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TROISIÈME PARTIE — CHAPITRE V

sympathie au cabinet Fan Noli, qu’en particulier ses rélations avec celui-ci furent, notamment dans le Btige de San-Naoum, loin d'être cordiales : et que c'est une note yougoslave, du 26 Novembre 1924, qui avait attiré l'attention des Puissances sur l’ouverture de la légation soviétique, dirigée par M. Krakovietski, à Tirana, initiative qui avait abouti à la suppression de cette représentation. Mais nous avons vu que, depuis le 27 Janvier, le Pacte italo-yougoslave semblait avoir amélioré la situation extérieure de l’Albanie par la limitation mutuelle des ambitions de ses parties (5), et leur engagement d’abstention à son égard.

C’est pourtant l’aide active du Gouvernement et des autorités yougoslaves qui va permettre à Ahmed Zogou de chasser son rival d’un pouvoir usurpé.

La politique de Belgrade s'était, en ce qui concerne l’Albanie, assigné un but précis, celui de rétablir la souveraineté yougoslave sur San-Naoum; or le cabinet Fan Noli avait montré, par dla constance avec laquelle il avait soutenu les procédures engagées sur ce point (6), qu'il était déterminé à conserver à J’Albanie cette fraction territoriale. Ahmed Zogou, au contraire, paraît bien avoir eu l’habileté de donner aux hommes d'Etat yougoslaves des assurances sur le règlement amiable auquel il se prêterait à cet égard, s’il revenait au pouvoir ; et ceux-€i, EN Conséquence, souhaitaient cette éventualité.

Le cabinet Pachitch devait-il aller, comme on Ja prétendu (3), jusqu'à prêter un concours actif, sous forme d’aide militaire, aux entreprises de Zo-

(5) Cf. supra. Troisième Partie, Chapitre IV.

(6) Cf. supra. Troisième Partie, Chapitre III.

(7) Swire (op.cit., p. 445), fournit même les chiffres des effectifs et du matériel de l’armée yougoslave qui auraient été mis à la disposition des Albanais.

gou et de ses partisans, on ne peut l’affirmer à coup sûr : mais il est certain, en tout cas, qu'il favorisa très larsement leur activité sur son territoire, et si visiblement que le ministre britannique à Belgrade, avait cru devoir attirer « l'attention du Gouvernement des Serbes-Croates-Slovènes sur le danger que présentait le développement d’une telle situation ». Mais celui-ci ayant donné l’assurance « que des ordres seraient transmis aux autorités des régions frontières pour qu’elles ne tolèrént, dans leur ressort, aucun préparatif d’invasion » (8), la question ne fit l’objet d'aucune note ultérieure. |

Cependant, c'est bien du royaume qu'allaient partir les opérations dirigées contre le gouvernement Fan Noli.

Le 13 Décembre, une attaque fut lancée de Prizrend sur les forces qui avaient pour mission, sous les ordres de Baïram Zuri, de garder la frontière Nord-Est ; simultanément, dans la région de Dibra, une offensive était menée contre les unités d’Elez Yussuf, qu'après des combats assez violents, les assaillants parvinrent à refouler vers l’intérieur du pays, jusqu'au 24 Décembre, où Zogou, ayant définitivement battu les troupes adverses, put faire son entrée à Tirana en triomphateur ; tandis que Fan Noli et ses proches s’embarquaient pour l'Italie.

Quelques jours avant, devant une situation presque désespérée, celui-ci s'était d'ailleurs résolu à s'adresser à la Société des Nations, par un télégramme au Secrétaire général, du 18 Décembre, où il faisait appel au Conseil, en application des articles .12 et 15 du Pacte, en raison de la violation de la frontière albanaise par des éléments serbes (9). Cette

(8) Parliamentary Debates, 179/808.

(9) J.0. S.D.N., Mai r925-640.

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