DEUXIÈME PARTIE -— CHAPITRE XIII
cer leur autorité sur lui, se soumettant ainsi à l’occupation militaire italienne.
« Pendant cinq ans, il a supporté cette sujétion injuste et illégale que lui imposa le gouvernement italien à Valona et à travers l’Albanie, qui, avant, cependant, réservé son indépendance, était traitée par : lui comme la plus méprisable des colonies, voyant l'emploi de son langage, de son administration et de son drapeau, restreint dans des conditions plus cruelles que celles qu'imposaient les Turcs quand ils dominaient le pays.
« Mais le plus grand'grief et le plus grand reproche contre le gouvernement italien, soi-disant ami de la liberté, est le démembrement de l’'Albanie prévu dans le Pacte secret de Londres, par lequel il compromet son honneur en violant le traité de Lon- dres de 1913.
« Nous ne sommes pas aveugles au point de ne pas savoir qu'il est possible à une grande puissance comme l'Italie d’asservir par les armes un petit peuple comme les Albanais. Mais le Gouvernement italien, quelque puissant qu’il soit, ne peut empêcher un petit peuple comme les Albanais, de donner leur vie pour leur idéal de liberté.
« En relation avec le projet de démembrement de l’Albanie du pacte secret de 1915, l'Italie, avec ses vues impérialistes, propose de tenir Valona sous son joug d’une façon permanente et à titre de colonie.
« Aujourd’hui, le peuple albanais, comme lés autres, se ne à être vendu comme un bétail sur les marchés européens, à être le butin de l'Italie, de la Serbie et de la Grèce.
« Il préfère prendre les armes pour demander à l'Italie l'administration de Valona, de Tepelen et de Tchamouria, pour les placer sous l'autorité du gouvernement de Tirana.
« Le Comité de la Défense Nationale ici réuni, demande à V. Exc. de donner une réponse à ces questions du peuple de Valona et de l’Albanie tout entière, avant demain à sept heures du soir.
« Le Comité ne peut garantir ce qui se passerait en cas d'absence d’une réponse favorable. »
Le général Piacentini répondit aux Albanais avec la voix du canon.
Les hostilités s'engagèrent le 5 Juin, les volontaires albanais, aidés de la milice, attaquèrent les Italiens, à qui ils firent de nombreux prisonniers ; le 11, Valona était prise, mais bientôt abandonnée devant le feu des navires de guerre italiens. Le lendemain, Tepelen tombait aux mains des nationalistes, tandis que, dans toutes les parties du pays, des volontaires se recrutaient, chrétiens et musulmans, montaonards et habitants des plaines, que le sœouvernement aidait officieusement en faisant tout ce qu'il pouvait sans se compromettre gravement.
Le 27 Juin, l'Italie dut déclarer qu’elle retirerait ses troupes, mais que « Valona étant un point stratégique, son occupation par une puissance hostile à l'Italie serait pour elle un grave danger ; l’AIbanie étant en ce moment dans l'incapacité de le défendre, mais, dès qu’elle serait forte et réorganisée, il n’y aurait aucune difficulté d'arriver à un accord avec elle à ce sujet. » |
En conséquence, l'Italie conservait encore le contrôle de Valona.
Mais l’état social dans la métropole où l’agitation régnait, rendait impossible même le maintien d'effectifs limités en Albanie. Bientôt, les troupes elles-mêmes, tant de terre que de mer, se refusèrent à servir une injuste cause. Des négociations furent engagées, soudain rompues. Valona fut attaquée le 23 Juillet. En même temps, le 22, l'Italie dénonçait