PREMIÈRE PARTIE — CHAPITRE PREMIER
La Porte dut céder et, le 12 octobre 1880, accepta de rendre Dulcigno sans condition. Pour ce faire les Turcs d’ailleurs avaient dû chasser de vive force les Albanais de la ville.
Les forces de la Ligue battues, celle-ci fut dissoute et la répression sévère ; Prenk Bib Doda, chef des Mirdites, fut capturé et conduit en exil à bord d’un navire de guerre turc. Sa capitale, Oroschi, fut brülée. Le 27 novembre 1880, le Montenegro prenait possession de son nouveau territoire.
La volonté des puissances s’accomplissait.
$ 5. — La frontière grecque
La Turquie et la Grèce n'ayant pas non plus réussi à arriver à un accord, une conférence européenne, réunie à Berlin, adopta, le 25 Juin 1880, un tracé qui, à partir de la Mer Adriatique, remonte le cours du Kalamas jusqu'à ses sources, puis suit la ligne de partage des eaux depuis le massif du Pinde jusqu’à l’Olympe, pour descendre les crètes de celui-ci jusqu’à la mer Egée. Aïnsi Janina et Metsovo étaient annexées.
La Porte, s'appuyant ici encore sur les protestations émanant de la Ligue albanaise, déclara ne pouvoir souscrire à cette décision. Les cabinets européens soutinrent moins énergiquement la cause grecque que celle du Monténégro, et consentirent à reconsidérer leur décision. Les Ambassadeurs des Puissances à Constantinople, saisis de la question, fixèrent, le 28 Mars 1881, une nouvelle frontière, beaucoup moins favorable à la Grèce, et réduisant pratiquement les pertes turques à la région d’Arta. La Porte donna son accord le 3 Mai, et une Commission Internationale fut chargée de la délimitation.