‹ Essai Sur l'Indépendance AlbanaiseChapitre 86 sur 224 · DEUXIÈME PARTIE — CHAPITRE fi ait · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE — CHAPITRE fi ait

incorporée au nouvel Etat par l’action directe de la Réunion de Londres. Aussi la Commission ne devait-elle, à cet égard, prendre aucune décision. Mais néanmoins, les autorités grecques avaient pris les mesures nécessaires pour persuader la Commission de la grande injustice faite par la Réunion en attribuant cette ville à l'Albanie. Ce camouflage ne laissait rien à désirer, même les arbres et les poulaillers avaient été peints en bleu et blanc ; la ville tout entière semblait une mer écumante... Mais comme il était impossible de fermer la bouche à tout le monde, les Grecs changèrent de tactique : ils dépêchèrent sur les traces de la Commission une bande d'’irréguliers terroristes qui devait la suivre en criant à tue-tête : « L'Union ou la Mort ! ». Lorsqu’à Borova, un des délégués voulut se rendre compte par lui-même de la nationalité des habitants et alla frapper à une porte ; il fut entouré par la bande d’énergœumènes qui menacèrent de tirer sur lui s’il ne s’éloignait pas de la maison... » (5).

Ce fut là l'incident de Borova, qui fit que les membres de la Commission informèrent leurs gouvernements respectifs de l'impossibilité de continuer leur tâche.

C’est alors qu'agissant isolément (6), l’Autriche- Hongrie et l'Italie adressèrent, le 31 Octobre, des notes identiques au Gouvernement dAthènes pour l’avertir que leurs représentants avaient reçu, pour instruction de considérer comme albanaiïise toute localité où se produirait de l’obstruction.

Malgré cette procédure accélérée, la Commission était encore loin d’avoir terminé ses travaux

(5) In C. Chekrezi : Albania past and present. New-York,

(6) Cf. suprä. Première Partie, Chap. VIT, $ 5.

quand le Gouvernement britannique fit une proposition aux termes de laquelle la délimitation serait achevée sur cartes, le tracé joignant les points déjà fixés devant être fait en ne tenant compte que de considérations géographiques économiques et stratégiques.

ob Le Protocole de Florence

Malgré l'opposition active de la Grèce, les Puissances acceptèrent.

La Commission s'étant transportée à Florence, en Italie, en Décembre 1913, s'adjoignit, pour ses travaux, la collaboration de l’Institut Géographique de cette ville.

Le 17 Décembre, elle termina sa tâche et un Protocole fut signé :

Il assignait à l’Albanie les deux provinces litigieuses de Korcha et d’Argyrocastro tout entières, ce qui correspondait aux vues de la Réunion des Ambassadeurs.

Mais, comme pour paralyser la seule voie de communication de l’Albanie du Sud, entre Santi- Quaranta et l’intérieur du pays, une petite partie de la route fut laissée en terrrtoire grec.

Le délégué russe avait même proposé l’exclusion de la route entière du territoire albanais, le nouvel Etat devant construire lui-même une nouvelle route joignant Premeti à Ersek. Mais cette tâche n'était pas dans ses possibilités et la proposition ne fut pas prise en considération. Toutefois, Le district de Tchamouria, habité pourtant par une population entièrement albanaise, fut laissée hors des frontières.

La question des frontières Sud-Est, soumise à

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