‹ Essai sur l'industrie à domicile salariéeChapitre 23 sur 99 · HIDE · texte numérisé non relu

HIDE

cial du salaire. La fabrication des perles comporte différentes opérations assez compliquées et délicates qu’il faut décrire. Les tubes de verre sont étirés à l’usine en fils capillaires. Quant au travail qui se fait à domicile, il procède ainsi : les ouvrières plongent l’extrémité du tube capillaire dans la flamme d’une limpe à essence, en même temps qu’elles insufflent de l’air p2r l’autre extrémité ; il se forme ainsi une bulle que l’ouvrière détache avec son couteau au moment opportun. Ensuite, à lieu l’opération du rebordage, qui consiste à polir et à arrondir à la lampe la section rugueuse opérée par le couteau ; la perle ainsi obtenue est la perle ronde. La perle baroquée ou à facettes s'obtient en faisant subir à la perle en fusion des pressions diverses au moyen de boucliers protecteurs que l’ouvrière porte au bout du pcuce et de l'index droit.

Or une bonne ouvrière, travaillant 10 heures par jour, peut faire 4.500 à 5.000 perles ; mais l'opération du rebordage ne lui permet guère d’en achever complètement que 2.000,pour lesquelles elle touche 2 fr. 30 (1 fr. 15 par mille). De ce salaire, atteint par quelques ouvrières seulement, il faut déduire : le le prix de l’essence, 0 fr. 20 ; 2 l'achat du verre, 0 fr. 40 pour 4.000 perles.

À Falaise, les ouvriers bonnetiers gagnent des salaires qui n’excèdent guère 2 fr. pendant la saison active, et L fr. en temps de morte-saison.

LS vie

À propos de Falaise, il est intéressant de signaler la pratique suivante : les ouvriers à domicile sont payés au kikgramme de production (0 fr. 40 le kilog.). Or, à un moment donné, les fabricants se sont rendu compte que ces ouvriers, en travaillant par jour un plus grand nombre d’heures que leurs antagonistes d’usine arrivaient à gagner des salaires relativement élevés et fort convenables. Ils ont alors imaginé de confier à l’industrie en chambre l’exécution des tissus légers, que le commerce connaît aujourd’hui sous le nom de tissus vigognes. Ce tissu provient de cotons usés, dits d’effilochage. Les chiffons triés et déchirés sont réduits en une espèce de flocon que l’on humidifie et que l’on traite ensuite par lPhuile (c’est l'opération de l’ensimage) * pour lui donner une certaine consistance. Les malheureux ouvriers sont obligés, à cause de l’extrême légèreté de cette matière première,de travailler toute la semaine et chaque jour pendant un nombre d’heures interminable pour arriver, en fin de compte, à toucher un salaire dérisoire. Un bon ouvrier faisant du tissu vigogne peut en exécuter environ 40 kilogr. par semaine, soit à raison de 0 fr. 40 par kilog, un salaire hebdomadaire qui oscille entre 14 et 16 fr. (en saison active). Le

: 1. Les usines où a lieu cette préparation spéciale se trouvent dans la vallée d’Orbec, notamment à Thiéville.

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prix auquel les fabricants payent le kilog. de production n’a pas varié depuis onze ans ; il est resté depuis ce temps-là à 0 fr. 40. Cette particularité permet aux patrons de dire que les salaires n’ont pas diminué depuis longtemps dans leur industrie; mais il n’y a là qu’une apparence : en réalité, le salaire a baissé dans de notables proportions, par suite de « la substitution des articles », pour employer ici expression dont se servent les ouvriers pour désigner la pratique en usage.

IV. — Les industries à domicile belges sur lesquelles nous possédons des monographies complètes ont révélé également les salaires dérisoires que touchent les malheureux qui s’y adonnent. — M. Maurice Ausiaux à fait le relevé par heure des gains des dentellières en divisant le gain journalier par le nombre d'heures de travail !.

ouvrière gacnemnde MNT 1à 2 centimes par heure. 8 ouvrières gagnent de... 1-2.3 — 18 — 3 à 4 — — 23 us —— 4 à 5 — — 52 — — 5 à 6 — — 54 ee — Gr — — 45+ = — ARÈNES — — 32 — — Sàa89 - — 21 — — 9 à 10 — 34 — , — 10 à 11 —

1. M. ANSIAUX, Que faut-il faire de nos industries à domicile?

HONMMereSIcaonent de M EMR Ne 11 à 12 centimes par heure. — — 12 à 13 —

— — 14 à 1 — — OUVTIÉTEMEAONENTE EME MEN 16 à 17 — —

ne = 19 à20 —

a ES Mio — =

= mit iii O0

Le tressage de la paille ne procure pas plus de O0 fr. 50 par jour à la tresseuse ! ; la couture des gants, 1 fr. par jour * ; quant au salaire du cloutier, c’est un salaire moyen, produit d’une compensation entre les bonnes et les mauvaises commandes. « Quels que soient le milieu et l’article fabriqué, l’accord, peut-on dire unanime, des marchands et des ouvriers ne fixe pas cette moyenne au delà de 2 fr., mais plutôt en deçà *. »

V. — Quelle que soit la modicité de ces salaires, il faut encore tenir compte, pour apprécier leur consistance exacte, des pratiques multiples qui tendent à les abaisser par toutes sortes de procédés et de moyens plus ou moins avouables, et au premier rang desquels il faut citer, parce que, dans certains cas, elle s’est érigée à la hauteur

d’un système, la pratique répandue du paiement en nature.

. Les industries à domicile en Belgique, 111, p. 58-62. . Les industries à domicile en Belgique, xx, p. 120. . Les industries à domicile en Belgique, 111, p. 92.

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