XXXII PREFACE
comme s'il disoit : ce Cfoyez ce que. vous » voudrez, pourvu^que vous agissiezbien ;» ou 9 en d'autres termes : ce La foi est indir* I» férente , la morale seule ne l'est pas ? » Il est étrange qu'il faille expliquer des choses si claires, et définir des mots dont le sens étoit nettement fixé il y a plus de ' cent cinquante ans. Sous Louis XIV , les écrivains catholiques et protestans, Bossuet, Jurieu, parloient de l'indifférence des religions , et apparemment ils s'entendoient. Alors, comme aujourd'hui, il y avoit des hommes engagés par système à soutenir que toutes les religions sont indifférentes , ou que chacun . peut se sauver dans la sienne. Il y en avoit d'autres qui, transportant cette monstrueuse erreur dans le sein même du christianisme, déclaroient qu'on pouvoit indifféremment rejeter ou admettre plusieurs des dogmes révélés*
PREFACE. XXXni
Voilà rindifférence dogmatique , et jusqu'à ce que les Déistes aient adopté un sym« bple dont il ne soit paç permis de s'écarter^ j'ignore comment ils se défendroient d'être une secte d'indifférens.
Nous nous proposons de traiter avec quelque étendue, dans le troisième volume de cet ouvrage , la question de la tolérance. En attendant, pour répondre au reproche qu'on nous fait d'être intolérant, nous. prie* rons ceux qui se montrent si pressés d'accuser, d'expliquer leur accusation. Que veulentils dire ? que nous prêchons la persécution? Rien de plus faux , et ils le savent bien. (Qu'ils citent nos paroles , elles sufHront amplement pour nous justifier. Personne n'est plus convaincu que nous, qu'on ne ramène point les hommes à la vérité par la violence. La contrainte fait des hypocrites et quelquefois des rebelles : la dou-
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ceiir et la persuMion peurent seules feire de» chrétiens. En laissant les gonreme- Viena yuges des mesures que Tintera publib kstJf cottmanderoit de prendre contre les sectes de fanatiquesq[fii s'autofiserotent de la -religion pour être impunément factienx^ nous nVablierons jamais qu'étrai>ger comme prêtre à ces considérations de pure politique, nOtreî devoir est la charité, el notre modèle celui qui n'iaehe^oii pas 4e rompre le roseau déjé brisé , et qui riéteignoit point la mèche encore Ju- Monte \i).
. Si Ton veut dire que nous regardons la mérité: et Terreur • comme incompatibles, que i»us croyons ôécessaire d'admettre If une et de rejeter l'autre , que nous soute-
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(i) Cûlamunï qitassatam non cônieret , et Unum/umigmn$ non exlingueU 1«. XLII , 3.