‹ Essai sur l'indifférence en matière de religion (volume 3)Chapitre 32 sur 64 · PREFACE. XXIX · texte numérisé non relu

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mêmes accusés d être iatoiërans ; et cela avec une violence que la philosophie tolère sans doute, qu'elle prescrit même apparemment, lorsqu'il s'agit de donner à un chrétien des leçons de douceur.

Sur le premier point , il est évident que Ton confond deux choses totalement distinctes. Le sens du mot indifférence varie, selon qu'on l'applique aux personnes , ou aux doctrines. Tantôt il désigne un état de 1 ame, tantôt un jugement de la raison. L'indifférence , dans le premier sens , est synonyme d'insouciance. C'est un état de langueur qui, s'emparant de la volonté, ôte à l'homme jusqu'au désir de connoitre la vérité qu'il ne peut ignorer sans péril , et le rend comme insensible à ses plus grands intérêts. Il ne nie rien , il n'affirme rien, il s^endort, sans s'inquiéter s'il y a un réveil, ni de ce que sera pour lui ce rér

XOL- mÉFÂCC.

veiL Nous avons attaque ce genre d'il férence dans le tui^ chapitre de YJSssaiy nous en avons montré la folie ; mais nous n'avons dit nulle part que tous les déisttt soient atteints de ce funeste engourdissement.* L'athée dogmatique lui-même n'est pas indifférent de cette manière; car il tient fortement à sa doctrine y il la défend, il cherche à la propager; elle est son idole, son Dieu , comme le Dieu véritable est son âcinemi , et il peut même porter l'amour delun et la haine de l'autre jusqu'au plus ardent fanatisme : nous en connoissons , je crois, assez d'exemples.

En matière de doctrine ou de religion, rindifférence est le jugement par lequel on prononce que telle vérité, telle croyance est indifférente pour le salut, ou qu'on est libre de l'admettre ou de la rejeter. Le déisme , en ce sens , est un système d'in-

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différence , puisqu'il ne peut faire à personne une obligation absolue de croire quelque dogme que ce soit. Toutes les ae*

tions qui ne tombent point sous la notion du devoir sont indifTérentes ; il en est ainsi des opinions , et la foi est le devoir de l'esprit. Qui détruit la foi comme devoir ^ établit l'indifférence 9 quelle que soit sa croyance personnelle ; il nie la vérité en tant que loi. Rousseau croyoit en Dieu , en une vie future où les méchans seront punis et les bons récompensés; mais ces vérités évidentes pour sa raison particulière, il ne pensoit pas que tous les hommes fussent tenus de les admettre , puisque après les avoir établies avec beaucoup de force , il ajoute : « Il n'y a de vraiment essentiel que A les devoirs de la morale (i). » N'est-ce pas

(i) ErmU , tom. III , p. i86.

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