‹ Essai Sur l'Indépendance AlbanaiseChapitre 190 sur 224 · FROISIÈME PARTIE — CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

FROISIÈME PARTIE — CHAPITRE IV

mais l'énergie de son chef lui donna un caractère homogène en face d’une opposition divisée. ]] annonça qu’une Assemblée constituante serait convoquée l’année suivante pour donner un statut définitif à l'Etat, en remplacement du système Hier en vigueur. (18)

Et, le 8 Décembre 1922, fut promulguée sous son influence une Constitution en 128 articles conservant le système de la Régence, instituant une chambre unique élue pour quatre ans et supprimant la religion officielle.

Puis Zogou tenta d'instaurer en Albanie une administration et des méthodes de gouvernement occidentales. Incontestablement, dans ce domaine, des réformes étaient indispensables, mais il semble que les mesures prises par le Gouvernement aient été prématurées ou pas assez progressives pour Inénager une opinion très attachée à des traditions surannées, et peu disposée à accepter une administration puissante et centralisatrice, qui entreprenait sur les privilèges coutumiers des seigneurs locaux. Deux réformes, en particulier, heurtèrent le sentiment populaire : le désarmement de la population, avec son corollaire, le service militaire obligatoire, et la réorganisation fiscale, qui avait pour but de soumettre indistinctement aux impôts directs tous les éléments de la population.

Aussi, maloré les indiscutables résultats (19) obtenus, dans l’ordre matériel, le cabinet fut l’objet d’une opposition, d’abord sporadique, puis de plus

(18) Cf. Swire op., cit., pp. 4o2 et 403.

(19) . avec la Turquie du 15 Décembre 1923 dont

les points principaux sont des suivants :

«Art. I. — Il y aura paix inviolable et amitié sincère et perpétuelle entre l'Etat albanais et la République turque...

hoû ESSAI SUR L'INDÉPENDANCE ALBANAISE

en plus générale, de la part des éléments les plus divers : les chefs de tribus d’abord, que menaçait la lutte contre la féodalité ; le clergé musulman, ulcéré de voir ses prérogatives lui échapper ; les Catholiques mirdites, qui supportaient mal un Gouvernement exclusivement composé de musulmans ; et l’armée, qui s’accommodait peu d’une discipline nouvelle, et de la soumission au pouvoir civil.

Trois organisations groupaient les opposants : le Vatra, ligue nationaliste fondée par les émigrés d'Amérique avec un siège à Boston et un autre à Koritza ; l’Union lkossoviote, panislamique et antislave ; et la Klika, cercle d'officiers nationalistes. (20)

Aux élections des 26 Novembre et 27 Décembre 1923 (21), cependant, le Gouvernement obtint en-

« Art. II. — Les H.P.C. sont d'accord pour établir des relations diplomatiques entre les deux Etats conformément aux principes du droit des gens... »

(Martens, 3-XV-471).

Traité de commerce et de navigation avec l'Italie du 20 Janvier 1924.

(Martens, 3-XX-202 et s.).

Retour en Albanie à la requête du Gouvernement albanais d’un membre de la commission d'enquête (Professeur Sederholm) conformément à la résolution prise par le Conseil (6° séance publique du 13 Mai 1922, J.0. S.D.N.) et désignation de M. Hunger comme conseiller financier (Cf. J.O. S.D.N., Mars 1923, 241).

Réunion à Tirana en Avril 1923 d’un Congrès musulman (Vide The Times, 9 Avril 1923) qui décida la suppression des derniers liens existant entre le Khalifat et l'Eglise d’Albanie, et celle de la polygamie, du reste en désuétude.

(20) Cf. A. Mousset : Europe balkanique et danubienne en 1924, in Année politique française et étrangère 1925/26, p. 308 (Fac.Droit 45.728).

(21) La première däte correspondant au vote des électeurs primaires, la seconde à celui des électeurs secondaires.

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