‹ Essai Sur l'Indépendance AlbanaiseChapitre 62 sur 224 · PREMIÈRE PARTIE — CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE — CHAPITRE VII

ner une solution neuve au problème ancien de l’équilibre balkanique.

$ 1. — L'acceptation des Puissances

C'est le 27 Novembre 1912 que le Temps avait publié la nouvelle de son correspondant de Londres, que l'Angleterre « était disposée à offrir ses bons offices pour le règlement pacifique de la question albanaise, au moyen d’une conférence internationale. »

Après l'échec de la tentative de Poincaré d’amener un mois auparavant, à la fin d'Octobre, les Puissances à signer un protocole de désintéressement, et contre laquelle la presse de Vienne, notamment, s'était élevée —- « la formule sent le cuir de Russie », avait écrit la Neue freie Presse — les chances de réussite semblaient minimes. C’est Sir Edward Grey luimême qui fit la proposition que les ambassadeurs des Grandes Puissances, accrédités à la Cour de Saint-James, se réunissent pour étudier et soumettre à leurs gouvernements respectifs les solutions les plus propres à résoudre la question albanaise.

Cette formule même d’une réunion d’ambassadeurs, qui ne serait appelée à prendre aucune décision, était de nature à lever les difficultés.

‘De plus, le 3 Décembre, les hostilités entre la Turquie et les Alliés, sauf la Grèce, avaient cessé, ce qui avait notablement contribué à la détente. Un échange actif de notes et de réserves s'établit entre les chancelleries (2). Et, le 9 Décembre, le Se-

(>) Déclaration de Sir Edward Grey à la Chambre des Communes, le g Décembre 1912, (citée dans Le Temps du 11 Décembre 1912).

crétaire d'Etat britannique pouvait dire : « Les grandes Puissances neutres et signataires du traité de Berlin sont maintenant toutes d'accord pour que leurs représentants se réunissent à Londres, afin d'y procéder à un échange de vues non officiel, et qui n’engagera pas les gouvernements. Le but de cette consultation est de faciliter un échange de vues portant particulièrement sur les points qui peuvent le plus directement affecter les intérêts de l’une ou de l’autre des Grandes Puissances.

« Ces réunions ne constitueront pas une conférence. Une fois les conversations commencées à Londres, une fois que les représentants des Puissances seront mis en mesure de discuter ensemble autour d’une table, les Puissances se trouveront en contact plus étroit, et il y aura moins de danger que l’une d'elles ne se détache des autres, dans le cas où des difficultés imprévues surgiraient. »

Ce calcul se révéla parfaitement exact, et nous allons voir que les ambassadeurs, après un certain nombre de réunions, tombèrent d'accord pour proposer une formule à leurs gouvernements. Sans doute cette formule aura, au strict point de vue de l’Albanie, le défaut considérable de n'avoir pas été élaborée dans son seul intérêt et, partant, de méconnaître les réalités locales. Mais il ne faut pas oublier qu'elle a l’immense mérite d’avoir évité une rupture, dont les conséquences eussent été incalculables.

$ 2. —— La Réunion des Ambassadeurs

C'est le 17 Décembre r912 que se réunirent, pour là première fois, les Ambassadeurs au Foreign Office. Les membres étaient Sir Edward Grey, président, Paul Cambon, pour la France, Comte de

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