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DEUXIÈME PARTIE — CHAPITRE II

essayer de soustraire l’Albanie à l'influence de ses voisins balkaniques, et le plus sûr moyen pour y parvenir était, maintenant, de lui donner assez d'importance pour qu'elle put éviter de tomber sous la domination d’un autre Etat de la péninsule.

Elles entendaient réaliser une extension maximum de l’Albanie jusqu’au delà d’Ipek, Diakova, Prizrend et Dibra.

lieu, les voies et les moyens les plus propres à accorder et à garantir nos intérêts réciproques,

« J’attacherais beaucoup d'importance à obtenir l’assurance que le comte Goluchowski voit, comme moi, dans ce qui précède, la répétition fidèle du contenu de nos engagements à ce sujet. En conséquence, j’autorise V. Exc. à lui due ce mémorandum. »

° Mémorandum du Ministre austro-hongrois des Affaires a es à l'ambassadeur à la Cour royale italienne de Rome du 9 Février 19017 :

« Après son retour de Rome, le comte Nigra a attiré mon attention sur la réponse que S. Exc. le Ministre des Affaires Etrangères du Royaume italien a donnée à l’interpellation qui lui a été adressée à la Chambre des Députés relativement à l’Albanie, et a en même temps exprimé l'espoir que je trouverais les déclarations qu’elle contient conformes aux principes sur lesquels nous nous sommes mis d’accord en 1897 à l’occasion de ma rencontre avec le marquis Visconti-Venosta au château de Monza. Lors de l'échange de vues très cordial qui eut lieu dans nos conversations touchant cette question, nous avons, en effet, reconnu la nécessité : [Reproduction des trois points de l'accord]. En considération de ce qui précède, je me réjouis d'établir maintenant que la déclaration du Marquis Visconti-Venosta à été reçue avec une vive satisfaction par le cabinet royal, et je vous prie d’en donner connaissance à S.Exc. le Ministre des Affaires Etrangères. »

(Texte allemand de ces documents in Livre rouge austrohongrois sur les origines de la guerre avec l'Italie. Vienne 1919, p. 19. — Et in Recueil Martens 3° série T. IX p. 645.)

Comp. supra. Première Partie, Chap. VI, note 16. L'Autriche-Hongrie, on le voit, avait cherché à associer l'accord russe et italien à son projet d'indépendance albanaise.

La Russie et la France, au contraire, pour avantager la Serbie, désiraient réduire au minimum le territoire du nouvel Etat, qu’elles voulaient borner à l'Ouest et au Nord au cours du Drin Noir; la Grande-Bretagne, par solidarité avec ses partenaires de la Triple Entente, inclinait à se ranger à ce point de vue.

Entre la Russie et l'Autriche, par conséquent, comme entre leurs alliées respectives, l'opposition “était absolue.

Londres, pourtant, si l'on en juge par les déclarations aux Communes de Sir Edward Grey du 25 Mars 1913, se tenait dans une équitable modération, estimant que « si l’Albanie était trop petite, elle ne pourrait, dans l'avenir, avoir une existence séparée, si, d’un autre côté, on la créait trop grande,

on eût empiété injustement sur les ambitions légi-

times du Monténégro, de la Serbie et de la Grèce ». (11)

$' 4. = L'accord austro-ru$sse

Pour concilier des positions aussi antinoniques, les ambassadeurs des autres puissances proposèrent de procéder à une enquête sur place, mais la Russie soumit son acceptation de cette procédure à un accord préalable de principe sur le point de savoir si, comme elle le désirait, la frontière serait basée sur les nationalités et non, comme l’eût voulu ’Autriche, sur des éléments purement diplomatiques.

Grâce aux efforts de Sir Edward Grey, en particulier, un accord put être réalisé et, le 13 Mars 1973, un communiqué, publié simultanément à Vienne

(11) Vide le discours du Secrétaire d'Etat in Archives Diplomaliques, T. 125, pp. 209 ets.

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