DEUXIÈME PARTIE -— CHAPITRE XIII
jusqu’à ce que la Conférence de la Paix ait abouti à une décision à leur égard, qu’elles s'engagent toutes deux à respecter.
Quant aux relations avec l'Italie, elles sea de multiples vicissitudes. Les incidents entre la population et les troupes italiennes se produisaient de plus en plus fréquemment, L'un d’entre eux souleva l'opinion tout entière contre l'Italie : une Assemblée avait été formée à Valona, dans le but de placer l’Administration de la région directement sous le contrôle du Gouvernement central. Les Italiens, désireux d'éviter ce résultat, firent arrêter une quinzaine des promoteurs, tout en affirmant leur décision de ne pas évacuer le port.
Mais les relations italiennes avec la Yougoslavie devenaient chaque jour plus tendues ; et, de plus, la grave crise politique que traversait l'Italie, l'attitude américaine au regard de l'Albanie, constituaient un ensemble de circonstances rendant intenable la position italienne. C’est pourquoi le gouvernement de Rome revint à une attitude plus modérée, et résolut de procéder au retrait de ses troupes tout en cherchant à instituer, avec l’assentiment du gouvernement albanais, un protectorat sur le pays.
Mais, pour l'obtenir, la pression qu'il exerça sur les autorités nationales, suscita, par sa brutalité, une réaction en sens inverse. +
L’arrestation du nouveau préfet de Tepelen, motivée par son refus de signer une déclaration favorable à l'institution d'un protectorat italien, fut la cause déterminante du soulèvement que, dans un rapport du 10 Juin 1920, justifie ainsi le Gouvernement : ()
(5) In The Times, 31 Juillet 1920. Signé « Pour le Comité de la Défense Nationale : Osman Nuri et Quasim ».
« Après avoir posé maintes fois à l'Italie Ja question de Valona et n'avoir obtenu que des réponses évasives, dans un but dilatoire, nous avons enfin reçu la réponse suivante :
« Lorsque nous aurons reçu, de la Conférence « de Paris, la souveraineié sur Valona, nous serons « disposés à traiter avec vous au sujet de l’adminis- « tration de la ville. La question de Valona est une « question européenne auû même titre que celle de « Gibraltar. »
« Ainsi, nous autres, Albanais, devions comprendre que les Italiens ne voulaient discuter ce sujet avec nous que sur ces bases. »
En conséquence, une grande réunion des habitants de Valona fut tenue dans la montagne de Barcalla, au cours de laquelle ils jurèrent de mourir au besoin jusqu’au dernier, pour assurer l’évacuation de Valona par les Italiens.
Cette assemblée fut tenue le 29 Mai.
Le 3 Juin l’ultimatum suivant, exigeant une réponse dans les 24 heures, fut remis au cénéral Piacentini :
« Le Comité de la Défense Nationale, désigné par le peuple de Valona, réuni à Valona le 29 Mai 1920, à l'honneur de faire à V. Exec. la déclaration suivante : Quand l’armée italienne débarqua à Valona en 1914, le commandant italien donna officiellement l’assurance sur l'honneur et au nom de la Nation italienne que l'Italie libre n'avait pas l’intention de prendre possession de Valona, que la seule raison du débarquement de troupes était de leur assurer une base stratéoique en vue de l'éventualité d'une guerre entre l'Italie et l'Autriche-Hongrie. »
Le peuple albanais s’abstint alors de toute résistance et s’ensagea, de son côté, en donnant sa parole d'honneur, de permettre aux Ttaliens d’exer-