‹ Essai Sur l'Indépendance AlbanaiseChapitre 177 sur 224 · TROISIÈME PARTIE — CHAPITRE II · texte numérisé non relu

TROISIÈME PARTIE — CHAPITRE II

11 Août 1913 (3) et qui définit la frontière dans ce secteur à son paragraphe II dans les termes suivants :

« Il est, dès à présent, établi que la région côtière jusqu'à Phtelia, y compris l’île de Saseno, la région du Nord de la ligne grecque, ainsi que l’ancien kaza ottoman de Koritza, avec la rive Ouest et Sud du lac d'Ochrida, s'étendant du village de Lim jusqu'au monastère de San-Naoum font intégralement partie de l’Albanie. » La décision du g Novembre (4) ne faisant pas mention du monastère, dans les modifications qu’elle apportait au tracé de 1913, il s'agissait d'appliquer ce tracé, et la question se posait de savoir quel sens il convenait de donner aux termes « jusqu'au monastère de San-Naoum ».

Les Albanais prétendaient qu'ils signifiaient que le Monastère était inclus dans leur territoire ; les Yougoslaves, qu'il n'en fait pas partie. .

Au sein même de la Commission de délimitation nommée par la décision du g Novembre (5), l’accord ne put être réalisé lorsqu'au début du mois d'Août 1922, la Commission, arrivée à Koritza, vit se poser devant elle ce problème d'interprétation.

Le Commissaire britannique, dans sa note du 27 Octobre, exprime l'avis « que le protocole de

(3) Cf. supra. Deuxième Partie, Chapitre I, $ 4.

(4) Cf. supra. Troisième Partie, Chapitre IT, $ 4.

(5) Cette Commission, qui eût dû normalement comprendre quatre membres : français, britannique, italien et japonais, n’en comptait que trois, l'ambassadeur du Japon, M. Ishii, ayant renoncé à la nomination d'un représentant. A côté des trois membres, et contrairement à celle de r913 (ef. supra. Deuxième Partie, Chapitre I, $ 1), la Commission comprenait un délégué albanais, un délégué serbe et un délégué grec, qui étaient entendus à titre consultatif. (Cf. supra, Troisième Partie, Chapitre IE, note 19, art. ENS

Londres de 1913, enedésignant la ligne frontière comme s'étendant jusqu’au Monastère, avait l'intention que San-Naoum reste hors de l’Albanie. »

Le Commissaire français émet l'opinion contraire, considérant qu'à « défaut d’une mention telle que, inclus, ou exclu, après les mots « San-Naoum », le texte permet d’englober ou de ne pas englober le Monastère dans FAlbanie ; cependant, il semble bien, en examinant le contexte de l’idée générale de la phrase, qu'on doive l’interpréter dans le sens de l'attribution de San-Naoum à l'Albanie. »

Le Commissaire italien est plus formel et déclare qu’ « il est vrai que le protocole n'ajoute pas le mot inclus après Monastère de San-Naoum, mais comme un monastère n'est pas un élément topographique de séparation, ainsi que le serait une rivière ou une crête, le territoire qui s'étend jusqu’à San-Naoum comprend forcément cette localité ». (6)

La Conférence des Ambassadeurs, avisée par une note de l'Ambassade britannique à Paris. du 27 Septembre 1922,-de cette divergence, décida de trancher elle-même le débat et, par sa décision du 6 Décembre 1922, attribua le Monastère à l’Albanie.

$ 2. — Demande yougoslave de révision

Cette décision de la Conférence suscita immédiatement en Yougoslavie une grande agitation.

Les Serbes considéraient en effet ce lieu comme un sanctuaire national et ne voulaient point consentir à son abandon à un Etat étranger. (7)

(6) Cf. Tchaslav Nikitovitch. L'affaire du Monastère de San Naoum, op. cit., pp. ôr ets.

(7) Rapport de la Commission d’Enquête en Albanie en date du 18 Janvier 1922. .

« Dès son arrivée à Koritza, le 1% Janvier, la Commis-

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