‹ Essai sur l'individualismeChapitre 6 sur 6 · CONCLUSION · texte numérisé non relu

CONCLUSION

irrésistible. On peut nier cela ; mais alors il faut nier également que l'aspiration constante de l'individu vers 8on propre bien soit génératrice de ses progrès dans la

^ connaissance et dans l'action, c'est-à-dire nier l'histoire

' même de l'humanité. Si la minorité, au contraire, est ignorante et tend à l'arbitraire au lieu de tendre à la

, liberté, elle diminuera en nombre, pour disparaître finalement, à mesure que les membres dont elle se compose sauront mieux discerner les véritables conditions de leur bien propre.

D'ailleurs, si incomplète que soit la liberté dans les coopérations volontaires dont la majorité de leurs membres ne tendent pas vers leur bien propre avec la précision que donne la volonté éclairée par la connaissance, on ne peut contester qu'elle soit incomparablement plus grande pour chacun des coopérants que pour l'individu isolé. Quand, donc, ce]ui-<;i, méconnaissant son propre bien, demeure insoucieux de sa liberté et refuse de la créer par la coopération syndicale, que fait-il ? L'économie politique orthodoxe nous dit qu'il use d'un droit absolu, résultant de sa liberté naturelle. Acceptons pour un instant cette thèse. Mais il va de soi que, si nous en accordons le bénéfice à l'individu isolé, nous ne pouvons le refuser aux individus qui coopèrent, puisqu'ils ne coopèrent que pour être mieux armés dans la lutte pour l'existence, qui est aussi un des phénomènes chers à l'école, et dont elle proclame à chaque instant la nécessité et la légitimité. Si

' l'isolé s'oppose à la coopération, et dans Ja bataille économique il n'y a pas de neutres, il enti^s en concurrence avec elle, son inaction paralyse les efiforts qu'elle fait; leur droit naturel s'oppose donc, et il est légitime autant que nécessaire que le plus faible succombe. Or, le plus faible, c'est toujours l'isolé. 11 ne peut y avoir deux poids et deux mesures: quand une coopération capitaliste détruit

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