civils. Ces mesures tendaient visiblement à normaliser l'occupation hellénique en lui conférant un Caractère paisible et conforme, en apparence, au vœu des populations.

De tous ces événements, M. Frangulis, le diplomate grec bien connu, donne la version suivante, qu'il nous paraît intéressant de fournir, car elle nous semble représenter la thèse officielle de la Grèce :

L'autorité du gouvernement central albanais s'était peu à peu réduite jusqu'à ne s'exercer que dans Ja seule capitale. »

Des influences locales et souvent rivales s’y substituaient et un état d’anarchie presque complète en était résulté : « en présence de cet état de choses, en Octobre 1914, le ministre de Grande-Bretagne à Athènes demanda, au nom des gouvernements de l’Entente, au gouvernement hellénique, s'il serait disposé à procéder à une nouvelle occupation militaire de l’Epire du Nord, à l'effet d'y rétablir l’ordre et pour permettre aux habitants musulmans qui s'étaient réfugiés à Valona de rentrer avant l'hiver dans leurs foyers et de cultiver leurs terres. Il était entendu que le règlement définitif de la question de l’Epire du Nord serait réservé au Congrès de la Paix.

Le gouvernement hellénique répondit qu'il acceptait ce mandat à condition d'avoir, outre le consentement des Puissances de l’Entente, celuï du Gouvernement italien, qui ne s'était pas encore rangé aux côtés des Puissances Alliées.

« Enfin, sous les auspices de la Grande-Bretaone, 4 après entente entre le Ministre d'Angleterre

à Rome et le Gouvernement italien, on se mit d’ac- “ei sur les points suivants :

L'Italie occuperait Valona ; la Grèce, l'Epire

du Nord, et on laisserait au Congrès de la Paix le soin de se prononcer définitivement sur ces occupations. L’instabilité du gouvernement albanais, les appels pressants des populations de l’Epire aux Puissances et à la Grèce, le souci d'assurer aux confins du Royaume un ordre indispensable à sa sécurité, en même temps que bienfaisant pour les habitants de l'Epire autonome, déterminèrent le gouvernement hellénique à faire avancer ses troupes en vue d'assurer l’ordre et de garantir la vie et les biens des populations épirotes.

« En procédant à cette occupation, le Gouvernement hellénique tint à donner aux Grandes Puissances l'assurance formelle que cette occupation n'avait qu'un caractère provisoire et qu'il s’en remettait, quant à ses effets éventuels, à la décision de la Conférence de la Paix.

« En Novembre 1914, les Gouvernements de l’Entente qui avaient garanti à Londres en 1913 l'Etat albanais et sa neutralité, constatant l’impossibilité d'appliquer les clauses de ces arrangements, offrirent à la Grèce, en échange de sa participation à la guerre, la partie méridionale de l’Albanie qui constitue l'Epire du Nord... » |

Sur ces entrefaites, « le gouvernement albanais, qui exerçait une autorité effective sur une petite portion du territoire de l’Albanie, et qui n'avait été reconnu par aucun autre Etat, prit part à la œuerre, renonçant apparemment aux stipulations de Londres de 1913 qui avaient consacré la neutralité perpétuelle de l’Albanie et neutralisé son terri- TOITE 200

Un état de fait subsistait, résultant des diverses occupations de territoire.

En Octobre 1916, les troupes italiennes détenaient la route de Santi-Quaranta à Koritza ; les

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