‹ Essai sur l'industrie à domicile salariéeChapitre 90 sur 99 · TRAVAILLEURS ISOLÉS · texte numérisé non relu

TRAVAILLEURS ISOLÉS

pour 100 A 1901 1896 BLOÉtALNE NME AMEN MEN MENT st rale 26.61 29.73 LONGER RP TN UNE ER OT CR 26.14 97.94 OussE CNE M TEEN EC RER DA 22 34.75 Midi occidental . . . . . NE TAC CT - 32.44 34.06 LANDUELOCE PET NE NE Tee 30.37 34.92 Ensemble (y compris la Normandie). . . . . 28.24 31.02

Et cependant, malgré la décadence incontestable de certaines industries, le personnel de la fabrique collective en France est encore très considérable, et même paraît être en voie d’accroissement, si l’on s’en rapporte aux derniers résultats statistiques. Voici ces résultats pour les années 1896 et 1901 ! :

INDUSTRIE 1901 13896 Chefs d'établissement . . . . . .. CE 813.154 114.613 EMPIONÉSNEOUVMIEERS EEE PM UE CR 4.5 6.916 3.959.076

ÉrAvAleUrEMISOIÉS RON PER E 1.639.052 1.559.765

Le rapport officiel sur le recensement général a calculé que les travailleurs isolés représen-

tent en 1901,23 % de la population industrielle totale.

1. Journal officiel, annexe, 8 janvier 1906, recensement p. 5 et 6.

IV. — La statistique est donc impuissantef à fournir la réponse que Pon cherche. Mais du moins quelques idées générales ne peuvent-elles pas nous guider dans notre recherche ?

On comprendra qu’il soit impossible d'indiquer ici une théorie absolue. L'erreur de Karl Marx a été précisément de ne pas tenir assez de compte de la réalité et de croire que l’industrie à domicile finirait à bref délai par se résorber complètement dans la concentration qu’il voyait s’opérer sous ses yeux. Il est donc préférable de ne pas généraliser, comme il l’a fait, et de s’en tenir à quelques idées simples.

Certaines causes paraissent être de nature, sinon à maintenir, du moins à prolonger pendant un certain temps la vie de certaines industries qui s’exercent à domicile. À cet égard, la législation ouvrière des Etats, comme la France par exemple, qui exceptent l’atelier de famille de la réglementation, à déterminé une recrudescence marquée du travail en chambre. Le fait est noté par tous les inspecteurs du travail, qui appellent une intervention efficace pour empécher une fraude qui fausse tout le jeu normal des lois de protection. Mais il ne faut pas se laisser abuser parce que l’on sent bien qu’il devra suffire ici de modifier la législation sur un point pour annihiler ce mouvement de progression.

D'autre part, dans ur grand nombre de cas,

les industries à domicile semblent devoir être préservées, pour un certain temps encore, de la centralisation par les mauvaises conditions mêmes dans lesquelles elles s’exercent. Notamment, le bas prix de la main-d'œuvre leur assure une supériorité qui leur permet de lutter contre la concurrence,et de se maintenir en présence de la fabrique. Mais, comme le fait très bien remarquer M. Ansiaux, la baisse dessalaires peut être, au reste, « une arme à deux tranchants. Elle permet jusqu’à un certain point la concurrence avec la fabrique ; mais c’est à la condition que les ouvriers s’y prêtent. Or leur complaisance à cet égard est limitée par leur intérêt. Sitôt qu’ils en voient l’occasion, ils passent avec armes et bagages à l'ennemi, qui les rétribue plus généreusement ! ». L'exemple de la quincaillerie de Tinchebray et de la bonneterie de Falaise illustre très bien cette idée. La quincaillerie à Tinchebray, compte environ 400 ouvriers en usine et 250 à 300 à domicile. La concentration semble s’opérer iei au profit de la grande usine Mermier Or on peutivéritablement dire de cette usine qu’elle s’est installée tout d’une pièce sur les ruines du travail à domicile. Construite il n’y a guère plus de dix ans, elle a adopté tous les anciens ouvriers quincailliers à domicile, à qui l’insuffisance des salaires avait fait progres-

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