‹ Essai Sur l'Indépendance AlbanaiseChapitre 63 sur 224 · PREMIÈRE PARTIE —— CHAPITRE VU · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE —— CHAPITRE VU

Benckendorf, pour la Russie : Prince Lichnowsky, pour l'Allemagne, Comte de Mensdorff-Pouilly, pour l'Autriche-Hongrie ; et Marquis Imperiali, pour l'Italie.

Toutes les décisions devaient être prises ad referendum, conformément au système même de l’organe ; aussi, les Ambassadeurs décidèrent-ils que leurs délibérations seraient tenues secrètes.

Mais trois jours plus lard, le 20 Décembre 191, le monde était avisé, par la remise à la presse d’un communiqué, qu'un premier accord avait pu être réalisé :

« Les Ambassadeurs ont recommandé à leurs gouvernements, et ceux-ci ont accepté en principe, l'autonomie albanaïise, ainsi qu’une réserve garantissant à la Serbie un accès commercial à la mer Adriatique. Les six gouvernements se sont accordés en principe sur ces points. »

Cette formule est étonnante, si l’on se souvient que l’Albanie jouissait déjà de l’autonomie, et il semble qu'il s’y soit glissé une erreur de terminologie, et que la Réunion ait entendu reconnaître les droits albanais à l’indépendance.

Le Gouvernement provisoire de Valona avait envoyé trois délégués à la Réunion : Rassih bey Dino, Mehmed bey Konitza et Philippe Noga, qui présentèrent à la Conférence un mémorandummatériellement très important, mais qui ne semble pas avoir exercé une influence prépondérante sur ses décisions.

Deux propositions précises furent en effet présentées, dès les premières séances.

D'une part, la proposition britannique de confier le gouvernement de l’Albanie à un Haut-Commissaire, représentant les Grandes Puissances.

D'autre part, la proposition russe de maintenir l’Albanie sous la souveraineté du Sultan.

Ces deux propositions furent catégoriquement écartées par l'Autriche et l'Italie.

Et c’est alors que l'indépendance politique de l'Albanie, sous certaines réserves, fut finalement admise en principe.

Ces réserves, amendements à l'indépendance, consistaient, d’une part en la neutralisation, sous le contrôle des Puissances, d'autre part en la mise à la disposition de la Serbie d’un port albanais relié à elle par un chemin de fer neutre, dont la garde et la police devaient être confiées à une gendarmerie internationale, avec, bien entendu, bénéfice de la franchise douanière. \

Mais la question des frontières demeurait irrésolue ; les deux tendances opposées étaient représentées par l'Autriche, qui, nous l’avons vu, désirait que l’Albanie eût le territoire le plus vaste possible, et la Russie, qui, au contraire, voulait la réduire, pour laisser aux nations slaves un plus large champ d’annexion.

$ 3. —— La convention secrète austro-italienne

Mais si les autres grandes puissances luttaient à visage découvert au sein de la Réunion, deux Etats, l'Autriche et l'Italie, que le problème albanais touchait particulièrement, par son côté maritime surtout, négociaient en secret, pour lier leurs intérêts à l’insu des autres.

Nous venons de voir avec quelle unité elles avaient repoussé les deux propositions les plus propres à résoudre d'une façon définitive le problème

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