TROISIÈME PARTIE — CHAPITRE Y k
du 5 Décembre 1926 (23), le baron Aloisi, précisant Certains points de l'accord, souligna que l'appui italien ne se manifesterait qu'à la demande du Gouvernement albanais ; mais il est permis de ne voir, dans cette lettre interprétative, qu'une formule destinée, et à ménager des susceptibilités albanaises, et à calmer les réactions extérieures.
Celles-ci, en effet, avaient été très sensibles devant une action qui, pour n'être pas inattendue, n’en était pas moins contraire au maintien des relations amicales de l'Italie, plus particulièrement avec l'Etat yougoslave. |
Par te Pacte de Tirana, en effet, se re mis en échec le principe fondamental de la politi-
que feront l’objet d’une convention spéciale, qui sera conclue dans le plus bref délai.
« Art. 4. — Ce pacte aura une durée de cinq années, el pourra être dénoncé ou renouvelé une année avant son échéance.
« Art. D. — (Ce pacte sera ratifié et ensuite enregistré à la Société des Nations. Les ratifications seront échangées à Rome.
« Tirana, le 27 Novembre 1926.
« Signé : Baron Aloisi, « Vrioni. » (In Martens, 3.XVII:12 et 13.)
(3) Lettre du baron Aloisi, ministre d'Italie en Albanie, précisant certains points de l'accord précédent (in Martens, 3.XVIH.660 et 661.)
« Durazzo, le 5 Décembre 1926,
« Vous m'avez prié, notamment, de demander si le Gouvernement italien albanais croyait que la phrase «1 trat- &« tati di cui ambedue sono firmatarie » se référait seulement aux traités légalement conclus et publiés depuis ladmission de l’Albanie idans la Société des Nations ; conformément aux assurances verbales que je vous ai déjà données, je vous confirme que telle a été aussi la pensée du Gouvernement de
h4S ESSAI SUR L'INDÉPENDANCE. ALBANAISE
que de Belgrade : les Balkans aux Balkaniques. C’est pourquoi l'émotion y fut si grande dès que fut connue sa teneur, qui fut immédiatement considérée comme une marque de l'abandon délibéré par l'Italie de la politique d'amitié italo-yvougoslave inaugurée par le traité du 27 Janvier 1924 (24). M. Nintchitch, qui avait été l'artisan de cette politique, donna immédiatement sa démission (25), devant une violation aussi éclatante du traité de Rome, dont l’article premier du Protocole additionnel stipulait, on s’en souvient, que les parties s’engageaient à se communiquer préalablement les accords de nature à inté-
Rome (%). Ensuite, vous avez bien voulu attirer mon attention
sur la phrase contenue dans la deuxième partie de la première période de l’art. 2 du texte, à savoir « il loro mutuo « appoggio e la loro collaborazione cordiale ». Cette pensée, d'après l'intention du Gouvernement royal, ne peut soulever aucun doute, l'appui mutuel et la collaboration cordiale ne peuvent s’interpréler autrement que comme une collaboration résultant de propositions faites par l’une des Parties et acceptées librement par l'autre. Partant, il est évident que cet appui et cette collaboration ne peuvent se manifester que si l’une des deux parties les demande... »
(24) Cf. supra. Troisième Partie, Chapitre IV, $ 4, et note 27.
(25) Par la lettre suivante : « Monsieur le Président, étant ministre des Affaires Etrangères, j'ai imprimé à notre politique extérieure l’orientation que j'ai jugée la plus profitable aux intérêts de mon pays, et qui était basée sur les accords réciproques que, de ma part, j'ai loyalement observés.
« Récemment, un événement s’est produit qui a ébranlé la conviction sur laquelle j'ai basé cette politique. C’est pour celle raison que j'ai l’honneur’ile vous informer, Monsieur le Président, que je donne ma démission de Ministre des Affaires Etrangères. »
(In D. Nikolitch, op. cit., p. 227).
(&) L'intérêt de cette question était d'exclure le pacte de Londres de 1915.