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PREMIÈRE PARTIE — CHAPITRE PREMIER

nale de délimitation de la frontière monténégrine une protestation qui demeura sans résultat. Il n’en pouvait d'ailleurs être autrement car cet organisme, purement exécutif, n'avait pas compétence pour prendre des décisions de principe, et ne pouvait que remplir son mandat.

Cependant que les nationalistes albanais tentaient ainsi de faire échec aux bénéficiaires du traité de Berlin, ceux-ci, et singulièrement le Monténégro et la Grèce, pressent la Porte de leur transmettre les territoires à eux octroyés, et tout d’abord ceux de Gussinje et de Plava. Ne pouvant absolument écarter ces demandes, qu'appuyaient énergiquement les cabinets de Berlin et de Saint-Pétersbourg, assez curieusement unis dans cette action, le Divan, après des réponses dilatoires, dut, résultat d’ailleurs assez faible, opérer la cession de Pouz et de Podgoritza. en Février 18709.

Puis, désirant gagner encore quelque temps, la Turquie protesta que, la géographie de ces régions étant imparfaitement connue, il fallait. avant tout, la déterminer sur le terrain de façon précise, pour éviter une délimitation arbitraire.

$ 4. — La frontière monténégrine

‘ Lorsqu’au mois de Décembre 1879 le Monténégro envoya des formations militaires pour occuper Plava et Gussinje, il rencontra les forces de la Ligue. À Novoschie-Vikika eut lieu, le 4 Décembre 1870, la bataille décisive où les troupes du Voïvode Bojo Petrovitch furent battues par 6.000 Albanais, sous les ordres d’Ali-Pacha.

Le Prince en appela aux Puissances, mais déjà s'étaient réveillées entre elles les dissensions un mo-

ment assoupies. Une action positive commune ne semblait pas réalisable. - Aussi, le comte Corti, ambassadeur italien à Constantinople, préconise-t-il un compromis (24) dont les termes furent, après de brèves négociations, acceptées par les parties. Un mémorandum fut signé à Constantinople entre la Turquie et le Monténégro, le 12 Avril 1880, et confirmé par les Puissances dans un Protocole du 18 Avril. Le Monténégro acceptait, au lieu des régions promises, celles de Hoti, de Gruda et une partie de celle de Klementi, qui devaient être occupées dans un délai de dix jours.

Des précautions étaient prises pour éviter de nouvelles difficultés. (25)

Mais, sans qu'on en ait jamais éclairci la raison, les Turcs évacuèrent trop tôt les positions, et les forces albanaises eurent le temps de s’y retrancher avant l’arrivée des Monténégrins.

Devant cette nouvelle situation les Puissances se regroupent et décident une action conjuguée. | C’est alors que se place la grande démonstration navale internationale de Septembre 1880 devant Dulcigno (26) destinée à en amener l’occupation monténégrine, sous la protection de l’escadre européenne.

(24) C’est la première intervention officielle de l'Italie isolée dans la politique albanaise.

(25) « ….Vingt-quatre heures avant l’évacuation, les commändants des points occupés par l’armée impériale ottomane auront à prévenir le commandant de l’armée princière monténégrine à Podgoritza de l'heure précise à laquelle ils devront se retirer des points occupés. Ils attendront cette heure sans s'éloigner avec leurs troupes de ces points et ïls ne les quitteront qu’à l'heure fixée... »

(26) Le 28 Septembre 1880, les escadres conjuguées de Grande-Bretagne, de France, d’Autriche-Hongrie et de Russie mouillent en rade de Dulcigno, tandis que la Grande-Bretagne menace d'occuper Smyrne.

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