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TROISIÈME PARTIE — CHAPITRE IV

core la majorité, mais l'opposition était devenue plus puissante ; le 21 Janvier 1924, à la séance inaugurale du Parlement, un attentat est perpétré contre le Président du Conseil et ne semble susciter aucune réprobation dans l'opinion. .

La crise économique du printemps de 1924 mit un comble au mécontentement. La famine sévissait dans le Nord où deux cent mille Malissores se trouvaient dans la situation la plus précaire, sans qu'il fut possible de porter remède à une conjoncture dont les causes étaient profondes (22) ; seul un appel du Gouvernement à la Société des Nations (23) permit, mais avec un important retard, de soulager quelques misères par l'envoi de secours.

Le mécontentement s'était, dans l'intervalle, transformé en rébellion.

Devant une situation politiquement faible et moralement incertaine, Ahmed Zogou se résoud, le 3 Mars, à donner sa démission (24), pour faire confier par la régence la présidence du conseil à Schefket bev Verlassi (25) ; maïs celui-ci, d’une person-

(22) Proportion anormale des terres en friches ; archaïsme des procédés de culture ; régime féodal de la propriété (sauf dans la région de Koritza) ; absence de communications; ravages causés par le paludisme ; insécurité générale des personnes et des biens.

(23) Vide : J.0. S.D.N. 1924. 528 et 1506. =

(24) Vide Le Temps, 18 Juin 1924.

25) Schefket Verlassi : Président du Conseil et Ministre de l'Intérieur ;

Ilias Vrioni : Ministre des Affaires Etrangères ; Mustäpha Aranitassi : Ministre de la Guerre ;

Mufid Libohova : Ministre des Finances et de la Justice ; (par intérim) ;

M. Fakhri : Ministre de l’Instruction Publique ;

Kotcho Kotta : Ministre des Travaux Publics el de l'Agri-

culture.

nalité moins puissante, cherche en vain à composer avec l'opposition et doit, dès le 1° Juin 1924, abandonner le pouvoir au profit d’Ilias bey Vrioni, qui revient ainsi, sur la scène politique, au rôle de premier plan qu'il avait quitté, on s’en souvient, le 16 Octobre 1921, à da suite des difficultés nées de l’action de Marka Gjoni.

Mais en même tergps, une insurrection éclate dans le Nord, à l'instigation de Baïram Zuri (26), dont les troupes menacent Tirana. Devant ce danger pressant, le Gouvernement d’Ilias Bey Vrioni se résoud à restituer les pouvoirs les plus étendus à Ahmed Zogou, dont l’action avait été si efficace contre les insurgés en 1922, mais celui-ci, néanmoins, ne peut, cette fois, triompher de la révolte, et doit s’enfuir en Yougoslavie, tandis que Vrioni et Verlassi se réfugient en Italie.

$ fe — L’'attitude yougoslave et italienne

Il est intéressant d'indiquer que, semblant par là mettre fin à une rivalité sur laquelle nous avons souvent insisté, l'Italie et la Yougoslavie avaient, le 27 Janvier 1924, signé un pacte d'amitié et de collaboration cordiale complétant les accords du même jour entre MM. Mussolini, Pachitch et Ninichitch, réglant la délicate question de Fiume. (25)

(26) Cf. supra eod. cap $ r et note 6.

(27) Etat serbe-croate-slovène, Italie. :

Traité d'amitié et de collaboration cordiale ; signé à Rome, le 27 Janvier 1924, suivi d’un Protocole additionnel, signé à la date du même jour.

Le Gouvernement de Sa Majesté le Roi des Serbes, Croates et Slovènes et le Gouvernement de Sa Majesté le Roi d'Italie, fermément résolus d’assurer la paix ainsi que les résultats obtenus pendant la grande guerre et sanctionnés par les Traités

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