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LA DÉLIMITATION DES FRONTIÈRES

$ 1. — L'organisation de la Commission.

$ 2. — Les travaux de la Commission.

$ 3. — Le Protocole de Florence.

Nous avons vu au prix de quelles difficultés s'était fait l'accord sur le tracé général des frontières de l’Albanie. 11 va s'agir maintenant de transposer sur le plan concret les décisions arrêtées, c'est-à-dire de joindre par uné ligne continue, étudiée sur le terrain, les points déjà fixés. Cela incombera à la Commission internationale de délimitation nommée par les Puissances.

L'ensemble des frontières avait été, dès le début, divisé en deux sections destinées à être traitées séparément : la première, dite du Nord et du Nord- Est, partant de la Mer Adriatique, dans la région de Scutari pour aboutir au lac Ochrida, intéressait les Etats slaves, le Monténégro, la Serbie et, dans une certaine mesure, la Boloe à laquelle pouvaient revenir les pays essentiellement bulgares de Dibra et de Stfouga ; la Section Sud et Sud-Est qui s’étendait du lac "Obs à l'Adriatique, vis-à-vis de Corfou, touchait exclusivement aux intérêts grecs. |

Si le principe des nationalités avait pu contribuer à faire admettre la création d’une Albanie indépendante, il ne servira pas de guide dans Ja fixation de ses frontières septentrionales.

Si l’on avait voulu s’y tenir exclusivement, en effet, on se serait heurté, du côté serbe, à toutes les difficultés que nous avons relevées au chapitre précédent (1) sans même vouloir parler des profonds sentiments nés des souvenirs historiques que les Serbes attachent à Ipek, à Detchamé et, surtout, à Kossovo, et qui eussent pu les conduire à quelque extrémité.

(1) Cf. supra. Deuxième Partie. Chapitre IT, $ 4 in fine, et la note r4.

DEUXIÈME PARTIE — CHAPITRE IE 207 Le critère nationalitaire devant donc être abandonné, ce vont être principalement des considérations politiques et économiques qui guideront les auteurs des frontières Nord et Nord-Est. Ce n’est d’ailleurs que beaucoup plus tard, en 1925 (>) que celte frontière fut délimitée sur place, la Commission de 1914 ayant dû, du fait de la guerre, interrompre ses travaux dans ce secteur.

La Commission avait pu, néanmoins, arrêter la ligne Sud et Sud-Est dans les conditions que nous allons maintenant examiner.

:$ 4. — L'organisation de la Commission

La désignation des membres de la Commission internationale tarda plusieurs mois, et ce n’est qu’au cours de Septembre 1913 qu'elle fut achevée.

La Commission se composait du Lieutenant- Colonel Doughty Wylie, pour l'Angleterre, du Commandant C. Thierry pour l'Allemagne, de M. C. Bibinsky pour l’Autriche-Hongrie, de M. A. Lallemand pour la France, de M. $. Labia pour l'Italie, et du Colonel P. Lovkovitch pour la Russie: ds

Arrivée au début du mois en Albanie (3), la Commission tint sa première séance le 4 Octobre à Monastir ; les membres y désignèrent comme président le Lieutenant-Colonel Wylie. |

(2) Vide Protocole de Florence de 1925 (B.DAH.C. F. pièce 39), et infra, Troisième Partie, Chapitres IL et I.

(3) À un moment, particulièrement troublé, d’après le communiqué officieux publié par l'Agence Reuter à Paris, et qui fait état d’un soulèvement albanais, qui aurait COmMmencé le 23 Septembre à Dibra, à l’instigation d'éléments bulgares. Le texte de ce communiqué, in Archives Diplomatiques, T.129, p. 261.

Mais, dès l’abord, se posait une importante question relativement à la procédure à adopter : la Commission devait-elle ou non entendre les parties, à savoir, en ce qui concerne les frontières Sud et Sud-Est, des voix grecques et albanaïses. Cette question se/décomposait en deux problèmes distincts ; le premier, le plus important et qui touchait au principe même, était celui de la représentation officielle de ces Etats auprès de la Commission par des délégations officielles. | ù

Bien qu’il semble indispensable, lorsqu’en entend tracer la limite entre deux Etats, de confronter leurs prétentions réciproques, ce qui offre, en particulier, l’avantage, si elles coïncident, de Le er toute difficulté, et si elles sont divergentes, de faire connaître les revendications maxima de chacun d'eux, d'y relever éventuellement les plus-pétitions, et en tout cas, de n’en pas dépasser des limites (3 bis), la Commission résolut néanmoins, afin de ne pas alourdir sa tâche par ses discussions qui, craignaitelle, auraient pu devenir inextricables, d’écarter la représentation des parties et de procéder par voie d'autorité. IL est sans doute régrettable qu'elle ait cru devoir adopter cette solution, car exclure complètement les intéressés des débats d'où vont sortir des décisions capitales pour eux, favorise l’éclosion des sentiments révisionnistes.

Le second problème, purement concret “lu là, et sans portée générale, était celui de l'assistance matérielle, notamment des escortes et des services nécessaires aux travaux de la Commission internationale.

Ici encore, dans un souci d’impartialité abso-

(3 bis) C'est-à-dire statuer ultra petita.

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