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DEUXIÈME PARTIE — CHAPITRE XII

régions se trouverait administrée par le Gouvernement italien, qui est représenté dans le Conseil de la Société des Nations, aïors que l’autre région serait placée sous l’administration du Gouvernement yougoslave, qui n’a pas de représentant à ce Conseil. 1] deviendrait par suite presuue impossible d'appor- ter dans l’avenir la moindre modification aux mandats, et même de les supprimer. » |

C'était donc, même sur le terrain de l’opportunité, rejeter pertinemment les propositions franco-anglaises.

De plus, comme nous le verrons, les populations albanaises s’agitaient dangeriusement devant ces longues tractations et ce nouveau facteur devait entraîner la décision.

Le 26 Février 1920, en effet, Millerand et Lloyd George, avertis de l'action nationaliste albanaise, « invitent cordialement le Président Wilson à participer avec eux à l'élaboration d’une proposition formelle pressant les gouvernements italien et youvoslave de négocier un accord mutuel sur la base du retrait de toutes les propositions antérieures. désirent exprimer combien ils approuvent l'intérêt pris par le gouvernement américain à l'avenir du peuple albanais, et ils assurent le Président Wilson qu'ils partagent entièrement son respect pour le principe qu'il énonce sur ce point. Ils lui rappelleraient, au besoin, ce qu'ils ont dit sur ce sujét dans leur mémorardum du 17 Février, et ajouteraient qu’ils sont persuadés qu’un nouvel examen de la question d’Albanie aboutirait à une solution propre à satisfaire les désirs du peuple albanais pour un gouvernement entièrement autonome, tout en prenarit en considération les intérêts vitaux de toutes les autres parties intéressées, en même temps que la

nécessité de garantir à la Yougoslavie un débouché sur l’Adriatique dans la région de Scutari.

« Ils sont disposés à presser les gouvernements intéressés de confronter leurs aspirations avec le point de vue américain. »

Et le 6 Mars 1920, le Président Wilson adhère à ce projet d'accord direct entre le gouvernement italien et le gouvernement yougoslave, en ajoutant que, « cependant les questions albanaises ne devraient pas être jointes à la discussion proposée entre l'Italie et la Yougoslavie ; et le Président doit, une fois de plus, déclarer qu'il ne saurait approuver aucun plan qui assignerait à la Yougoslavie une compensation territoriale dans la partie Nord de l’Albanie pour ce qui lui serait enlevé ailleurs ».

Cet accord direct italo-Yougoslave fut le Traité de Rapallo (16) qui ne comporte, en effet, aucune clause relative à l’Albanie, à l'égard de laquelle le Traité de Londres et toutes les tractations postérieures devaient rester sans aucun effet.

(16) Du 12 Novembre 1920 : texte italien, in Martens, 3° série, XII, pp. 82r ets.

L’échange des ratifications en eut lieu à Rome, le à Février 1921; vide : Bulletin de l’Institut intermédiaire international, IV, pp. 316 et s. (Fac.Droit 45.599).

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