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DEUXIÈME PARTIE — CHAPITRE IX

du droit des gens, un traité expire à la suite d’une violation essentielle. (7)

Ici, pour la neutralité garantie, il faut bien entendre qu'elle cesse lorsqu'une violation n’a pas été poursuivie, c'est-à-dire lorsqu'on a complètement négligé l'application des garanties ; par conséquent l'Albanie aurait perdu, par l'occupation militaire de Valona, le caractère d'Etat neutre, les garants avant, par d'omission d'intervenir contre une violation déjà accomplie, manifesté leur indifférence pour la conservation de la neutralité.

On ne pourrait, par contre, aussi bien du côté italien que, par la suite, du côté albanais, poser la question de la clause rebus sic stantibus, c’est-à-dire de savoir si la neutralité pouvait s’éteindre de jure par suite d’un changement des circonstances internationales ; unanimement en effet, la doctrine se refuse à accepter la clausula dans ce domaine où elle aboutirait à l'arbitraire, la neutralité n’étant, dans les circonstances normales, que potentielle, et ne jouant réellement que dans les cas exceptionnels que sont les conflits armés.

$ 3. — Le Sud de l’Albanie et la politique grecque

Mais les événements qui troublaient si gravement l’Albanie étaient de nature à susciter une nouvelle action grecque (8), et elle n'allait pas tarder, en effet, à se manifester. ;

(7) Cf. Calvo : Le droit international théorique et pralique (Paris, 1872, p. 734).

Oppenheim : International Law (Londres, 1906, $ 547).

(8) Cf. supra, Deuxième Partie, Chapitre VII, in fine.

Vide E. Piernpont Stickney : Southern Albania or Northern Epirus in European International Affairs, pp. 59 et s. — Et Vaucher, in L'Illustralion, 20 Janvier (p.55) et 7 Avril 1917.

(B.N. Fol. Lc? 1549).

M. Venizélos ayant, dès le début de la guerre, le 23 Août 1914, déclaré que la place de la Grèce « était aux côtés des Puissances de l'Entente, garantes de l'indépendance grecque », avait obtenu de Sir Edward Grey et des Gouvernements russe et français, l'acceptation d’une proposition aux termes de laquelle les troupes grecques seraient envoyées dans l’Albanie du Sud et occuperaient Argyrocastro « pour y assurer l’ordre ». Et le 22 Novembre 1914, l'offre même de la souveraineté sur cette zone fut faite à la Grèce au prix d'une participation immédiate à la guerre. (10)

Ces concessions avaient pour objet d'obtenir que la Grèce exécutât le traité d’Alliance de Salonique qui la liait à la Serbie depuis le 1° Juin 1913. Mais le roi Constantin, soutenu par une importante partie de l'opinion, craionant fort l’armée bulgare et persuadé que la victoire finale échapperait à l’Entente, refusa de l'aider de ses troupes. Deux tendances opposées divisaient donc la Grèce à cet égard: les Venizélistes, favorables à une entrée en guerre du pays, et les Royalistes, qui y étaient opposés.

Aussi, ne sera-ce que le 29 Juin 1917 que la Grèce déclarera la guerre aux Empires centraux.

Mais bien avant, toutefois, elle allait réoccuper militairement l’Albanie du Sud, y compris Koritza, Aroyrocastro et Tepelen, opération qui fut achevée dès la fin de 1914.

Bien plus, en Décembre 1915, des députés épirotes furent désignés pour la Chambre grecque où ils siégèrent pour la première fois le 11 Janvier 1916, tandis que, sur place, les autorités militaires

(9) Vide The Times, 27 Octobre 1914.

(10) Cf. E. Pierpont Stickney : Southern Albania or Northern Epirus in European Internalional Affairs, pp. 57 et s.

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