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TROISIÈME PARTIE — CHAPITRE V

requête ayant été din communiquée au Ministre de Yougoslavie à Berne, M. Nintchitch y répondit en ces termes : « le Gouvernement de Tirana sait parfaitement que les troubles actuels en Albanie sont uniquement dus au mécontentement de la population, et c’est en vue d’en dissimuler la véritable et unique raison, qu’il porte des accusations graves et sans fondement contre un Etat voisin » Cette réponse ne correspond pas, à vrai dire, à la réalité, comme devait, d’ailleurs, le reconnaître luimême, par la suite, son auteur (10) ; mais, jointe aux communications du. nouveau Gouvernement albanaïs (11), elle devait avoir pour effet d'éviter que le Conseil n’examine la question de l'intervention yougoslave dans le rétablissement d’Ahmed Zogou.

(10) Cf. infra eod. cap. $ 3. Et Le Temps du 15 Avril r927.

(11) Lettre du Gouvernement albanais au Secrétaire général, du 9 Février 1925 :

« J'ai l'honneur de vous prier, d'ordre de mon Gouvernement, de vouloir bien retirer de l’ordre du jour de la prochaine session du Conseil de la Société des Nations, la demande du précédent Gouvernement albanais, par laquelle il avait saisi le Conseil de la Société des Nations, en vertu de

l’art. 19 du Pacte.

« {S) B. Blistini. »

De plus, le 12 Février 1925, le Gouvernement albanais télégraphiait au Secrétaire général de la Société des Nations en ces termes : <

« Mgr. Fan Noli, en Décembre 1924, avait saisi V. Exc. d’une plainte contre le Gouvernement royal des Serbes-Croates-Slovènes. :

« À cet égard, j’ai l'honneur de vous faire la déclaration suivante : Au mois de Juin dernier, deux commandants de régiments, excités à la mutinerie par l'opposition dans l’Assemblée nationale, qui s'était réunie pour élaborer la charte constitutionnelle de l’Albanie, avaient obligé le cabinet al-

44o ESSAI SUR L'INDÉPENDANCE ALBANAISE

$ 2. — Le nouveau régime et sa politique

Ahmed Zogou avait constitué son cabinet dès le 15 Janvier 1925, mais maintenait le pays sous la loi martiale, et en assumait le Gouvernement beaucoup plus, en réalité, à titre de dictateur qu'à celui de premier ministre parlementaire. Le caractère autocratique du régime va d’ailleurs se marquer par une réforme constitutionnelle, votée par ce qui demeurait de l’Assemblée nationale, et qui institua la

banais, présidé par Ilias Bey Vrioni, qui jouissait de la confiance de cette même Assemblée, à quitter le pouvoir. .

« Par suite de cet acte de violence, le Gouvernement du pays passa aux mains des officiers révoltés et des chefs de l’opposition. Pour comble d’illégalité, l’Assemblée nationale fut dissoute, et. un régime de terreur et d'inquiétude fut établi. Cet état de choses dura jusqu’au jour où Ahmed Bey Zogou vint à Tirana, afin de restaurer le Gouvernement légal et rétablir la représentation nationale.

« Depuis, l’Assemblée invitée à se réunir à Tirana, afin d’exercer la souveraineté nationale, a voté à l’unanimité le régime républicain en Albanie, et élu à la présidence de la République Ahmed Bey Zogou.

«S. Exc. M. le Président de la République, conformément aux droits conférés à lui par la nouvelle charte constitutionnelle, à formé un Gouvernement qui, à l'heure qu'il est, détient le pouvoir légal. Au nom de ce Gouvernement. j'ai l'honneur, Monsieur le Secrétaire général, de vous prier de bien vouloir porter à la connaissance des honorables membres de la Société des Nations, que les accusations portées par Mgr. Noli contre le Gouvernement du Royaume des Serbes-Croates-Slovènes ne sont pas fondées et que nous ne les partageons aucunement.

«Le Ministre par intérim des Affaires Etrangères,

(S) Mufid Libohova. »

(In J.0, S.D.N. Mai 1926, 642.)

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