‹ Essai sur l'industrie à domicile salariéeChapitre 52 sur 99 · Les ouvriers à domicile sont au nombre d'environ · texte numérisé non relu

Les ouvriers à domicile sont au nombre d'environ

la vie, avantage doit rester à l’ouvrier de la campagne. Celui-ci, en effet, ne supporte ordinairement qu’un loyer d'habitation très faible, tandis que l’ouvrier de la ville ne peut trouver à se loger à un aussi bon compte ; d'autre part, il arrive très fréquemment que le paysan possède en propre sa maison qui lui vient de famille et c’est même là une des raisons qui le retiennent d’émigrer vers la ville et fixent son activité à la campagne ; enfin, la plupart du temps aussi, l’ouvrier rural possède.à côté de sa maison, un petit jardin ou un lopin de terre où 1l cultive lui-même et récolte certaines choses nécessaires à son existence.

Mais qu’au lieu de se faire la concurrence, ouvriers ruraux et urbains s’entendent pour imposer au bonnetier des prix de façon communs, la situation des uns et des autres va changer du tout au tout. En effet, le patron ne se souciera plus désormais d'aller, à cinq ou six kilomètres de chez lui, donner du travail à faire pour le prix auquel il peut le donner à faire à la ville ; puis les ouvriers ruraux ne peuvent pas être employés d’une façon permanente, attendu qu’ils sont occupés toute une partie de l’année par les travaux agricoles, et qu’ainsi, pendant le même temps, ils délaissent le travail industriel. L’ouvrier rural ne peut donc pas consentir à prendre le même prix de façon que l’ouvrier urbain sans se léser lui-même : c’est une conséquence forcée de son éloignement

et du caractère d'appoint du salaire qu’il demande à l’industrie. Pour ces différentes raisons, le syndicat des ouvriers de Falaise n’avait aucune chance de durée, et il était voué d’avance à un échec certain.

Je remarque par contre que l’Union des ouvriers gantiers de Bruxelles, qui est un des très rares exemples de travailleurs en chambre réussissant à fonder et à maintenir un syndicat professionnel exclut systématiquement les femmes’, et réunit uniquement des travailleursurbains indépendants les uns des autres, tous confinés dans l’agglomération bruxelloise *, Voici ce qu’écrit M.

Georges Beatse de l’organisation du travail dans l’industrie de la ganterie: « La coupe du gant n’exige pas la collaboration de plusieurs ouvriers. Chacun des coupeurs travaille seul, pour son compte, dans la chambre qu’il a

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