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DEUXIÈME PARTIE — CHAPITRE XIH

Jaccord Tittoni-Venizélos en prenant argument d’une violation de son caractère secret par le Gouvernement grec, violation qui aurait contribué à susciter la Lite albanaise.

C'est alors que le Comte Manzoni fut envoyé à Tirana pour négocier avec le chef du gouvernement, Suleiman Bey Delvino ; le 2 Aoùt, un accord fut signé (6), aux termes duquel le rapatriement rapide des troupes italiennes de Valona et du reste du territoire albanais, à l'exception de l’Ile de Saseno, serait opéré.

Les trois facteurs principaux qui s ’opposaient en effet à des relations normales entre les deux pays, à savoir tout d’abord, au point de vue diplomatique, le pacte de Londres et l’accord secret Tittoni-Venizélos, ensuite, au point de vue intérieur, l'appui donné par l'Italie à Turkhan Pacha, enfin, au point de vue militaire, l'occupation armée de Valona, avaient maintenant disparu.

Visant à rétablir les relations normales entre les deux pays, l'accord de Tirana présente les principales dispositions suivantes : (7)

(6) Cf. infra. Troisième Partie. Chapitre I, $ x.

B. Mussolini, dans un article au Popolo d'Italia, du 5 Août 1920 intitulé « Addio Valona ! », écrivit alors : « Valona devait être la récompense des souffrances de l'Italie et du sang versé par elle. Elle devait être le vestibule de notre pénétration pacifique dans les Balkans... » (In Mousset : L’Alerte albanaise, op. cit., p. 7).

(7) À la suite de cet accord, le 21 Avril 1921, une mission albanaise se rendit à Rome pour régler toutes les questions pendantes. Cet accord n’a pas été publié, l'analyse que nous en donnons est tirée du communiqué de l’Agence Stefani (cité par Swire, in Albania, the rise of a Kingdom, pp.322 et s.), et des observations de Mgr Fan Noli, à la XV° séance du Conseil de la Société des Nations, de 25 Juin 1921. — Cf. infra : Troisième Partie. Chapitre IF, $ 2, note 7.

Toutes les questions concernant les futures relations italo-albanaises seront examinées et résolues par une Commission mixte composée d’une délégation italienne et d'une délégation albanaise.

Le Gouvernement italien fait rapatrier ses iroupes, à l'exception de celles qui occupent l'Ile de Saseno. Un règlement financier de compensation est organisé pour les conséquences de l’occupation et de l'évacuation. Une amnistie sera accordée dans chaque pays aux ressortissants de l’autre, sauf pour les délits de droit commun.

Devant la Conférence de la Paix, les deux parties peuvent faire usage du traité.

C'est le 5 Septembre 1920 qu’en exécution de cet accord, les troupes italiennes évacuèrent finalement Valona. Seule l’Ile de Saseno demeurait donc occupée encore.

Ce résultat, outre son immense intérêt matériel, constituait, pour le Gouvernement albanais, un incontestable succès de prestige.

Dès lors, tout prétexte au maintien des troupes yougoslaves disparaissait. |

La ligne stratégique Franchet-d'Esperev, qui traversait l’Albanie du Nord, laissait derrière elle plus de cent mille Musülmans dont l'hostilité à la Serbie était bien connue. Lorsque, en 1918, le général Franchet-d'Esperey avait autorisé les Serbes à. occuper cette position, les habitants s'étaient abstenus de résistance ouverte en attendant la décision de la Conférence de la Paix, mais cette occupation se prolongeait en prenant un caractère de permanence extrêmement inquiétant ; le 13 Août 1920, les districts de Dibra et de Mati se soulevèrent contre les Yougoslaves. Geux-ci s’avancèrent assez loin de leur base pour se livrer à une répression très sévère ; au

point même que le gouvernement italien adressa, le

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