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PREMIÈRE PARTIE — CHAPITRE III

personnel et ne rentrant pas, surtout la première, sons le cadre logique des mesures d'ordre général. ‘Ainsi, l'Albanie se trouvait devenue une unité autonome au sein de l'Empire ottoman (15), cela s’analysait ainsi : l’administration était uniquement assurée par des Albanais ; le droit privé local s’appliquait ; l’enseignement se faisait en albanais, et cette langue était l’officielle ; l'affectation spéciale “des impôts traduisait l'autonomie sur le plan fiscal. Ce régime s’appliquait à l'étendue des quatre vilayets, et cela est à retenir, car c’est la première détermination officielle des limites de l’Albanie. Le résultat de cette victoire sur les Jeunes-Turcs est que la politique albanaise fut poussée jusqu'aux détails, et que l'espoir s'empara de ses dirigeants de la mener plus loin encore à bref délai ; car le processus de régénération devait se compléter par le système d'enseignement national.

L'indépendance complète de l’Albanie n'était plus éloignée, mais ce fut d'une façon imprévue qu'elle se réalisa.

(9 Conséquences immédiates des succès albanais

Le mouvement albanais avait porté un coup mortel à la politique des Jeunes-Turcs.

(15) On admel, comme critère formel, que l’autonomie se caractérise par le fait qu’elle trouve sa source, soit dans une disposition constitutionnelle, soit dans un accord bi-latéral. La simple décentralisation, au contraire, résulte d’une disposition prise en la forme de loi ordinaire et émise en applicätion de la constitution existante, dans les limites qu’elle

prescrit.

Pour la première fois le comité « Union et Progrès » s'était trouvé humilié.

La Chambre fut dissoute. Le ministère chauvin dut se retirer avec le dictateur Mahmoud Shefket ; un cabinet plus modéré sous la présidence de Gas Kukhtar lui succéda.

Mais le triomphe de la cause albanaise devait avoir de plus grandes conséquences que des changements politiques à Constantinople ; nous allons le voir maintenant.

La période dont nous venons d’achever l’examen, et qui s'étend du Congrès de Berlin aux Guerres Balkaniques a été caractérisée par l’intéraction et l’interférence de deux ordres de phénomènes indépendants : d’une part, la croissance, parfois artificiellement forcée, du nationalisme albanais, et, d'autre part, la rivalité des Puissances et son incidence sur la question albanaise. Un nouveau facteur va désormais apparaître, la politique propre des Etats balkaniques, qui va marquer très fortement la période que nous allons maintenant aborder.

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