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DEUXIÈME PARTIE — CHAPITRE XI

trouvent déjà en fonctions, et en y ajoutant les dépenses pour les autres services à créer, ainsi que celles pour la milice et la gendarmerie, le Gouvernement provisoire doit préparer le plus tôt possible un budget préventif pour un trimestre, lequel, après, devra servir de base au budget définitif.

« V. — Aux minorités qui seront comprises dans les frontières ethniques de l’Albanie, seront garantis les mêmes droits dont jouissent les majorités, et on leur fera les plus larges concessions dans les limites de la Constitution et compatibles avec les droits de souveraineté de l'Etat albanais. D'un autre côté, le Gouvernement provisoire fera tout son possible afin que les mêmes droits soient reconnus aux minorités albanaïises qui pourront rester hors des frontières de l’Albanie indépendante. »

Peu après, était signée, le 20 Août 1919, une convention avec l'Italie laissant à celle-ci une sorte de haut-commissaire à Durazzo, ce qui contribua à agiter la population, et à créer le mouvement de réaction qui devait renverser le gouvernement si italophile de Turkhan Pacha. (23)

(23) Premier Ministre : Turkhan Pacha.

Vice-Président : Prenk Bib Doda Pacha.

Ministre de l'Intérieur : Mehdi Bey Frasheri.

Ministre des Affaires Etrangères : Mehmed Bey Konitza.

Ministre de la Justice : Pierre Poga.

Ministre de l’Instruction Publique : Louis Gurakuchi.

Ministre des Finances : Freizi Bey Alizoti.

Ministre de l'Agriculture : Sami Bey Vrioni..

Ministre des Postes et Télégraphes : Mustapha Kruja.

Ministre de l'Economie Nationale : Lef Nosi.

Ministres sans portefeuille : Dr. Michael Tourtoulis, Mufid Bey Libohova, Mgr Louis Bumchi, Midhat Bey Frasheri.

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Si, comme nous venons de le voir. le Pacte de Londres se trouvait, en ce qui concerne le problème albanais, privé de validité, en raison de l’action italienne de 1917, ce n'est pas cependant cette cause que vont tout d'abord invoquer la France et la Grande-Bretagne, mais une cause plus générale et affectant le pacte tout entier.

MM. Tittoni et Nitti, à leur arrivée à Paris, furent, en effet, accueillis, le 28 Juin 1919, par une communication de Lloyd George et Clemenceau, aux termes de laquelle le pacte de 1915 n'aurait pas de caractère juridiquement obligatoire, mais devrait être considéré comme un préliminaire qui servirait de base de discussion. Et le principal argument invoqué en <e sens était que FlItalie avait violé les obligations découlant de l’article IT du pacte en ne déclarant pas immédiatement la guerre à l'Allemaone. (1)

M. Tittoni, le 7 Juillet, contesta ce point de vue, affirmant qu'aucune date n'avait été spécifiée, et que l'Italie était entrée en guerre contre l'Allemagne aussitôt que l’état de sa préparation militaire l'avait permis.

Sept mois plus tard, d’ailleurs, par le mémorandum franco-britannique du 9 Janvier 1920, la Fran-

(1) La Commission des Réparations a fixé ensuite la date de la belligérance de facto de l'Italie avec l’Allemagne au 26 Mai 1919, ce qui implique que l’Italie aurait accompli des actes de guerre contre l'Allemagne immédiatement, bien qu'elle ne lui eût pas déclaré la guerre.

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