DEUXIÈME PARTIE —- CHAPITRE XIII
montant des sommes qu'elles avaient avancées au Prince Guillaume.
De plus, le Gouvernement et Pas onbiée cherchèrent à trouver des solutions au problème de la réforme de l'Etat, qui était connexe d’ailleurs aux problème sociaux fondamentaux.
Ces réformes ne pouvaient, bien entendu, se faire que très lentement et d'une façon tout à fait progressive pour ne pas soulever une opposition qui aurait pu être fatale à l'unité du pays. Bien que désirant jeter les bases d’une administration centralisée, sur le modèle des administrations occidentales, le léoislateus albanais devait en effet se montrer très prudent.
Dans l’ensemble, le pays se divisait, nous le savons, en deux classes bien différentes : Les propriétaires terriens qui, en dehors de leur supériorité économique, prétendaient à des droits politiques semi-féodaux ; et, d'autre part, la population urbaine et rurale, non possédante. ne
Les seigneurs terriens étaient, en grande majorité, ouétaus et avaient, pendant la doimination turque, occupé exclusivement les hauts postes administratifs, aussi avaient-ils conservé leur préférence aux systèmes conservateurs orientaux, tandis que le reste de la population était favorable à un régime plus libéral.
En Albanie du Sud, la tâche de réorganisation du Gouvernement fut facilitée, du fait que, pendant l'occupation, les autorités françaises et italiennes avaient assuré les services publies avec des métho® des administratives évoluées. Après leur départ, on put se borner, tout en conservant Îles fonctions publiques déjà établies, à en rendre titulaires des citoyens albanais. C'est ainsi que, tres rapidement, dans ces régions, fonctionna un système à la base
duquel étaient des préfets et des sous-préfets dépendant directement du pouvoir central.
Petit à petit, et à mesure que les circonstances le permettaient, ce système s’étendit à l’Albanie centrale où il remplaça progressivement le système décentralisé d'organisation semi-féodale.
Mais, dans le Nord du pays, ce régime ne put être dès l’abord institué qu'à Scutari et dans la région environnante qui avaient été soumises, elles aussi, à une domination occidentale.
Pour le reste, la vieille organisation tribale demeurait ; le clergé assurant le plus souvent les relations avec le pouvoir central.
Devant les progrès réalisés par le nouveau gouvernement albanais, les Vougoslaves et Essad Pacha cachaient mal leur hostilité. Les intrigues d’Essad à Paris et celles de ses agents dans son pays, ne devaient, à la vérité, être arrêtées qué par sa mort. (4 bis) |
$.3. — Les relations extérieures
Tandis qu’à l’intérieur du pays s'opérait cette reconstruction, les relations de l’Albanie avec l'étranger tournaient à son avantage.
Le 15 Mai 1920, tandis que les troupes françaises commençaient à être rapatriées, l’Albanie siona avec la Grèce le Protocole de Kapistica destiné, dans l'esprit du gouvernement hellénique, à éviter tout ce qui pourrait compromettre les négociations qui devaient aboutir au Traité de Sèvres. (4 ter)
; Par ce Protocole, les deux parties s'entendent pour conserver le statu quo, du jour de sa signature
(4 bis) C'est un étudiant albanais, Avni Rustem, qui le tua, à Paris, le 13 Juin 1920.
(4 ter) Cf. infra, Troisième Partie. Chapitre 1, note 5.