‹ Essai sur l'indifférence en matière de religion (volume 3)Chapitre 39 sur 64 · PREFACE XLIX · texte numérisé non relu

PREFACE XLIX

leurs un devoir d'établir partout des écoles. En vérité , M. Vincent compte beaucoup sur l'ingénuité des. siens ^ de leur parler de l'ignorance de l'Italie sous Léon X et de la France sous Louis XIV.

Ce qu'il appelle lu voie de contrainte^ est tout simplement la persécution. Il a la charité de faire entendre que nous l'appelons de tous nos vœux. Nous avons déjà répondu à cette odieuse calomnie , et nous plaignons le ministre d'être réduit à employer de pareilles armes. « Tous ceux, dit-il, qui ont eu la manie de l'unité dans la foi , après avoir épuisé les ressources de l'enseignement et celles de l'ignorance , ont senti que sans la contrainte tous leurs efforts étoient vains j et ils ont eu recours à la contrainte. Les païens l'ont d'abord employée contre les chrétiens , et ont répandu j dans des 2». d

L Préface.

» supplices atroces, le sang le plus iûDO-* M cent et le plus pur qui eût encore how noré la terre (i). >»

ïl est triste pour la réforme (pie le premier qui ait eu la manie de V unité dans la foi y le dirai-je après de telles paroles? soit Jésus-Christ , et le second saint PauL Mais , comme apparemment ils ne sont pas de ceux qui ^ pour l'étabHr, ont répandu y dans des supplices atroces y le san^ le plus innocent et le plus pur y à moins que ce sang ne soit le leur, il faut qu'ils aient jugé qu'outre la voie d'enseignement, la voie d'ignorance et la voie de contrainte, toutes trois insuffisantes, il en existoit une autre pour arriver au but qu'ils se proposoient. Que le ministre ouvre l'Évangile , il y trouvera cette voie indiquée

(i) Observations , etc. y p. 33.

PKÉFAGE. n

presque à chaque page ; il y verra que Jésus-Christ enseignoit le peuple, non comme les Scribes et les docteurs de la loi , mais comme ayant autorité , tanquam pot est ch tem habens (i).

Le ministre sait que nous pourrions citer beaucoup de passages semblables j il les connoit, cela nous suffit. Mais pourquoi ne dit-il rien de cette grande voie de Tautorité si clairement marquée dabs FÉcriture , et dont l'Église catholique n'est jamais sortie ? Est-ce oubli de sa part ? Comment le croire? Est-ce que , se sentant trop foible pour combattre cette puissante autorité , il n'a pas voulu même en prononcer le nom ? Ce seroit au moins une preuve de sens. Quoiqu'il feigne sans cesse de confondre les opinions avec les dogmes , il ne peut igno-

(0 Chap. VIL 29.

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