‹ Essai Sur l'Indépendance AlbanaiseChapitre 205 sur 224 · TROISIÈME PARTIE — CHAPITRE V · texte numérisé non relu

TROISIÈME PARTIE — CHAPITRE V

part, le Gouvernement albanais s'était exagéré la portée de la communication du baron Aloisi »

(19 bis). La fermeté du Gouvernement de Tirana paraissait donc avoir écarté la tentative ;: mais nous allons voir, maintenant, qu'il ne put maintenir cette attitude.

$ 3. — Le pacte de Tirana du 27 Novembre 1926

En Novembre 1926, la situation intérieure du Gouvernement d'Ahmed Zogou n'était plus aussi assurée qu'elle n'avait cessé de l'être jusqu'alors. Des insurrections, en particulier, avaient éclaté dans le Nord du pays, que l’état des finances publiques ne permettait pas de contenir avec toute la vigueur nécessaire. Le 20 Novembre (20), les tribus catholiques de la région de Scutari s’avancèrent vers cette ville, menaçant de l’occuper ; cinq compagnies de l’armée régulière furent mises en déroute, tandis que les renforts tardaient à arriver (21) ; les causes véritables de la révolte sont mal connues, mais il est certain, en tout cas, qu’elle mit en grande difficulté les autorités établies.

C’est ce moment que choisit, très habilement, la diplomatie italienne, pour faire les nouvelles propositions qui devaient aboutir au premier Pacte de Tirana, et auxquelles le Gouvernement albanais n’était plus en mesure d'opposer la même intransigeance que quelques mois auparavant : de fait, elles furent acceptées purement et

(1x9 bis) Cf. The Times, 4 Septembre 1926.

{o) Cf. Times, 24 Novembre 1926. (21) Cf. Times, 26 Novembre 1926.

simplement par Zogou, pour constituer le texte du Traité du 27 Novembre. (22)

La clause la plus curieuse de ce pacte, celle de son article premier, vise à garantir, notamment, le statu quo politique de l’Albanie, c’est-à-dire à maintenir le régime d’Ahmed Zogou. Est-ce à dire que Île peuple albanais n'aurait plus la liberté de modifier librement ses institutions internes ? Sans pouvoir. l’affirmer, il semble toutefois que l'Italie se voyait, en fait, octroyer la possibilité de n’admettre les changements de régime que s'ils étaient conformes à ses intérêts propres. Il est vrai que, par une lettre

(22) « d'Italie et l'Albanie, dans le but de resserrer les rapports réciproques d'amitié et de sûreté au sujet de leur situation géographique, et de contribuer au renforcement de là paix, poussées par le désir de maintenir le s{alu quo politique, juridique et territorial de l’Albanie, dans le cadre des traités dont toutes deux sont signataires et du pacte de la Société des Nations, ont décidé de conclure ce pacte d’amitié et de sûreté, et ont désigné comme plénipotentiaires à cet effet : pour S.M. le roi d'Italie, le baron Aloisi, ministre de S.M. en Albanie ; pour S.Exc. le Président de la République d'Albanie, M. Vrioni, Ministre des Affaires Etrangères de la République alabanaise, qui, après avoir pris connaissance de leurs pleins pouvoirs, ont stipulé :

« Article premier. — Toute perturbation dirigée contre le statu quo politique, juridique et territorial de l'Albanie, est contraire à deurs intérêts politiques réciproques.

« Art. 2. — Pour sauvegarder l'intérêt susdit, les H.P.C. s'engagent à se prêter un appui mutuel et une collaboration cordiale ; elles s'engagent également à ne pas conclure avec d’autres puissances des accords politiques ou militaires qui soient préjudiciables aux intérêts de l’autre partie, définis dans le pacte actuel. À

« At. 3. — Les H.P.C. s'engagent à soumettre à une procédure spéciale de conciliation ou d'arbitrage les questions qui viendraient à les diviser, el qui n'auraient pas pu être résolues par les voies diplomatiques ordinaires.

« Les modalités de cette procédure de règlement pacifi-

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